‹ Mgr. Grandin, Oblat de Marie Immaculée: premier évêque de Saint-AlbertChapitre 43 sur 75 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

Le chemin de fer du Pacifique—Rapidité de l'exécutionMassacre des ouvriers empêché par le P. Lacombe-—Conséquences—Arpentage—Townships—Homesteads—[mmigrations. ‘ |

Il se préparait alors un événement d’une haute importance : et qui devait produire une véritable transformation des terri- * toires du Nord-Ouest. :

À cette époque, le lecteur le sait, la région un peu connue du

Dominion du Oanada ne s’étendait guère au-delà du bassin du : Saint-Laurent. Pour se rendre au Nord-Ouest, il n’y avait ni chemin de fer, ni routes. Il fallait traverser les grands lacs, qui couvrent cette région, avant d'atteindre le grand lac Winnipeg. De Fort-Garry ou de Winnipeg, il fallait de longues semaines d'étapes, à travers une prairie aussi vaste qu’inhabitée, avant d'arriver aux Montagnes Rocheuses ou à lPAthabaska. … Une complète révolution allait s’opérer sur cet immense territoire. Le chemin de fér du Pacifique canadien devait tra- . verser le Dominion dans toute sa largeur et mettre en communication directe, Montréal, terminus de la navigation sur, PAtlantique, avec Vancouver-City, point de départ de la navigation sur Océan Pacifique. Û ,

C’est au mois d'avril 1875 que le gouvernement fédéral avait commencé la construction de la ligne du Pacifique; mais les travaux n’avançant qu'avec lenteur, PEtat résolut de se substituer une société privés et la Compagnie du chemin de fer du Pacifique canadien fut créée en 1881. La Compagnie avait un délai de dix ans pour achever les travaux. Un acte du Parle-

ment canadien, du 17 février 1881, lui accordait une subvention de vingt-cinq millions de piastres et lui concédait, en pleine propriété, vingt-cinq millions d’acres de terre, le long de la voie, avec exemption d'impôts pendant vingt ans. Pour la voie ferrée, les stations et le matériel roulant, l’exemption était perpétuelle. Afin d'activer encore là construction de la voie, le gouvernement, par-un! acte de 1884, avançait à la Compagnie, une somme de 2%; 00,000 piastres, portant intérêt à 5 % et

ir

Gare Winpsor (MONTRÉAL) ,

remboursable en 1891; mais la Compagnie wattendit pas léchéancé et éteignit cette 4ette en juin 1886. Dans la suite, plusieurs modifications furent apportées à ces conventions. (")

Sur 2,907 milles (4,679 kilomètres) séparant Montréal de Vancouver, 641 seulement avaient été construits par PEtat.

(1) Le capital de la société consistait en 73 millions de piastres d'actions, et 35 millions de bons hypothécaires {mortgage bonds), plus des obligations

‘— s’élevant à une somme de 26 millions de piastres, provenant de l'achat des lignes d'intérêt local. ‘

La Compagnie se mit à l’œuvre, au mois de février 1881, et sur l'impulsion de ses directeurs, sir G. Stephen, sir Donald Smith, et M. Van-Horne, les travaux furent poussés avec une telle activité que, le ? novembre 1885, les derniers rails étaient posés. Les 1,909 milles que devait construire la Compagnie avaient été terminés dans une période de quatre ans et sept mois, c’est-àdire -en un espace de temps moitié moindre que celui qui avait été primitivement fixé. L’exécution de la voie rencontra de grands obstacles en Colombie, où les montagnes avaient néces- .. sité des travaux de protection très nombreux. On dit, cepen- ” 4 dant, qu’au nord du lac Supérieur, les travaux furent d’une ‘exécution plus difficile et d’un coût plus élevé — par mille — que dans les Montagnes Rocheuses. Mais, par contre, du lac Supérieur aux Montagnes Rocheuses sur une étendue de plus de 2,000 kilomètres, les travaux d'art et d'infrastructure furent insignifiants. A travers l’immense Prairie du Nord-Ouest, il n’y avait guère qu’à poser les rails. Cependant un remblai fut construit presque partout pour éviter les amoncellements de neige. La facilité de construction de la voie fut telle dans ces régions que lon pût poser jusqu’à 6 1/3 milles (10 kilomètres) en un seul jour,

Montréal est la tête de ligne du Pacifique canadien. De ce point, le Transcontinental se dirige sur Ottawa, passe au nord des lacs Huron et Supérieur et arrive à Port Arthur. Puis il

d- s’avance, en ligne presque toujours droite, sur Winnipeg,

Regina, Calgary, franchit les Montagnes Rocheuses à la passe

u “ Cheval qui rue,” à une hauteur de 5,300 pieds, et après

avoir décrit de nombreux méandres, débouche sur lOcéan Pacifique, à Port-Moody, en face de lîle de Vancouver. ()

La pose: des” rails, dans la Prairie, donna lieu à un incident qui mérite d’être raconté.

Arrivés près de- endroit. où se trouve aujourd’hui Gleichen,

{t} Demange, Au Cangde.

(rauaaiy) SiSNUHOO sERNDVELNO]E saù AA

les ouvriers allaient entrer sur la réserve des Pieds-Noirs, établis à Blackfoot Crossing (gué sur la rivière de l’Arc), et qui avaient pour chef le célèbre Pied-de-corbeau (Crowfoot).

Naturellement, ces sauvages n’étaient pas du tout disposés à souffrir qu’on s’emparât d’une lisière de leur réserve. Tout

spréparés à la résistance, ils pouvaient mettre sur pied quinze cents guerriers bien armés, et massacrer les travailleurs du Pacifique.

Le massacre paraissait inévitable, et il n’y avait pas une heure à perdre pour le prévenir. Le Père Lacombe, mis au courant de ce qui se passait, adressa dépêches sur dépêches aux autorités du Pacifique, et, quand il eut obtenu les-réponses qu’il désirait, voici ce qu’il fit.

Il acheta deux cents livres de sucre, autant de tabac et de thé, plusieurs sacs de farine; et, de retour à la mission, il convoqua tous ses Indiens à un grand conseil.

Quand üls furent, réunis, il donna toutes ces provisions aux chefs pour être distribués aux familles; et, le partage fait, il prit la parole :

“ Maintenant, leur dit-il, j'ai la bouche ouverte, (car pour avoir le droit de parler, d’après les coutumes sauvages, il est ‘bon d’abord de faire un présent), et je vous prie de prêter.

Voreille à ma parole. |

“S'il y en a un, parmi vous, qui puisse dire que, pendant les quinze années que j’ai passées au milieu de vous, je lui ai donné un mauvais conseil, qu’il se lève et le dise sans crainte.” Personne ne se leva.

“Eh ! bien, mes amis, j'ai, aujourd’hui, un conseil à vous donner; laissez passer Jes blancs sur vos terres, et y faire les, travaux nécessaires à leur chemin; ils ne peuvent pas toujours

vous les enlever. D'ailleurs, ces blanes qui passent ne sont que des travailleurs, obéissant à ds chefs et c’est avec ces chefs

qu'il faut régler la difficulté. È

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Les Monracnes Roc

EUSES (ALBERTA)

“Je leur ai fait connaître votre mécontentement, et dans quelques jours le gouverneur lui-même viendra vous voir. Il entendra vos plaintes, et, si l’arrangement qu’il vous proposéra ne vous convient pas, il sera temps-encore de garder vos terres et d’en expulser lés travailleurs.”

Pied-de-corbeau prit alors la parole, et déclara que le conseil du chef de la prière était bon, et qu’il fallait le ‘suivre.

En conséquence, les projets de résistance’ furent abandonnés; et les ouvriers du chemin de fer purent traverser la réserve sans être aucunement molestés. .

Quelques jours après, comme l'avait annoncé le Père ‘ ‘Lacombe, le lieutenant-gouverneur Dewdney vint rendre visité aux sauvages, et leur dit : “ Vous avez bien agi, et je ‘vous en remercie. Voici, maintenant, ce que je viens vous proposer : en échange de la terre que le chemin de fer va prendre sur la lisière de votre réserve, je vais vous en donner cent fois autant en arrière de cette réserve ; et, si vous ne xoulez pas, nous allons défaire Îles travaux commencés, et tracer le chemin en dehors.” .

Tous se déclarèrent satisfaits, et la réserve. fut agrandie en

conséquence du côté du Sud.

Mais, en même temps, les. directeurs du chemin de fer du Pacifique canadien comprirent qu’ils devaient quelque reconnaissance au Père Lacombe, et ils la lui témoignèrent à plusieurs reprises, de diverses manières. (*)

Dans cette colossale entreprise du “Canadian Pacific” il ; faut moins admirer la hardiesse des ingénieurs que la sûreté de vue des hommes qui surent, dès son début, asseoir sur de solides bases l’avenir économique de leur œuvre.

. Î n’importait pas seulement.de construire, à travers un pays aux trois quarts désert, ‘une voie ferrée de plus de quatre mille kilomètres d’étendue. A coup de millions et de dynamite, il

(1) A. B. Routhier, De: Québec à à Victoria,

était aisé de surmonter les obstacles naturels. La grosse part des difficultés était ailleurs. La ligne achevée, il fallait en alimenter le trafic en attendant que le pays, auquel elle allait donner la vie, ffit en état de pourvoir seul à son entretien.

Il était indispensable, également, de mettre la jeune entreprise à l’abri de la concurrence américaine, tout en la préparant à lutter avec elle dans un avenir prochain.

Le plus sûr moyen d’atteindre ce double but était de devancer

- Le Lac Louise (ALBERTA) n , sur son propre terrain la concurrence que l’on redoutait. Le plan était audacieux; les directeurs du “Canadian Pacific ” n’hésitèrent pourtant pas à en poursuivre la réalisation. Le succès le plus complet devait justifier leur hardiesse. La Compagnie entreprit la construction de tout un réseau de lignes secondaires qui devaient alimenter la ligne mère tout en favo-

risant vers le- Canada une portion considérable du commerce de lPOuest américain. Tous ces travaux avancèrent si rapidement que, vers le milieu de 1888, la compagnie du “ Canadian Pacific,” en dehors des 4,679 kilomètres de sa ligne mère, possédait déjà 3,900 kilomètres de voies secondaires qui pénétraient, de toutes parts, au centre des districts agricoles où industriels les plus riches des Etats-Unis ! Le, bill McKinley devait être la réponse du peuple américain au défi que lui portait sa jeune mais entreprenante voisine du Nord. (*)

l'inauguration du Pacifique canadien devait avoir, pour conséquence, d’ouvrir une nouvelle et rapide voie de communication entre l’Europe ct l’Extrême-Orient. De Liverpool au Pacifique par Montréal-Vancouver, le. trajet. 1e. sera plus que dé dix à onze jours. Avec un peu plus de vitesse de Ja part des paquebots de POcéan Indien, ‘on pourra faire le tour du monde en quelques semaines. Les rêves de Jules Verne sont . réalisés. | US

Maïs, la conséquence la plus frappante de la création de la nouvelle ligne devait être de transformer complètement les riches territoires du Manitoba et du Nord-Ouest, de donner une valeur considérable à des terres qui, naguère, en étaient dépourvue, et de faire affluer, dans ces pays fertiles et si peu peuplés, des convois d’émigrants venus de tous les points du monde. De jeunes cités vont s'élever, comme par enchantement, en deux ou*trois ans. | | +

Il est:vrai d'ajouter que le génie inventif des Américains à su perfectionner jusqu’à l’invraisemblance les moyens de Îocomotion, et cinq jours de chemin de fer se supportent plus aisément, en Amérique, que quelques heures passées dans nos: boîtes étriquées d'Europe.

Il n’est pas ici seulement question des compartiments de luxe dans lesquels le voyageur trouve buffet, bibliothèque, fumoir,

{1} A travers le Nord-Ouest Canadien—De Bouthillier-Ghavigny.

salle de bain et peut vivre aussi confortablement que dans un hôtel de première classe. Mais-ce que l’on ignore assez généralement ce sont les soins dont on entoure les immigrants. À vrai dire, les Wagon, réservés par la Compagnie aux immigrants, sont de véritables “sleeping cars” dépouillés de tout leur appareil de luxe. Mêmes dimensions et distributions identiques. De part et d’autre de l’allée centrale sont fixés des sièges mobiles qui, accouplés deux à deux, forment de vrais Üts sur lesquels, vers le soir, roulés dans leurs couvertures, s’endorment les futurs colons pour rêver de la fortune,:à la conquête de laquelle ils s’élancent. Aux deux extrémités de ces wagons, et dans des compartiments parfaitement isolés, deux énormes poêles en fonte, sont installés en permanence. L'un sert à chauffer le compartiment d’hiver, le ‘second, toujours allumé, est mis gratuitement, par la Compagnie, à la disposition des ménagères qui auraient quelques provisions à faire cuire. Un réduit spécial est également ménagé pour les fumeurs. (°)

Déjà un tracé de chemin de fer entre Edmonton et la rivière la Paix est en voie d'exécution, ce qui facilitera encore la

. transformation du pays. (?)

Dans le but de faciliter la colonisation de ces régions, qui. peuvent recevoir facilement cent millions d’habitants, le gouvernement canadien fit procéder à l’arpentage des terres, dans presque toute la partie cultivable.

Dans chaque province, les terres furent divisées en blocs de

{1 De Bouthillier-Chavigny.

(?} Au moment où nous traçons ces lignes, le parlement fédéral vient de voter la construction d’un second transcontinental de l'Atlantique au Pacifique, construction qui sera effectuée en partie par le gouvernement, en partie par le compagnie du Grand-Tronc. Passant plus au nord que le Canadian Pacific, cette voie ouvrira d'immenses contrées à la civilisation en:

même temps qu'elle offrira à |’ Angleterre le trajet le plus court vers le Japon et la Chine.

douze milles carrés. Chaque bloc renferme quatre fownships ou

cantons, dont chaque côté a six milles de long, formant ainsi +

une superficie de trente-six milles carrés. Chaque mille carré

Les Trois Sœurs, CANMORE (ALBERTA)

(640 acres) représente une section et porte un numéro d'ordre. De ces trente-six sections, deux sont destinées aux établissements scolaires; deux autres appartiennent à la Compagnie de la Baie d'Hudson qui se les était réservées, lors de la cession au gouvernement fédéral, de ses possessions territoriales; les trente-deux autres sont pour les colons.

Chaque section est divisée en quatre carrés de cent-soixante acres, ou soixante-quatre hectares, et renferme deux homesteads et deux preemptions. Le homestead est le lot que reçoit le colon qui a formé une demande de concession. (Cette concession est gratuite et il n’y a qu’à payer un droit de dix piastres (50 francs) pour entrer en possession. Celui qui avait obtenu un

homestead avait en outre, au moins, dès Je début, un droit de

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préemption, de préférence à tout autre, sur les cent-soixante acres qui touchaient à son homestead, moyennant un prix de dix à quinze francs l’acre. Le concessionnaire d’un homestead est obligé d’en mettre en culture une partie déterminée; il est

. tenu, en outre, dy résider six mois de l’année et d’y construire . dans le délai de trois ans une maison: Ces conditions, une fois

remplies, il devient propriétaire incontesté et incontestable du

sol, sans avoir eu à payer autre chose, à d’origine, qu’un droit de dix piastres.

Lorsqu'il fut procédé à cet immense arpentage, on prit, pour

base, le quarante-neuvième parallèle qui sert de frontière, entre .

les Etats-Unis et le Canada, etle méridien le plus rapproché à l’ouest d’Emerson. ;

Grâce aux encouragements prodigués aux colons par le gouvernement canadien, des milliers d’émigrants accoururent vers le Nord-Ouest. Tappoint principal était incontestablement fourni par la race anglo-saxonne, venue, soit d'Europe, soit de la province d’Ontario. Venaient ensuite, mais dans une

. moindre proportion, les ‘Canadiens-français de la province de

Québec et des Etats-Unis. Le nombre des Français -de France était insignifiant.

Les Français émigrent peu. De 1885 à 1896, pendant que

PAngleterre et l'Irlande envoient au loin 2,244,890 habitants ; l'Italie, 1,420,916; l'Allemagné, 890,199; lAutriche-Hongrie, 150,000 ; la Suède et Ja Norvège, 462,270 ; le Portugal, 213,238 ; 77 Ta France ne voit sortir. que 125,000 émigrants, c’est-à-dire dix-huit fois moins que la: Grande-Bretagne, six fois moins que PAllemagne, trois fois moins que la Suède et la Norvège.

Les Français émigrént peu; pourquoi ? Est-il vrai qu’ils n’ont pas Pesprit colonisateur ? Mais qu'est-ce que lesprit colonisateur, sinon l'initiative, Vintrépidité qui s’exalte devant les difficultés, le savoir-faire ingénieux et inventif qui tourne les obstacles, quand il ne peut les emporter de vive force ? Ce sont là des qualités qui étaient bien françaises,

Peut-être le caractère national at-il subi une fâcheuse métamorphose. “On dirait que je ne sais quelle marâtre s’est emparée du jeune Français, et nous l’a changé en nourrice : le jeune homme qu’elle nous présente n’est lus le ‘Français d'autrefois, hardi, entreprenant, plein d'initiative, mais un être timide, banal et étroit dans ses vues.” (*) © Cette marâtre, c’est l'influence néfaste de l'Etat. Tin tout bon Français, écrit M. Aynard, il y a un fonctionnaire qui sommeille. Sur cent élèves, observe M. Demolins, il n’y en’ “a pas vingt-cinq qui rêvent une carrière indépendante. Or, .dans les administrations officielles, enseignement, magistrature, armée, même, on respire une influence mortelle pour la virilité des caractères et pour les initiatives originales et hardies.

Prenez la nature la plus chaude, la plus généreuse, la micux, douée; pour l’atrophier, il n’y a rien de tel que le laminoir des administrations. C’est pitié de voir ce jeune lion qu’on a muselé, qui ne sait plus rugir, et auquel on a arraché les dents et scié les griffes, pour qu'il devienne cet être correct et insignifiant qu’on appelle an fonctionnaire; cet esclave, auquel on ose dire : voilà le cercle d'idées dans lequel vous emprisonnerez Vâme de vos enfants ; vous n’irez pas à la messe, etc. etc. «

Hélas ! même ei émigrant dans les colonies françaises, le

‘ jeune Français ne pourra pas briser les mailles de ce réseau de fer.

Les Français émigrent peu. La cause ?

trouver dans fa diminution de la famille. L’atelier, le bureau, Vusine tuent la famille, tandis que la vie des champs en favorise l’épanouissement. L’abbé’de Cazalès disait à la Convention :

“Ce sont’nos cadets qui ont fait nos colonies; mais bientôt

On pourrait la

vous n'aurez plus de cadets.”

(1) Forbes,.S. J,

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Il ne disait que trop vrai. Si la France ne colonise pas, ne

serait-ce pas parce qu’elle n’a plus d'enfants ? (°) - Donc, peu de Français de France venaient dans le Nord-

Ouest, mais on voyait bon nombre d'Allemands, de Hollandais,

de Hongrois, d'Trlandais, d’Italiens, etc.

L'élément français, qui tenait la tête à l’époque où la Compagnie de la Baie d'Hudson fit l'abandon au Canada de ses droits suzerains, tomba vite au second rang. Il aura besoin de toute son énergie pour maintenir ses droits.

Bientôt des villes s’élèveront su? les foins foulés par les camps des guerriers, et les blés se balanceront là où des milliers

de bisons mugissaient à l'aspect des chasseurs. \ .

(1) Qu'on ne se méprenne pas sur notre pensée. Nons nous reprocherions

de jeter dans l'illusion des natures inaptes à la colonisation, Il n'y a pas de place dans le Nôrd-Ouest pour les employés de bureaux, -les commis de magasins, les hommes de professions libérales.

I n’y a pas de place pour les apathiquesles inertes, les inconstants. Ne

doivent émigrer que les amis de Ja culture, Le succès ne dépendra pas de l'étendue des connaissances agricoles du fermigr mais surtout de son aptitude, de son énergie au travail, de sa persévérance, de son application constante à subordonner ja culture avec les exigences du climat. | 2

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