CHAPITRE VII
Retraite ecclésiastique à Québec.— Adresse du clergé à l’évêque de Nancy.— Société d’éducation et les Frères de la doctrine chrétienne. — La croix de Rouville. — Bénédiction de ce monument religieux. — Grandiose démonstration.— Chapelle Saint-Charles.— Première messe.
¥| a retraite ecclésiastique s’ouvrit au sémiêst naire de Québec le 8 septembre. Mgr Signay l’avait préalablement annoncée dans une circulaire à son clergé. Cent-dix curés en suivirent les exercices, et parmi eux, MM. les abbés Ancé, du diocèse de Nancy, et Georges Eabbé 1, du diocèse de Coutances. Tous deux
i. M. Labbé est l’auteur d’une brochure minuscule intitulée : La Terre Sainte , ou lieux célèbres dans récriture Sainte, suivis d'une nouvelle méthode pour faire le Chemin de la croix, publiée à Montréal, par L. Perrault.
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accompagnaient Mgr de Forbin-Janson, et le remplaçaient souvent dans les retraites des paroisses.
Le prélat français fit trois sermons par jour, et chacun d’eux fut un triomphe. Choix heureux des sujets, application appropriée des saintes Ecritures, élocution forte et entraînante, tout, chez l’orateur, prouva qu’il pouvait aussi bien prêcher une retraite ecclésiastique que donner une mission aux fidèles. Son discours de clôture, prêché à la cathédrale en présence d’une foule immense, fut alors considéré comme un chef-d’œuvre oratoire.
Le 16 au matin, les prêtres se rendirent processionnellement du séminaire à la cathédrale, où Mgr Signay officia, et reçut la rénovation des promesses cléricales.
Après la messe, le cortège défila dans le même ordre vers le séminaire, et là, un prêtre prit la parole en ces termes :
« Messeigneurs et Messieurs du séminaire, c’est à la prière et au nom de mes vénérables confrères que je vous adresse la parole pour vous payer le tribut de notre juste reconnaissance.
«Je dois naturellement commencer par payer à celui qui a si bien dirigé notre retraite, au
noble évêque de Nancy, une dette bien grande pour les services nombreux qu’il a rendus au clergé et aux fidèles de ce pays. Et si, suivant les règles de l'équité, la satisfaction doit égaler la dette, comment y réussir dans la circonstance présente ? A l’exemple du Sauveur, Votre Grandeur a parcouru le pays en comblant tout le monde de ses bienfaits. Les malades ont été consolés ; les pêcheurs ramenés à leurs devoirs ; les justes encouragés ; les hérétiques convertis; les peuples éclairés; des voyages pénibles exécutés ; des croix plantées ; des chemins de croix érigés ; des missions, des neuvaines des retraites. . . Mais je m’arrête, depuis longtemps je me sens insolvable; et, forcé de demander grâce, j’offre à Votre Grandeur pour toute satisfaction, nos coeurs, le secours de nos faibles prières, et un souvenir à la messe du samedi. Ce souvenir, suggéré par Votre Grandeur, honorable et avantageux pour nous, sera une dette sacrée, que nous ne manquerons pas d’acquitter. Comme gage de notre promesse, que Votre Grandeur daigne accepter cette adresse, qui porte les noms de tous ceux qui ont fait la retraite sous votre direction \ »