PRÉFACE IX
Fils d'an siècle agité, Mgr Dupanïoup eut, plus encore que Fénelon, né en des temps plus sereins , Fàme vibrante. Elle passait dans sa parole. Elle faisait son éloquence d'une pénétrante puissance. Peu d'orateurs Font égalé, et il ng a que M. Berrger qui Fait dépassé dans le pathétique, dans les cris familiers et sublimes. Sa sensibilité ardente j sa fraîcheur d'impressions ne surent jamais vieillir. Il les gardait sous ses cheveux blancs. Il aimait avec ravissement un beau paysage, et plus encore une belle oeuvre, et plus encore une belle action. Il s'attendrissait jusqu'aux larmes devant F héroïsme. Il n'avait rien du pharisien. Ses entrailles s'ouvraient à toutes les misères et à toutes les douleurs humaines. Il avait la passion et la compassion. Dans ses récits de jeunesse, M. Ernest Renan, qui n'est pas sans critiquer son ancien maître, s'interrompt pour s'écrier : « Quel bon et grand cœur ! n De ce bon et grand cœur, n'avait-il pas un souvenir qui était comme attaché à sa vie ? L'abbé Dupanïoup, qui Favait distingué enfant, venait le voir au séminaire de Saint-Sulpice où il était entré. Un Jour il crut sentir, dans quelques paroles embarrassées du séminariste, le doute qui couvait, prêt à faire explosion : € Mon enfant, lui dit-il, si vous êtes troublé à et point, pourquoi continuez-vous à communier f * Le jeune homme répondit que, s'il ne communiait pas.