‹ Metz, 1870; notes et souvenirsChapitre 142 sur 162 · Chapitre Vingt-deuxième · texte numérisé non relu

Chapitre Vingt-deuxième

patriotiques de toute une ville, par la communication suivante lue en séance du conseil municipal le 26 octobre.

Ban Saint- Martin, le 26 octobre i8jo.

tt Monsieur le maire, je m*empresse de répondre à votre lettre du 26 octobre , et de vous dire que M. le général Coffinières, commandant supérieur de la place de Metz, ayant assisté à tous les conseils de guerre qui ont été tenus au grand quartier général , était en mesure d'exposer au conseil municipal la situation actuelle du pays et la marche des négociations pendantes, dans lesquelles nous avons toujours cherché à mettre la ville de Metz en dehors, afin de lui laisser sa liberté d'action.

a A l'issue de la séance de ce matin , il a été unanimement convenu , par suite des exigences de de l'ennemi et de la pénurie actuelle des vivres , que cette place et l'armée devaient subir le même sort.

« En conséquence, M. le général Coffinières a a été invité à donner au conseil municipal les explications nécessaires pour que la ville soit au courant des négociations qui ont toujours eu pour but d'améliorer la grave situation dans laquelle se trouve le pays , but que , malheureusement , nous n'avons pu atteindre.

a Recevez, monsieur le maire, l'expression des

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sentiments de haute considération de votre dévoué serviteur.

<c Le maréchal de France, commandant en chef Tarmée sous Metz,

« Bazaine. »

Dès lors , le général ne pouvant plus arguer d'aucun prétexte pour garder le silence , communiqua les douloureuses nouvelles déjà données aux troupes, en se gardant bien , cependant , de faire connaître au conseil, ce qui a été avoué depuis, que ces nouvelles n'avaient d'autre source que les déclarations de M. de Bismarck et des officiers prussiens.

Le général Cofiinières se leva ensuite et laissa le conseil en proie à une vive émotion. Néanmoins, avant de se séparer, les membres de la municipalité décidèrent à l'unanimité de ne fournir aucune note pour la capitulation afin de lui laisser son caractère purement militaire. — Ils décidèrent en outre qu'ils ne se feraient pas auprès de la population les interprètes d'une nouvelle aussi affreuse qu'inattendue encore, et ne publieraient le compte rendu de la séance qu'après la proclamation annoncée par le commandant supérieur.

Cette proclamation fut affichée la nuit. Elle était ainsi conçue :

« Habitants de Metz , c( Il est de mon devoir de vous faire connaître

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