‹ Mgr Charlebois (notes et souvenirs)Chapitre 12 sur 22 · Cross-Lake: KR. P. Bonald (70 ans · texte numérisé non relu

Cross-Lake: KR. P. Bonald (70 ans

A cette liste, il faut ajouter les Pères Husson et Fafard, tous deux âgés de plus de 60 ans, et qui devaient venir aider Mgr Charlebois dans l'administration spirituelle et temporelle de son vicariat, mais qui n'étaient pas encore arrivés.

Dès le surlendemain de son installation, Mgr Charlebois vint à la mission du Cumberland. C'était sa première mission, il voulait aussi qu'elle fût la première à recevoir sa visite épiscopale. Pendant le voyage, qui se fit en traîne à chiens et dura deux jours, il campa à la belle étoile, comme autrefois.

La réception à la dite mission fut aussi solennelle qu'elle peut l'être en pays sauvage; nombreuse assistance, coups de fusil, serrements de mains, etc. Après la bénédiction du Saint- Sacrement, adresses du P. Boissin, directeur de la mission, et des sauvages en leur langue. Monseigneur est tellement ému en revoyant ce théâtre de ses premiers travaux, de ses premiers

sacrifices et de ses premières souffrances, que, ne pouvant retenir ses larmes, il est obligé de remettre sa réponse au lendemain.

Monseigneur prolongea sa visite du 11 au 20 mars; pendant ce temps-là, il prêcha une retraite de huit jours aux Indiens et aux Métis de la place et des environs. L'assistance à tous les exercices de cette retraite fut nombreuse et recueillie, ce qui remplit de joie et de consolation le cœur du dévoué pasteur. A la fin de la retraite, Monseigneur donna la confirmation à trente-deux personnes. (Voir Débuts d’un évéque missionnaire.)

Du Cumberland, le Père Turquetil, qui avait accompagné Monseigneur jusque-là, retourna au lac Caribou, avec ordre d'aller faire un voyage d'exploration jusqu'à Churchill, pour étudier la possibilité d'établir une mission chez les Esquimaux. Ce n'était donc pas une obédience proprement dite, mais tout simplement l'ordre d'aller faire un voyage, en partant de sa mission du lac Caribou, à laquelle il restait toujours attaché. Son obédience pour le pays des Esquimaux ne lui sera donnée que l’année suivante.

A son retour au Pas, le 22 mars, Monseigneur y trouve le Père Husson, arrivé pendant son absence, pour remplir les fonctions de procureur vicarial. Un cousin de Monseigneur est aussi arrivé avec sa femme, pour tenir le ménage de l'évêché. Cependant, les édifices de l'évêché se sont accrus d’une vieille cabane de sauvage, prêtée par le docteur Larose. On l'a transportée auprès de l'appentis de douze pieds carrés dont on à parlé plus haut, et elle doit servir de palais épiscopal. Divisée en deux, l’une des pièces sera la chambre à coucher de Monseigneur et du P. Husson; l’autre remplira l'office de bureau, parloir, salle de réception, etc. M. Boileau et sa femme se sont installés dans l'appentis qui sert de cuisine et de salle à manger.

Le P. Fafard, qui devait remplir les fonctions de vicaire délégué ou grand vicaire, et administrer le vicariat pendant l'absence de Monseigneur, n'arriva que le 28 avril.

En vérité, l'installation épiscopale du Pas ne pouvait rester dans un tel état. C'était bien la pauvreté évangélique; mais, pour un évêché, c'était vraiment trop primitif. Il fallait bâtir.

On résolut de commencer par une école-chapelle, qui, provisoirement, servirait de cathédrale, de salle d’école et de palais épiscopal. Le 11 mai, on commença à creuser les fondations de ce monument; et deux jours après, le 13, Monseigneur, laissant les Pères Fafard et Husson poursuivre l'exécution des travaux, partit pour sa première tournée de visites épiscopales. (Codex du Pas.)

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