‹ Mgr. Gaume, sa thèse et ses défenseurs [microforme]Chapitre 5 sur 5 · D ARS SES · texte numérisé non relu

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‘“ À quiconque veut avoir la réponse à ces questions capitales, nous conseillons la lecture des ouvrages de Mgr. Gaume. Nous la conseillons aux personnes qui désirent avoir la clef des événements contemporains, si étranges, si complexes, quelquefois si effrayants et toujours si mystérieux par la rapidité même avec laquelle ils s’accomplissent, aussi bien dans l'ordre politique que dans l’ordre religieux.”

Le plus courageux comme le plus distingué défenseur de la Religion et de l'Eglise en Piémont, l’Armonia s'exprime ainsi: ‘ Qui ne connait Mgr. Gaume et Pouvrage intitulé le Ver rongeur des sociétés modernes, qui a fait tant de bruiten Europe? Cetillustre écrivain, fortement convaincu que le mal actuel vient de l’élément païen, réintroduit par la Renaissance au sein des sociétes chrétiennes, a entrepris de le prouver dans un ouvrage intitulé la Révolution. Il ne discute pas, il raconte. Les volumes parus sont on ne peut plus graves, riches de faits et de témoignages, et méritent une

sérieuse attention. On s’est trop habitué à juger un ouvrage par le nom qu’il porte. Cela n’est ni poli ni équitable. Il faut d'abord lire et ensuile prononcer, en apposant les faits aux faits, les documents aux documents. La patiente Germanie, qui étudie sérieusement, s’est empressée de s'approprier l'ouvrage de Mgr. Gaume en le traduisant en allemand. Ce serait rendre un grand service à l’Italie que de le traduire dans notre Jangue.”

Cet article est du 15 Novembre, 1856.

Le Bien Public de Gand et la Regeneracion, qui dans la noble Espagne se dévoue au triomphe pratique du catholicisme, parlent de la Révolution absoluinent dans le même sens que l’Armonia.

Eafin les suffrages les plus illustres et qui portent comme un cachet d’autorité viennent confirmer et cor-

schorer tous les autres. Les princes de l'Eglise, les n’ont, comme les laïques pieux et éclairés, qu'une voix pour préconiser les œuvres de l’immortel Mgr. Gaume sur le Paganisme dans l'Education et débordé sur les sociétés modernes.

Le 25 janvier, 1857, S. E. le cardinal prince Altieri lui adressait de Rome la lettre suivante :

‘ Monseigneur, j’ai lu avec une inexprimable satisfaction votre excellent ouvrage intitulé la Révolution. J'y ai trouvé le développement des idées fort justes et fort sages qui, appuyées sur le témoignage de faits irrécusables, jettent une immense lumière sur une thèse jusqu'ici très peu considérée, et dont on ne peut cependant contester l'évidence sans se mettre en opposition avec la vérité la plus manifeste, et sans compromettre l'avenir religieux de la société humaine.

‘Tous ceux, qui désirent voir éloigner les effrayants dangers qui de toutes parts nous menacent, espèrent que vous continuerez à travailler toujours avec le même zèle pour la défense et la propagation d’une réforme de l'instruction de la jeunesse, réforme éminemmentutile à la religion et à la véritable civilisation.”

S. E. le cardinal Gousset, écrivait à Mgr. Gaume, en date du 2 Juin, 1852 : ‘“ N’ayant pas été tout-à-fait étranger à la publication du Ver rongeur des sociétés modernes, je n’ai pu être insensible aux attaques violentes dont vous avez été l’objet à l’occasion de cet ouvrage. On ne peut vous accuser d’avoir émis des opinions exagérées, absurdes, irrespectueuses envers l Eglise et capables de troubler les conscicnces, &c., sans faire retomber une accusation aussi grave sur ceux qui en approuvant votre livre d’une manière ou d’une autre, comme je l’ai fait moi-même, se seraient rendus solidaires des erreurs qu’on vous reproche. Néarimoins, £æomme le procès me paraît suffisamment établi, et que

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vos Lettres a Monseigneur l’Evêque d'Orléans ne laissent rien à désirer pour le fond et pour la forme, je n'entrerai pas dans la discussion ; je préfère mettre la main à l’œuvre en adoptant iucessamment, pour les petits séminaires de mon diocèse, le plan d’éducation que vous proposez.” [1]

Mgr. de Montauban s’est aussi fait un honneur et un devoir de représenter les mêmes idées, et, dans une lettre au Rédacteur de l’Univers, il lui rappelle que les Jésuites, ces glorieux athlètes de tous les grands combats du Seigneur, se sont montrés dignes d'eux-mêmes en luttant contre le paganisme dans l’éducation. Illui écrit: “En fait, pour qui connait l’histoire du 16e et du 17e siècle, il est manifeste que la Compagnie de Jésus, entre toutes les autres, s’est appliquée avec le zèle le plus énergique à ce travail de dépaganisation, et rien ne démontre qu’elle ne l’eut pas poussé plus loin, si elle y avait trouvé moins d'obstacles.”

Qui maintenant croirait ce que je vais avancer, si je n'avais les preuves en main pour convaincre les incrédules les plus fortement trempés? Mgr. Dupanloup, évêque d'Orléans, abonde dans le sens de Mgr. Gaume. Il suffit d’avoir un peu lu ce qu’il a écrit sur ce sujet pour reconnaître qu’au fond il pense à peu près comme l’auteur du Ver Rongeur, au moins dans ce qui est essentiel. Il reconnait en effet la nécessité de faire une large part aux auteurs chrétiens dans l’enseignement de la jeunesse, la beauté supérieure du latin de l'Eglise, une langue latine chrétienne enfin qui n’est pas celle de Cicéron. Dans un mandement qu’il adressait le

[1] Les Lettres de Mgr. Gaume à Mgr. Dupanloup sont véritablement admirables pour le fond et pour la forme. Elles sont peut être plus concluantes encore que le Ver Rongeur. Nous exhortons fort tous ceux qui s'intéressent à la question à se procurer ce charmant petit volnmn,

30 Mai, 1852, à MM. les supérieurs, directeurs et professeurs de ses petits séminaires, on lit les paroles qui suivent :

‘* Dès 1850, dans une autre lettre que nous vous adressions, vous avez remarqué que nous vous indiquions des auteurs chrétiens pour toutes les classes : C’étaient | Evangile selon St. Luc, les Actes des Apôtres, les Extraits Bibliques, Minutius Félix, Lactance, Saint Léon le Grand, Srint Jean Chrysostôme, Saint Athanase, Saint Jérôme, Saint Cyprien, Saint Grégoire de Nazianze, Saint Basile.

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‘* Nous insistions, avec Fénélon, pour qu’en rhétorique et en seconde, on s’appliquât à faire comprendre aux enfants l’iscomparable beauté des Saintes Ecritures et nous indiquions les Psaumes, et des morceaux bien choisis dans les Prophéties.”

Ce dernier paragraphe porte une xote de Mgr. Dupanloup dans laquelle il dit :

‘‘ Douze ans auparavant, dès 1838, nous publiions Jes éléments et le projet d’une Rhétorique sacrée pour les élèves du Petit Séminaire de Paris, et, dès, 1840, nous faisions à la Sorbonne, devant de nombreux auditeurs, des leçons sur la beauté supérieure du latin ecclésiastique, ET LES SUBLIMES TRANSFORMATIONS DE LA LANGUE ROMAINE.”?

Prêtons encore l’ureille aux remarquables paroles d’un de nos plus illustres prélats qui gouvernent l'Eglise de France, Mgr. Parisis, évêque d'Arras.

Voici ce qu’il écrivait à Mgr.Gaume,le 5 Juillet,1851.

‘* Je n’ai encore lu que la moitié de votre ouvrage sur l'appréciation chrétienne de ce qu’on a malheureusement appelé la Renaissance. Je me sens le besoin de vous dire tout de suite combien jy trouve de profonds et courageux aperçus.

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# Comptez bien cependant, et pour cela même, sut de nombreux et puissants contradicteurs.

‘ On vous dira que vous êtes un téméraire, et presque un sacrilége ; que les plus grands génies, qui ont paru dans l’Eglise au 17e siècle, que les ordres religieux qui ont rendu les plus signalés services à la religion, sont indignement outragés par vos accusations ; ôn vous dira qu’il est ridicule d’attribuer à un détail de pédagogie le déplorable affaiblissement de la foi dont nous souffrons si cruellement encore ; que, depuis trois cents ans, l'éducation, faite avec les auteurs païens, à produit des chrétiens éclairés, fervents, parfaits, &c.

“Il y a beaucoup à répondre à ces reproches qui m'ont été faits à moi-même.

‘ Non, le grand siècle, comme on l’a dit, n’a pas été infaillible, et le jour viendra où ses erreurs en littérature chrétienne seront aussi palpables que le sont déjà ses impertinencesS et ses insoôlents dédains sur les plus étonnantes constructions inspirées par le christianisme. Que n’aurais-je pas à dire de sa statuaire, de sa peinture, de sa musique, de son théâtre ! Que prouvent des noms illustres ou même des institutions fespectables contre des faits de cette évidence, dont il nous resté encore tant de monuments que je ne craiùs pas d’appeler honteux pour une nation qui porte le nom de fille aînée de l'Eglise ?

t Hélas! si nous eussions, vous et moï, vécu à cette époque, nous eussions vraisemiblablement pensé et parlé comme tous alors parlaient et pensaient, parce qu’il y a des influences publiques que des individus ne dominent jamais.

“ N'en fut-il pas ainsi du Gaïticanisme ? Aujoutd’hui le Gallicanisme est jugé ; eh bien ! il faut que lë

Paganisme le soit : il faut que l’on sache comment sot

introduction a été une faute, comment son règne dans la société chrétienne, a été un grand danger.

‘ Pour moi, je disais, il y a déjà bien quinze ans, à ceux qui m’entourent : Avant un demi-siècle on comprendra que la Renaissance a été la plus redoutable épreuve de l'Eglise de Dieu depuis son berceau.”

Ces paroles se recommandent par elles-mêmes; mais quelle force n’acquièrent-elles pas lorsqu'on se rappelle qu’elles sont tombées de la bouche de Mgr. Parisis !

Pour ne pas prolonger cette esquisse outre mesure, je me contenterai maintenant de nommer quelques-uns des vénérables prélats qui ont adopté la Réforme proposée par Mgr. Gaume, ou qui du moins lui ont donné des encouragements du plus grand prix. Ces prélats sont : Mgr. Gerbert, Ev. de Perpignan, Mgr. l’Archév. d'Avignon, Mgr. l’Ev. de Rodez, Mgr. Mabille, Ev. de St. Claude, aujourd’hui de Versailles, Mgr. de Gap, Mgr. Pie, Ev. de Poitiers, Mgr. l’Ev. de Moulins, Mgr. de Salinis, Ev. d'Amiens, mort Arch. d’Auch, Mgr. de Prilly, Ev. de Châlons, Mgr. l’Arch. de Myre, nonce apostolique à Paris, Mgr. l’Ev. de Birmingham, Mgr. P'Ev. de Nottingham, Mgr. l’Ev. de Ratisbonne, le vénérable confesseur de la foi, Mgr. d’Urgel, qui témoigne que les vues de Mgr. Gaume ont été adoptées en Espagne ; Mgr. l’Arch. d’Erlau, primat de Hongrie, qui a fait traduire le Ver Rongeur pour le mettre à la disposition de tous ses prêtres, Mgr. l’Arch. de Lima, Mgr. l’Ev. de la Havane, Mgr. de Jassen, au Maïssour, Mgr. l’Arch. de Santiago, Mgr. Retord, nonce apostolique au Tong-King.

L'Union, organe des puséistes anglais à Londres, dit dans son numéro du 3 décembre, 1858 : ‘ Il est temps: quelle que soit la politique des rois et des cours, que: les parents chrétiens songent à ce qu’ils ont à faire, pour conduire leurs enfants dans la voie qui sauvegar-

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dera leur honneur dans cette vie et qui assurera leur bonheur dans l'autre. Mgr. Gaume a proposé une réforme à cet égard en France. Cet éminent écrivain demande que les études des enfants, jusqu’en quatrième soient consacrées à l’Ecriture Sainte, aux écrits des Pères et aux actes des martyrs, en même temps qu’on leur donnerait toutes les connaissances d'histoire, de science ou d'industrie qui pourraient être en rapport avec les diverses professions qu’ils doivent embrasser plus tard. Il ne veut pas qu’on les initie à l’étude des auteure païens avant que ces études aient êté faites, et encore demande-t-il que l’élément païen n’entre dans l’enseignement qu’en de faibles proportions.

‘ Ce plan d'enseignement a reçu les plus hautes approbations dans toutes les parties du monde chrétien, Le Pape, pour marquer son approbation a élevé son auteur à la haute dignité de protonotaire apos‘olique. Le cardinal Gousset. archevèque de Reims, l’a encouragé par une lettre où il lui annonce qu’il adopte son plan pour tous les séminaires de son diocèse. Plusieurs autres Evêques de France ont suivi cet exemple, ainsi qu’un grand nombre d'Evêques d'Autriche et de Lombardie.”

Le plan d’études irrévocablement adopté dans le diocèse de Mgr. Filippi, Evêque d’Aguila, suivi avec des succès de plus en plus brillants d’année en année, et propagée dans plus de quarante diocèses du royaume de Naples, ainsi que le témoignent les lettres de l’ils lustre prélat, est celui de Mgr. Gaume avec tous les classiques qu’il a publiés. [1]

[1] Ilest bon de rappeler ici que Mgr. Gaumea publié un cours complet de classiques pour les colléges, et qu'il n’est pas nécessaire pour les suivre de changer la distribution actuelle @es classes. Dans ce cours on trouve ün choix d'auteurs païens parfaitement expurgés, et de très nombreux extraits de l’Ecriture Sainte, des Saints Pères, des Actes des Martyrs, etc. On à aussi composé des dictionnaires en rapport avee ce nouveau cours.

Ne soyons pas surpris de voir la réforme de Mgr. Gaume suivie dans un si grand nombre de diocèses du toyauime de Naples, car pour les évêques de ces diocèses cette réforme était ur devoir de conscience. & Nous ne croyons pas, disent-ils, dans une lettre collective en date du 1er Octobre, 1853, qu’un évêque qui la connait et qui ne l’embtasse pas puisse être en sûreté de conscience et tränquillé au moment de la mort.”

Aussi, malgré les criailleries et les oppositions inévitables, ils ont mis résolument la main à l’œuvre. Dieu a béni leurs efforts. Dans un mandement envoyé à tous les évêques d'ltalie, l’illustre évêque d’Aquila a publié le résultat de son expérience. Voici un court passage de cette pièce capitale, que nous regrettons vivement de ”: pouvoir citer en entier. Elle est du 4 novembre, 1855.

‘ Nous ne voulons pas lé dissimuler ; en inaugurant un nouveau système d’études, nous éprouvämes ur moment d’hésitation. Nous craignions que la pureté de nos vues n’eût pour résultat un tardif et irréparable mécompte. Mais, d’une part, soutenu par la bonté de la cause et par la haute raison des hommes illustres qui la défendent, nous étions d'autre part, poussé par les motifs irrésistibles qui rendent nécessaire, dans les temps actuels, la réforme chrétienne de l’enseignement. Aussi nous atteñdions avec empressement, dans Île silence des plus longues et des plus sérieuses réflexions, l’effet que nous devions nous en promettre.

‘ Grâce à Dieu, l'expérience est faite. Nous sommes désormais en état de l’affirmer hautement; ‘ Le ‘“ succès est aussi heureux qu’il est incontestable,” et nous pouvons en toute confiance, prescrire d’une manière invariable la pratique de cette méthode d’enseignement, suivie jusqu’à ce jour à titre d’essai.”?

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l’Union, que nous citions tout à l'heure, ajoute : “ L’illustre Evêque d’Aquila a montré tant de zèle à appliquer la réforme proposée par Mgr. Gaume que Pie IX n’a pas craint de l’honorer du titre d’Apôtre de la réforme dans l'Education.”

Ce digne et zélé prélat a prononcé le ler septembre dernier, dans la séance de clôture de l’Académie de la Relig'on Catholique à Rome, un discours qui a été publié dans cette ville et que la Correspondance de Rome résume en ces termes :

‘“ Nous ne surprendrons personne en disant que ce discours a produit sur l’auditoire une profonde impression. L’éloquent prélat a parlé de la maladie aetuelle de ia société et du remède le plus propre à y mettreun terme. Les caractères de cette maladie sont au nombre de quatre : le RATIONALISME, ou l'émancipation de la raison de toute autorité divine en matière doctrinale ; le SENSUALISME, ou l’émancipation de la chair de toute autorité divine en matière de morale publique et privée ; le CESARISME, ou l’émancipation du pouvoir social de toute autorité divine en matière politique ; PANTI-CATHOLICISME, OU la haine implacable et systématique que professent un si grand nombre d’hcmmes contre le catholicisme et ses institutions.

Après avoir montré que la maladie de notre époque s’est produite dans le monde païen sous les mêmes caractères qu'aujourd'hui, a été guérie par le ehristianisme, et a reparu à l’époque connu dans l’histoire sous le nom de Rexvaissance, l’orateur établit avec une vigueur de dialectique irrésistible que le remède consiste dans l’enseignement chrélien ; c‘est en effet par la fausse direction de l’enseignement que le pagan'sme s‘est infiltré de nouveau dans la société.

Mgr. l’évêque d’Aquila développe avec la hauteur de vues qni le distingue cette thèse qui a exercé etexer-

ce encore les plus profonds penseurs de notre siècle. Il conclut en rappelant les sages dispositions de l’encyclique Inter multiplices, du 21 Mars, 1853.

Un extrait de cette encyclique a récemment paru sur le Courrier du Canada, à la suite d’un Communiqué tendant à blâmer fortement les allégués d’un correspondant au sujet de l’enseignement religieux dans les colléges, allégués que nous ne voulons ni soutenir ni défendre. A ce propos, il ne scra peut être pas inutile de constater ici que l’encyclique Inter mulliplices ne contredit en rien les documents que nous avons cités et qui émanent de la même source qu’elle.

Cet encyclique, en effet, a été provoquée par M. L. Veuillot, qui en a appelé au St. Siège lorsque le Journal dont il était le Rédacteur en chef, l Univers, a Eté condamné par Mgr. Sibour, Archévêque de Paris, et par un certain nombre d’autres Evêques. Une verte semonce, donnée à M. l’abbé Gaduel par M. L. Veuillo‘, qui défendait Donoso Cortès, donna lieu à cette condamoation. Les partis s’échauffèrent, on prétendit que l’Univers s’aventurait en aveugle dans les questions de théologie dont il n’avait point à parler, qu’il ridicu, lisait et rendait méprisables les ministres de l’église, etc. Les Evêques de France prirent parti pour et contre l'Univers, et les choses en vinrent à ce point que le Pape fut obligé d'intervenir.

Mais comme on peut le voir en lisant l’encyclique en son entier, raison fut donnée à M. L. Veuillot. Sa Sainteté exhorta d’abord les évêques de France à la paix et à l’union, et ensuite Elle leur recommanda de favoriser de toute leur bienveillance et de toute leur prédilection les hommes qui, animés de l'esprit catholique et versés dans les lettres et. 18 les sciences consacraient leurs veilles à écrire et à publier des livres et des journaux pour la défense de l'Eglise. Elle leur

disait de plus que si ces hommes manquaient en quelque chose, ils devraient les avertir avec des paroles paternelles et avec prudence.

Les quelques mots qui, dans cette encyclique ont trait à l’éducation de la jeunesse, sont tout-à-fait favorables à la thèse de Mgr. Gaume, puisqu'il y est dit que les auteurs païens les plus célèbres ne doivent être mis entre les mains des élèves qu’après avoir été puri- Rés de toute souillure. Si ces derniers mots étaient bien compris, les livres païens seraient réduits à une très simple expression.

Je terminerai iti cette vue générale de la grande question des classiques, prise, pour ainsi dire à vol d'oiseau. Ce ne sont pas quelques dizaines de pages qu’il faudrait écrire sur cet inépuisable sujet, mais des ouvrages en plusieurs volames. Ces ouvrages existent ; et ils sont fort bien éerits. C’est surtout pour exciter l’appétit des hommes qui aiment les chosns sérieuses et solides que j'ai fait ce petit travail. J’ose ‘espérer qu’on me pardopnera les nombreux défauts qui le déparent, et qu’on ne le regardera pas comme une attaque contre des individus en particulier ou contre nos institutions littéraires.

Mon but unique a 6té de faire valoir une thèse incontestable, suivant moi, ou qui du moins, si elle n’est pas encore évidemment vraie pour tout le monde, est infiniment respectable eu égard aux imposantes «et nombreuses autorités alléguées en sa faveur.

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