Chapitre Seinfième. i
ploits. On me Ta montré aujourd'h.ui dans un magasin de la ville. Cest un vieillard robuste et trapu, la barbe presque blanche et qu*il porte entière. Il est coiffé d'un chapeau de feutre gris^ vêtu d'une blouse grise, d*un pantalon large et de grandes guêtres. Il porte gaillardement son fusil en bandoulière.
Il a rendu déjà des services si réels et si nombreux qu'il vient d'être autorisé par le commandant militaire de la place à lever une troupe d'hommes braves et déterminés, dont le seul objet serait de s'emparer par la ruse ou par la force des convois ennemis.
Ce soir, au café Parisien, un chasseur d'Afrique du i®f régiment qui s'est introduit dans Metz, a mis la ville en émoi. Il apporte la nouvelle d'un grand combat livré sous les murs de Verdun, et à la suite duquel Mac-Mahon, après avoir écrasé l'ennemi, marcherait sur Metz. Il aurait tué aux Allemands 35,000 hommes, pris 5 généraux, 140 pièces de canon, etc., etc.
En faisant la part de l'exagération, cette nouvelle me paraît au moins prématurée, et ce qui me porterait à y ajouter peu de foi, c'est que celui qui l'apporte a disparu dans la soirée.
Voilà un chasseur qui me semble de la famille du Tartare de Sébastopol.
28 août.
Ce matin, à six heures, l'espion Schûll,dont le jugement avait été confirmé par le conseil de révision.
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a été exécuté dans les fossés, derrière la citadelle.
Cet homme si fort a eu un moment de fedblesse ; il a demandé grâce de la vie, pour sa femme et ses deux petites filles. Il oublie, le malheureux 1 les morts de Wœrth et jle Wissembourg qui crient vengeance.
Cependant il a repris sa fermeté lorsqu'on lui a fait comprendre que Texpiation était inévitable.
Il avait dîné la veille samedi avec appétit, pris du café, un peu de liqueur et fumé un cigare. Use coucha plus tranquille que la veille. On n'exécute pas le dimanche^ se disait-il.
SchûU se trompait : à cinq heures du matin des détachements de troupes armées se sont arrêtés devant la prison militaire, précédés du peloton d'exécution, composé de sous-officiers de la ligne et des chasseurs et conduit par le capitaine de place qui tient un papier à la main.
C'est le reçu d'un homme vivant, dont on va' faire un cadavre I
A cinq heures et quart le gardien-chef a réveillé le prisonnier et l'a prévenu.
Un peu troublé, SchûU a passé rapidement un pantalon et demandé le café au lait qu'il prend chaque matin.
A ce moment arrive M. Wenger, le pasteur protestant. Schûll va à lui et le remercie, puis il ajoute :
— La dernière heure est donc venue? Eh bien! je suis prêt î