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Mgr. Grandin

J'ai lu, à mesure que vous les écriviez, les chapitres qui composeront la vie de mon vénéré prédécesseur, le bon et saint Mgr V.-J. Grrandin, premier évêque de Saint-Albert, et cette lecture m'a non seulement vivement intéressé, mais aussi grandement édifié.

Je me rappelais, tout naturellement, en parcourant ces pages si attachantes, la sentence de notre divin Maître : " Beati qui Jugent quoniam ipsi consoïabuntur \" Heureux ceux qui gémissent, car ils seront consolés ! (Matt. v. 5.) Oui, grandes doivent être aujourd'hui ses consolations, car ç'a été dans les souffrances, dans les angoisses de toutes sortes et dans des gémissements continuels que cet intrépide missionnaire, que ce grand évêque a accompli sa tâche ! Souffrances physiques, souffrances morales, oppositions et contradictions de tous genres, voilà le cortège qui Ta accompagné, pendant tout le cours de sa longue carrière.

Il y a pourtant un côté moins sombre dans cette vie : c'est la tendresse que le pieux évêque trouva toujours parmi les membres de sa famille selon la chair; c'est l'affection qui lui fut témoignée, en toutes circonstances, par les chefs de sa famille religieuse, et par tous les frères Oblats de Marie

Immaculée; c'est la profonde vénération qu'il a toujours rencontrée dans tous les membres de son clergé. Telle a été, sur la terre, sa grande consolation. Comment son cœur si tendre, si sensible et si délicat eût-il supporté l'épreuve, s'il en eût été autrement ?

Cette vie montrera, une fois de plus, que la croix est et sera toujours le cachet des œuvres de Dieu, et le signe distinctif de ceux qui veulent marcher à la suite du divin Maître. Elle ne pourra donc manquer d'édifier tous ceux qui la liront, et de les encourager dans les luttes pour le bien et pour la vertu, car les sublimes consolations du ciel sont promises à ceux qui auront gémi sur la terre.

C'est donc de grand cœur, mon révérend et bien cher Père, que je vous remercie de nous avoir donné cette belle et si édifiante vie. Je recommande et je bénis votre travail, assuré que cette vie d'un grand évêque, toute embaumée du parfum de ses vertus, contribuera grandement à la gloire de l'Eglise, à l'honneur de notre chère Congrégation et au bien des âmes.

Et maintenant à qui allez-vous dédier votre intéressant ouvrage ? Je me permettrai, mon révérend Père, de vous faire une suggestion : ce serait d'en faire la dédicace à tout l'Episcopat canadien, dont les membres, en maintes circonstances, se sont montrés si sympathiques au bon Mgr Grandin.

Croyez, mon révérend et bien cher Père, à mes sentiments de fraternelle affection en N. S. et M. I.

t Emile J., évêque de Saint-Albert, O.M.I.

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