‹ Metz, 1870; notes et souvenirsChapitre 53 sur 162 · Chapitre Dixième · texte numérisé non relu

Chapitre Dixième

10 août.

Un décret de Tempereur daté du 7 août et affiché aujourd'hui déclare en état de siège les places de Metz, Verdun, Montmédy, Longwy, Thionville, Bîtche, Strasbourg, Marsal, Toul et Belfort.

Les nouvelles de Paris apportées par les journaux sont des plus graves. On lit à haute voix, dans les cafés, la proposition de la gauche, qui, se basant sur rincapacité du chef de TEtat, demande qu'un comité de défense soit constitué au sein de l'Assemblée, et remplace tous les pouvoirs existants.

Les habits verts ont disparu du café Parisien, où Ton ne fait plus de plans de bataille, mais où les officiers restés en ville ont Tair morose.

La séance de la Chambre fait pressentir la chute du ministère, qu'annonce bientôt une dépêche :

a Le ministère se retire. Le général comte de Palikao est chargé par l'impératrice de former un cabinet. •

— L'hommedu procès Doineau etdu palais d'Eté, c'est là un triste expédient, se dit-on, surtout in extremis.

L'empereur ne sort plus de la préfecture où, diton, il prépare avec Changarnier un plan de revanche. Le jeune prince a fait une promenade à cheval, cette fois sans escorte de gamins. On démolit toutes les constructions qui s'élèvent dans la zone des fortifications. Les bourgeois et les petitscommer-

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cants vont voir tomber d'un œil sec leurs villas et leurs guinguettes; beaucoup seront ruinés, ils savent à qui s'en prendre, mais loin de pousser d'inutiles doléances ils vont aux arsenaux chercher un fusil et des cartouches. On pense d'abord à l'étranger, le reste se réglera plus tard.

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