‹ Meyerbeer, notes et souvenirs dún de ses secrétairesChapitre 12 sur 19 · L ÉTOILE DU NORD ETC · texte numérisé non relu

L ÉTOILE DU NORD ETC

plus juste prix auquel il pourrait fournir le fameux soleil. La veille encore de la première représentation, un des directeurs se permit une expression malsonnante, qui fut rapportée à Meyerbeer, et dont il fut justement blessé. Le directeur dut, le soir même, venir chez le maître pour s'excuser. Le succès de l'œuvre dédommagea Meyerbeer des ennuis qu'il avait eus tout le long des répétitions.

Pour X Étoile du Nord, il en fut tout autrement; tout se passa au théâtre, et je n'eus absolument à prendre aucune notice des répétitions. C'est que, cette fois-ci, Meyerbeer avait un ensemble d'interprètes qu'on ne rencontrera peut-être plus. C'était d'abord Battaille, excellent dans le rôle de Pierre, puis Mocker, un maître, très bon dans tous ses rôles; quand il fut

professeur au Conservatoire, les classes d'opéra-comique offraient toujours quelques élèves remarquables; quand Mocker dut donner sa démission pour question d'âge, elles tombèrent dans la médiocrité. Hermann Léon avait la diction commune, mais il était fort bien dans le rôle de Gritzenko. Seulement on n'a pas compris pourquoi ce cosaque prononçait toujours le français à la façon d'un paysan des bords du Rhin. MHe Caroline Duprez (Mme Van den Heuvel) était une cantatrice de grand style, de méthode parfaite, trop tôt enlevée à l'art. Jourdan et Mlle Lefebvre étaient irréprochables dans les rôles de Georges et de Prascovia. Les rôles des deux vivandières sont courts, mais ils sont amusants, et ils étaient parfaitement bien tenus par Mlles Lemercier et Decroix. La

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