Chapitre Qiiatrième
mais il a du moins cet avantage de donner à notre cavalerie la conscience de sa valeur, conscience qui entre pour moitié dans l'ardeur des troupes.
L'enthousiasme patriotique des populations lorraines, loin de diminuer, passe à l'état aigu. On entend de toutes parts chanter la Marseillaise^ le Bhin allemand, le Chant des Girondins et les dons patriotiques pleuvent à l'Hôtel de ville.
Il n'est pas jusqu'à un dentiste de la ville qui s'est mis à arracher les dents gratis à MM. les militaires non gradés. Je n'ose affirmer sans douleur.
Il y a toujours un rassemblement de troupiers devant sa porte et l'on y entend des conversations de ce genre :
— Que tu montes, Pacaud ?
— Non, sargent.
— Pacaud, je tombe en putréfaction que tu méprises la proposition de ce civil.
— '■ Mais^ sargent, puisque je n'ai point de mauvaises dents.
— Que ça fait, pisque ça ne coûte rien. C'est de l^ouvrage faite pour plus tard. Allons, monte, clampin.
Et Pacaud^ de peur d'être fourré au bloc^ monte en soupirant déposer une excellente molaire sur Tautel de la patrie.
ï6 Met^ 1870.