Chapitre Quin^jfièmfi
blessure, c'est de penser que la place de Metz est perdue; perdue si Bazaine s*en va et qu il ne laisse' pour la défendre qu'une division, alors que les forts ne sont seulement pas achevés ; perdue s'il reste et Tarmée avec elle. Car vous n'avez pas pensé à une chose, vous? Et du pain pour 200,000 âmes? Pour combien de temps croyez-vous qu'il y en ait? Allezle demandera M. Bouchotte. Je ne sais pas s'il vous le dira, mais il le sait ^
Metz pris, savez-vous ce qui arrivera ?
C'est 25o,ooo Allemands de plus, et des meilleures troupes, dans la France envahie, pillée, mise en coupe réglée ; et rien à leur opposer. '
Ils prendront Paris, ils voleront nos musées, nos collections, toujours sous le prétexte de la revanche de 1806. Ah ! vous ne les connaissez pas les Prussiens; ils nous feront payer cher leur victoire I J'espère bien que je ne le verrai pas, j'aime mieux me faire tuer, j'en crèverais de rage.
En parlant ainsi, le général s'était fort animé, ses yeux étaient injectés, il porta sop mouchoir à sa bouche et le retira taché de sang.
Je ne l'avais pas interrompu, bien que ses prévisions me semblassent exagérées,, dans la crainte de le surexciter davantage. Je considérais d'aussi sombres pronostics comme les exagérations d'un esprit troublé par la fièvre, bien que plusieurs des critiques du maréchal m'eussent frappé.