Chapitre Quators[ième, i3g
Notre dessert est interrompu par une canonnade infernale. Ce sont les pièces de 24 court du fort de Plappeville qui envoient des obus aux Prussiens qui tentent de traverser la Mosellef dans la plaine de Thionville ; le fort Saint-Julien, comme s'il attendait le signal, se met de la partie, le tintamarre devient effroyable, nos verres se choquent tout seuls, les bouteilles chancellent comme si elles étaient ivres, il faut quitter la place.
Les officiers vont à Tappel. — N'oubliez pas, leur dis-je en les quittant, que le premier blessé d'entre vous viendra me tenir compagnie, j'espère que ce sera le plus tard possible ; mais puisque me voilà Messin malgré moi, je veux faire comme mes nouveaux concitoyens.
A mon retour à Metz, fe me rends au conseil de guerre où doit être jugé l'espion SchûU.
Cet homme. Hongrois d'origine, naturalisé Américain, et qui a été au service de l'empereur du Mexique, Maximilien, voit s'élever contre lui des charges accablantes :
Ingénieur civil, fort intelligent, d'une bravoure et d'une énergie rares chez ces sortes de gens, SchûU était d'abord venu à Strasbourg pour offrir ses services au général Ducrot. Il reçut une première fois une somme importante et repartit pour la Prusse d'oîi il rapporta quelques renseignements insignifiants et même inexacts sur l'effectif des corps d'armée prussiens. Rentré à Strasbourg, il visita notre armée qui se trouvait aux environs de cette ville^ et,