‹ Meyerbeer, notes et souvenirs dún de ses secrétairesChapitre 13 sur 19 · L ÉTOILE DU NORD ETC · texte numérisé non relu

L ÉTOILE DU NORD ETC

chanson des deux vivandières était un des succès de la soirée.

En fait de coupures, je ne vois que quelques mesures supprimées dans l'air du pâtissier. Une coupure largement marquée à la partition d'orchestre; dans un morceau d'ensemble, doit avoir été faite avant les répétitions. On sait que plusieurs morceaux de la partition sont empruntés au Camp de Silésie, écrit pour Mmo Jenny Lind. Battaille nous a communiqué un détail intéressant dans une conférence qu'il a faite. On connaît la scène où Pierre, en proie à l'ivresse et ayant reconnu la voix de Catherine, se débat jusqu'à ce qu'il ait repris assez de force pour crier: «Arrêtez». Il n'y avait d'abord point de musique à cette scène; Battaille en demanda, et Meyerbeer écrivit celle qui est dans la partition. Battaille jouait

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la scène en maître, mais après lui, il n'en fut pas toujours ainsi. Le dernier Pierre a été, je crois, Maurel; il ne comprenait le rôle qu'à moitié, et la scène de l'ivresse était presque nulle. En même temps, les deux vivandières ne savaient pas dire le troisième couplet de leur chanson; elles ne pouvaient pas le supprimer, mais elles donnèrent le mot au chef de claque et au chef d'orchestre pour se faire redemander le second couplet, le bis étant traditionnel. A quoi bon des artistes pareils?

Le Pardon de Ploërmel devait s'appeler le Pardon de Notre-Dame d'Auray; la censure fit changer le titre, au dernier moment, ne voulant pas que le nom de Notre-Dame figurât sur une affiche de théâtre. Cet opéra est le seul où Meyerbeer n'eut pas pour collaborateur Scribe; le poème est de

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J. Barbier et M. Carré; il a l'avantage de la simplicité de l'action ; il n'y a que trois personnages principaux, dont un seul offre de la difficulté, celui de Dinorah écrit pour une virtuose de la vocalise, Mme Cabel. Les deux autres rôles étaient tenus par Sainte- Foy, et Faure qui en était à sa première manière; il a trouvé qu'à l'Opéra la seconde est la meilleure; la troisième date de son retour de Bruxelles après la guerre, la quatrième est celle de la décadence. On sait que les petits rôles, au commencement du troisième acte, sont des hors-d'œuvre pour allonger l'acte. Du reste, je n'ai aucune observation à faire, l'œuvre a été exécutée exactement telle qu'elle était écrite; aujourd'hui on s'obstine à dénaturer le rôle principal.

\J Étoile du Nord et le Pardon de

Ploërmel furent montés à Londres, aussitôt après avoir été donnés à Paris. Meyerbeer, à cet effet, composa, pour remplacer le dialogue, des récitatifs dont la partition a été immédiatement publiée. Dans X Etoile dit Nord, il dut ajouter deux morceaux pour le ténor. Dans le Pardon de Ploërmel, la cavatine qu'il a écrite pour Mrae Alboni a été insérée dans la partition italienne. Il dut ajouter encore un duo à fioritures pour deux femmes. Je doute que ce duo ait été chanté ; j'en ai retrouvé le manuscrit autographe parfaitement intact dans mes papiers, en recherchant, il y a peu de temps, tout ce que je possède de Meyerbeer.

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