‹ Mgr. Gaume, sa thèse et ses défenseurs [microforme]Chapitre 4 sur 5 · RARES · texte numérisé non relu

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‘ques. Nous ne citerons que celles qui ont trait aux

études littéraires.

‘ Nous estimons, dit-il, qu’un grand nombre d'ou vrages chrétiens, lalins, grecs et français, écrits avec

talent, doivent être adoptés comme livres classiques,

dan: les écoles de notre province, soit par extraits, soit æntiers, s’ils ne sont pas trop longs ; et que cette mesure doit être exécutée de telle sorte que les âmes des jeunes gens soient abondamment abreuvées de ces eaux vivifiantes dans le cours de leur éducation littéraire, æt qu’elles puisent assidûment l'esprit chrétien dans un ‘commerce familier avec ces auteurs.

“ Eten effet, si l’on fait attention à l’influence contagieuse de ce siècle, il est à craindre que ces jeunes intelligences ne puissent être pendant plusieurs années, dans un contact journalier avec les maximes, les exemples et sespril de la littérature païenne, sans que bien sou- -vent la constitution chrétienne des esprits ne soit affai- -blie en respirant cette atmosphère, et qu’au sortir des écoles ils ne soient, pour cette raison, trop peu en état de repousser les séductions des mauvaises doctrines, à moins que, grâce à la sage fréquentation des auteurs chrétiens, une inspiration religieuse, vivace, n’ait corroboré ces esprits de sa continuelle influence.”

Je le demande, qu’eussent dit les Pères de ce concile s'ils avaient eu à s’occuper de l’éducation qui doit répondre aux besoins d’un pays comme le nôtre, où la foi est attaquée par tant de mauvaises doctrines, surtout par les funestes doctrines du protestantisme ?

Ils ajoutent : “Il faut remarquer en outre que beaucoup d’enfants, admis dans les établissements d’éducation, viennent de familles médiocrement chrétiennes ; qu'après avoir achevé leurs études, ils sont lancés au milieu d’une société qui ne s’appuie plus comme autre- #ois, sur des institutions catholiques ; qu’enfin livrés à

des étucles ou à des fonctions, d'où la religion est maintenant absente, ils sont privés des secours puissants au moyen desquels, dans les siècles passés, l’éducation chrétienne de la jeunesse adulte se continuait jusque dans la virilité. Pour cette raison, quand elle serait seule, il faut profiter avec plus de prévoyance des précieuses années passées au collége, afin que, méme dans enseignement littéraire, l'enfance soit continuellement nourrie de notions, de sentiments et d’'exemyues chrétiens, et que l’âme tendre des adolescents, jetée dans un moule chrétien, en reçoive profondément l’empreinte à l’âge où elle offre le moins de résistance à la forme qu’on doit lui imprimer.

‘ Nous sommes persuadés que cette manière d’enseigner peut être adoptée comme salutaire, sans qu’on fasse injure par là aux usages reçus pendant une longue série d’années dars les colléges catholiques. Les annales de l’Église nous font voir en effet que bien des choses qui, à certaines époques, ne renferment rien de funeste, deviennent ?nsuite, quand les circonstances sont changées, dangereuses ou méme nuisibles.

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‘ Après avoir posé ces principes, qui tiennent à l’essence de la méthode à suivre dans l'enseignement des lettres, nous laissons de côté les questions littéraires, dont nous n’avons pas à nous occuper. Nous voulons seulement repousser des assertions injurieuses à l'Eglise que nous avons vues se prodi ire à l’occasion de controverses qui ont eu lieu sur ce point. 11 n’est pas possible de passer ici sous silence l’opinion de quelques écrivains ennemis de la religion catholique, qui, pour recommander l’emploi à peu près exclusif de la hiléraiu. re païienne dans les colléges, affectent de mépriser comme barbare la langue qu’on retrouve dans les meilleurs écrits des Pères, et qui « été consacrée par la liturgie même de

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l'Eglise. Ils ne comprennent pas qu’en conservant les éléments et les locutions de l’idiôme antique, l'Eglise catholique a formé avec eux une langue élaborée de telle sorte qu’elle s’adapte d’une manière intime aux sentiments chrétiens et aux objets qui les inspirent. Ces écrivains devraient rougir d’outrager cette sainte Mère, qui, héritière et gardienne de la Parole divine, s’est toujours montrée la nourrice soigneuse et la sage protectrice de tou‘s les sciences humaines qui servent à dissiper la barbarie. Eloignons donc de nos écoles une assertion égilement fausse et indécente qui offenserait les oreilles des élèves et scandaliserait leurs âmes,”

Encore une fois rappelons-nous que les actes et décrêts du Concile d’Amiens doivent être reconnus exempts d'erreur, puisqu'ils ont été examinés et revisés par Rome, avec toute la maturité et gravité ordinaire en pareille circonstance. Grâce donc aux Pères du concile d’Arniens, la cause des classiques chrétiens est gagnée sans exclusion complèle des classiques païens, et sans aucun détriment pour la perfections des études littéraires. Ce résultat est le seul qu’ait ambitionné Mgr. Gaume.

Outre ces approbations si solennelles et qui émanent de Pautorité la plus haute et la plus compétente en pa: reille matière, Mgr. Gaume «4 encore reçu toutes celles des intelligences d’élite qui, comme M. Alberdingk Thyim, le grand catholique de Hollande, immortel Pugin et le pieux lord Philipps, en Angleterre, le célèbre publiciste baron Moy de Sens, le docteur Reithmeier, en Allemagne, Donoso Cortès, en Espagne, Louis Veuil. lot et Montalembert, en France, l’abbé Martinet, le R. P. Ventura et tant d’autres l’ont honoré de toutes leurs sympathies et encouragé de tous leurs efforts dans sa lutte contre le paganisme dans l’éducation.

Les paroles de Donoso Cortès sont trop remarquables

pour n° pasêtre citées. 11 écrivait à Mgt: Gaurmie, le” 25 Avril, 1851, la lettre suivante : ‘“ Mon cher ami, votre ouvrage, le Ver Rk , est excellent. fln’y a que deux systêmes possibles d’éducation : le chrétien et le païen. La restanration du dernier nous a conduits à l’abîme dans lequel nous sommes, et nous n’en sortirons certainement que par la restauration du premier. Cela veut dire que je suis complètement d'accord avèc: vous. Il faut que votre ouvrage soit publié et répandu, L’exécution répond au but : vous êtes toujours clair,: logique, perspicace, et personne jusqu'ici n’a mis si décidément le doigt dans la plaie.”

Et cette autre lettre qu’écrivait à Mgr. Gaume, le 6 Décembre, 1857, un des plus nobles enfants de l’Angleterre, pourrions-nous la passer sous silence ? Impossible, dut-on nous accuser de citer trop souvent ; voici ce qu’on y lit à propos de la Révolution, récent ouvrage de Mer. Gaume, en douze volumes, qui est le magnifique développement de la thèse soutenue dans le Ver Rongeur, et d’où, M. le Rédacteur du Courrier du Canada a extrait les belles pages qui font connaître les causes de la Révolution française : ‘ Laissez moi vous dire: une parole sur votre œuvre. Ayez courage, mon cher ami. Dieu, je pense, vous a suscité, comme Jean- Baptiste dans l’esprit d’Elie, pour préparer les voies du Seigneur et prêcher la pénitence à toutes les nations chrétiennes qui ont offensé Dieu en beaucoup de choses, mais surtout, et avant tout, par ce péché abominable d’avoir restauré le damnable art païen en couvrant l’Europe des exécrables représentations de la mythologie idolâtrique des païens, et en étudiant plus les ouvrages des auteurs païens que ceux des auteurs illuminés de l'esprit de Dieu et des sublimes vérités de son Eglise catholique. Votre glorieux ouvrage a levé l’étendard.… Déjà ce livre a eu un immense retentissement dans:

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toute la chrétienté, ici, en Angleterre surtout, J’ai entendu un des premiers ministres de la Reine dire en propres termes : Oui, M. Gaume a mille fois raison ; et si le catholicisme est vrai, nul homme ne peut contester sa thèse.

‘ Même dans nos grandes universités d'Oxford et de Cambridge, les hommes les plis éminents commencent à voir et à proclamer que vous êtes légique, que vous avez raison, que-ce que vous dites est incontestable: Que vous rencontriez une grande opposition, c’est tout haturel. L’orgueil des hommes en est la cause ; ils n’aimen: pas a fléchir tout d’un coup. Ilest difficile de chasser le démon qui a si longtemps possédé l’esprit public des nations chrétiennes. Et aussi, Dieu, je pense, permet cette opposition afin de faire élater davantage la logique de votre argument, et afin que tous ceux qui travaillent pour cette grande réforme s’aflermissent dans l’humilité et dans le sentiment de leur propre néant.”

J'ai fait lire la Révolution, dit e:icore à Mgr. Gaume ün savant théologien de Rome, à l’un de vos plus chauds adversaires. En me la remettant il m’a dit: La négation n'est plus possible, la démonstration est mathématique.”

Ajoutons que les journaux de toutes les parties de PEurope, les mieux inspirés et qui ont toujours été les organes les plus accrédités de la presse catholique se sont empressés d'annoncer la Révolution de Mgr. Gaume, d’en rendre le compte le plus avantageux, et surtout, ils ont conjuré tous les hommes sérieusement préoccupés du mal actuel et des dangers de l'avenir, de méditer cet ouvrage. |

En France, le Messager du Midi, la Bretagne, le Messager de l'Ouest, l'Univers, ont consacré à la Révo- Bution plusieurs articles très remarquables. La Senté-

nelle du Jura s’axprime ainsi : ‘ Dans notre numéro du 23 novembre, 1857, nons avons annoncé l'ouvrage de Mgr. Gaume, La RéÉvorurrion, recherches historiques sur l'origine et la propagation du mal en Europe, depuis la Renaissance jusqu'à nos jours, en promettant d’en rendre compte.

11 n’y a pas aujourd’hui deux questions en Europe, il n’y en a qu’une : c’est la question révolutionnaire. L'avenir appartiendra-t-il oui ou non, à la Révolution ? Tout est là. Poser une semblable question, c’est en montrer l’importance. Mais comment l’Europe est-elle arrivée dans ce défilé redoutable, où d’un instant à l’autreelle peut périr? Cette situation extrême n’est pas l'œuvre d’un jour. Ce qui est, émane de ce qui fut. Nous sommes fils de nos pères, et nous portons le poids de leur héritage. Cela dit assez que l’histoire généalogique du mal actuel est d’une importance capitale.

‘ Or personne, à notre connaissance, n’a sondé cette question avec plus de pénétration et de profondeur que le célèbre auteur de la Révoluñion ; personne n’a mis au service d’une raison supérieure une érudition plus abondante et plus sûre. A proprement parler, ce n’est pas Mgr. Gaume qui raisonne, c’est l’histoire qui parle. Les raisonnements sont des faits. Ou ne pas lire l’ouvrage ou se soumettre ; car si rien n’est éloquent comme un chiffre, rien n’est brutal comme un fait : et ici il y en a des milliers. Mais comment ne pas lite, c’est-àdire comment rester indifférent à la question révolutivnnaire ? Qui donc n’est pas intéressé à connaître l'origine et la nature de cette puissance formidable qui menace également le trône des rois et la borne des champs, le coffre-fort du capitaliste et la caisse d’épargne de l’ouvrier ?

‘“ N’avons-nous pas quelque chose à faire pour rémédier au mal ? et si nous avons quelque chose à faire, quel est ce quelque chose ?

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