‹ Mezza voce: poésiesChapitre 1 sur 3 · RUE SAINT-JOSEPH · texte numérisé non relu

RUE SAINT-JOSEPH

|UNIVtR~ji LIBRARv JUL 3 1962

l|% Ifl Ifl l|l ffi t]pi tfi Sfi tjpi Sfi tfi tfi tjfi t]^ fp, IJl i

Propos d' Avril

Pauvre Muse, est-ce vous que je revois enfin ? Bien des mois sont passés, et bien des saisons mortes, JTant de bonheurs ont fui, qu'on avait crus sans fin, J'ai vu la mort franchir le seuil de bien des portes Et senti, dans mon cœur, le jeune et vert espoir — De mainte floraison s'étioler sous la mousse Des jours envahisseurs, — depuis ce dernier soir. Amie, où je reçus votre visite douce !...

D'autres soucis, vous le saviez, m'ont affairé. Qui m'ont tenu bien loin de toute poésie :

J'ai pensé que le Rêve était une hérésie.

Et, jugeant pour l'instant son cas désespéré,

J'aj. laissé s'endormir les songes, et les rimes,

Et relégué mes vers, mes vers de commençant

Parmi le trésor des douces choses intimes

Que l'on conserve ainsi qu'un souvenir d'absent...

L'absente, c'était vous, ma mignonne complice,

Ma folle camarade au sourire mutin ;

Muse, vous voilà ! Mais quel soudain caprice

Vous fait heurter ma porte ainsi, de grand matin ?

Page 1