Chapitre Dixième
II me semble que c'est le vieil Africain qui s'en est souvenu le premier.
Je Tai rencontré en ville, avec son képi à l'ancienne mode et ses mèches de cheveux blancs. La population oublie que c'est un légitimiste, pour ne se rappeler que sa gloire militaire, et le salue avec respect.
Les usines d*Ars qui venaient d'éteindre leurs feux, faute de combustible, ont reçu du charbon de Belgique par le canal de Frouard, et sont en pleine activité. On y fond des projectiles.
Il paraît que dans l'affaire du 6 les Prussiens ont tiré sur une ambulance établie à Forbach, et sur plusieurs maisons de cette ville inofifensive. Ces actes de sauvagerie présagent une guerre bien cruellement conduite.
g août.
Nous avons des détails sur la défaite du maréchal Mac-Mahon. La consternation est à son comble. On accuse hautement l'empereur d'incapacité dans le commandement, il n'y a qu'une voix parmi les officiers de tout grade.
Des paysans des environs commencent à affluer ; ils viennent avec ce qu'ils ont de plus précieux se mettre sous la protection des murs de Metz. C'est pitié devoir ces pauvres charrettes chargées de pièces de mobilier, de paquets et de majtelas sur lesquels sont étalées des femmes et des jeunes filles, les yeux
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rougis par les larmes, et des petits enfants qui jouent insoucieux du malheur général ou dorment dans leurs berceaux d'osier.
Les jeunes gens arrivent aussi, en blouse, un bâton sur le dos, supportant un léger paquet; quelques-uns s'engagent dans les volontaires, d autres vont travailler aux terrassements des fortifications, la plupart sont reçus dans la ville chez des parents ou des amis, qui se gênent pour leur donner asile.
De Saint-Avold les 2« et 3® corps sont venus se joindre au 4® «. Ces trois corps sont sous le commandement du maréchal Bazaine, remplacé par le général Decaen dans le commandement du 3® corps.
Le temps est fort mauvais, il a pris la livrée de notre tristesse. L'empereur est, dit-on, allé, accompagné de Changarnier, rendre visite au maréchal Bazaine, dont le quartier général est à Faulquemont. Les troupes sont lasses, mécontentes, leur moral s'en ressent.
Les cadres de la garde nationale sont complets: c'est M. Lafitte, colonel d'artillerie en retraite et familier de la préfecture, qui en a le commandement en chef. Elle est divisée en cinq bataillons dont les chefs sont : MM. Pardon, Maillefer,Réau, Antonioli et Wagnair ; plus de 5,000 hommes valides se sont fait inscrire.
I. Les positions de ces corps et de la garde étaient les suivantes au 9 août : 2« corps, à Remilly; 3* corps, entre Pange et Silly sur Nied; 4* corps, entre Glatigny et Sainte-Barbe; et la garde, entre Coligny et Maizer}%