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| furent soumises en Angleterre, à l’avocat- | général, qui les approuva.* Après avoir pris a l'avis de ses amis et pesé müûrement les | 1 avantages que la religion pourrait retirer | de sa présence au conseil législatif, Mgr.
Plessis se décida à accepter la faveur qu'on voulait accorder aux catholiques du Canada dans la personne de leur évèque, et par un | mandamus du trente avril 1817, il fut ne) | nommé conseiller législatif. Dans cet ne instrument, il était officiellement reconuu, par le prince régent, comme évêque catho- | lique romain de Québec.
| || nformé d'avance de la résolution du | |l gouvernement impérial, le juge en chef du | || Bas-Canada, M. Sewell, protesta contre n || cette mesure, et déclara qu’elle tendait à 2 | | reconnaître l'autorité du pape dans les : fn domaines de l'empire britannique ; il pro- . fl posait d'adopter quelque expédient pour : A sauver au moins les apparences. Comme la | nomination s'était faite après mûre délibération, lord Bathurst refusa de revenir sur ses pas ; bien plus, le gouvernement consentit même à reconnaitre un coadjuteur cum fulurd successione, quand il aurait été présenté au gouverneur.
Pendant le reste de sa vie, l’'évèque de Québec siégea régulièrement au conseil législatif, afin d'y protéger les intérêts de la religion et de la patrie. Quoique placé avec
* Rapport de Sir C. Robinson, rer mars 1817,
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la minorité dans la chambre, dont les principaux membres SA M à la religion anglicane et se laissaient guider sur les matières ecclésiastiques par le docteur Mountain, Mgr. Plessis ne manquait jamais de revendiquer avec fermeté les droits des Canadiens catholiques, lorsque quelque voie ennemie s'élevait pour attaquer leurs institutions ou leurs droits.
En 1821, il se prononce fortement contre une décision de ses collègues, en vertu de laquelle la branche populaire de la législature se trouvait privée d’une partie de ses priviléges dans le vote de la liste civile. Il résista avec tant de courage en 1824, à quelques empiétements proposés par le parti ultra-anglican, qu’il fit rejeter des propositions offensantes pour les catholiques ; sa victoire fut complète, et l'évêque anglican laissa la salle, en protestant contre le peu de dévouement des conseillers à la religion de leur auguste sonverain.
Réglement de vie—Occupations journalières —Correspondance—Portraii—Rapports avec son clergé—Amis— Gaité,
Après avoir suivi le digne évêque de Québec au milieu de la longue et pénible lutte qu'il eut à soutenir pendant plus de
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dix ans, pour défendreel’existence de son siége et la liberté du culte catholique, il convient de le considérer dans les détails de la vie intime et dans ses rapports avec les différentes portions de son troupeau.
Comme il l’avait prédit lorsqu'il fut élevé sur le siége de Québec. sa vie, durant son épiscopat, fut une suite non interrompue de sacrifices et de travail. L’on peut se figurer quelles étaient ses inquiétudes et ses angoisses, dans les temps où il voyait son église assaïllie par les mesquines taquineries de quelques officiers publics, qui se regardaient comme les arbitres des destinées du Canada, et qui du haut de leurs bureaux abaïissaient un œil de mépris sur la religion catholique. Ces hommes, il les connaissait ; il aurait dévoiler leurs manœuvres à son peuple, qui était bien disposé à soutenir son premier pasteur.
Mais de res révélations pouvaient naître des haïines profondes ; l'autorité déjà assez peu respectée du gouverneur Craig serait tombée dans une complète impuissance ; les offres de la république américaine pouvaient alors devenir assez séduisantes pour égarer quelques esprits inquiets et ébranler leur fidélité. Dans la crainte d'exposer une partie de son troupeau à ces dangereux résultats, l’évêque de Québec crut devoir se taire, souffrir et attendre.
D'un autre côté, que de reproches n’avaitil pas à endurer de la part de quelques
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patriotes ardents, qui, ne comprenant pas ses motifs, l’accusaient d’être timide, obséquieux, indifférent à la bonne on à la mauvaise fortune de ses compatriotes !
C'était-là pour lui une douloureuse épreuve, à laquelle il se résigna cependant, afin de ne point compromettre l'avenir de ses ouailles.
Si pendant plusieurs années sa carrière parut moins hérissée de difficultés, Dieu lui réservait pour la fin de sa vie d’amères contradictions, d’autant plus sensibles à son âme, qu’elles lui furent suscitées par des frères qui avaient combattu avec lui les ennemis du dehors. Lorsque, à ces grandes sources de tristesse, l’on joint les nombreuses misères qui, chaque jour, assaillent la vie d’un homme chargé de gouverner au spirituel un immense territoire et redevable de son temps et de ses talents au plus petit comme au plus grand de ses diocésains, on comprend qu'il avait raison de s'attendre, comme il l’exprimait, à être purifié par un ministère bien crucifié et bien contrarié.
À côté des souffrances de l’âme, les peines corporelles lui semblaient bien légères.
Quant aux occupations constantes de tous les jours, loin de les redouter, il les recherchait comme des distractions, et semblait enbarrassé lorsqu'il en rencontrait moins qu’à l'ordinaire. Régulier et méthodique, il prenait les moyens les plus
convenables pour expédier les affaires à mesure qu’elles se présentaient, de manière à ne les laisser jamais s’accumuler.
Après son élévation à l'épiscopat, il observait, autant qu’il le pouvait, le règle-. ment qu'il avait suivi pendant qu'il était curé de Québec; sa journée se prolongeait depuis quatre heures et demie du matin jusqu’à onze heures et demie du soir; son temps était réglé soigneusement et ménagé avec la plus stricte économie. Ainsi que ses prédécesseurs, il jouissait de la généreuse hosnitalité du séminaire de Québec.
Eh biex i de tous les habitants de la maison, pas un n’était plus exact que lui à observer le règlement de la communauté, dans les parties qu'il pouvait suivre sans nuire à ses devoirs d’évêoue.
À six heures et demie, il avait fait son oraison, dit une partie du bréviaire du jour et se trouvait prêt à commencer la messe. C'était toujours après une longue préparation et avec un profond respect, qu'il célébrait le saint sacrifice, pendant lequel il observait scrupuleusement les cérémonies ordonnées par l'Eglise.
Au milieu de ses occupations multipliées et de ses profondes études de théologie. il avait trouvé le temps de si bien apprendre les rubriques, qu’il lui était rarement nécessaire de recourir à un manuel pour se rappeler ces détails compliqués qui mettent souvent les meilleures mémoires
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en défaut; il était également versé dans les cérémonies qui sont prescrites aux officiers employés dans le chœur. Loin de regarder ces rites comme des observances oiseuses, il faisait remarquer que, puisque Dieu lui-même n’avait pas jugé indigne de Sa né Hé de régler le cérémonial à suivre dans les sacrifices de l’ancienne loi, les ministres du culte catholique doivent singulièrement respecter les cérémonies pres:
crites par l'Eglise dans la célébration du grand sacrifice de la loi nouvelle. Aussi veillait-il attentivement à ce que les clercs de sa cathédrale les observassent avec exactitude, et il leur répétait cette maxime qu’il avait adoptée lui-même: Omnia secundum ordinem fiant.
Vers sept heures et demie du matin il se mettait au bureau, qu'il ne quittait que pour les repas, la récitation du bréviaire et les exercices de piété. Le souper était suivi d'une heure de récréation, pendant laquelle il causait familièrement avec les directeurs du séminaire et les prêtres attachés au service de la cathédrale. Il prenait une part active dans la conversation et la rendait utile et agréable par le sel attique de son esprit. par le charme deses narrations et par l’étendue de ses connaissances. Bien peu d'hommes racontaient aussi heureusement ; il avait le talent de saisir à la volée un fait souvent peu remarquable par lui-même ; il s’en emparait, le
façconnait, en présentait les parties les plus saillantes sous une forme neuve et intéressante. Quelquefois il faisait ressortir, par une expression piquante, ce qu'il y avait d’insolite, de ridicule, d’absurde dans un mot ou dans une situation. La matière de ses récits paraissait inépuisable : les fruits de ses études, de ses lectures, de ses méditations, les souvenirs de sa jeunesse, ses rapports avec les anciens évêques, les traditions recueillies sur les derniers temps de la domination française, ses voyages dans le Canada et les provinces voisines, les scènes grotesques passées sous ses yeux dans les assemblées de marguilliers et de notables, les chroniques des vieilles paroisses, les merveilles de Londres, de Paris et de Rome; tel était le champ étendu qu'il savait dérouler devant ses auditeurs de manière à les intéresser et à les instruire.
Ses occupations journalières, variées dans leur objet immédiat, aboutissaient toujours au même but principal: la gloire de Dieu d’abord, puis l'avantage du prochain.
Comme saint Paul, il pouvait dire qu’il avait la sollicitude de toutes les églises ; car, de son cabinet, il dirigeait toutes les affaires religieuses de son vaste diocèse.
Seul, il faisait tout mouvoir : communautés, séminaires, colléges, missions, paroisses. Dans les circonstances difficiles, les curés s’adressaient directement à lui
pour recevoir ses avis, et tous étaient assurés de recevoir, dans le plus court délai, une réponse de la main même de leur évêque: quoiqu'il eût auprès de lui un secrétaire et un sous-secrétaire, il ne les employait généralement que pour l’enregistrement de lettres importantes ou pour les transactions ordinaires des bureaux de l'évêché.
Aussi sa correspondance était immense et embrassait toutes sortes d’affaires, depuis celles qu’il traitait avec la cour de Rome et le ministre ;des colonies, jusqu'aux directions qu’il adressait à l’économe du collége de Nicolet où aux avis paternels qu'il donnait au plus jeune de ses prêtres.
Les nombreux et volumineux registres de
. ses Jettres, conservés aux archives de
l’'archevêché de Québec, ne contiennent qu'une partie de sa correspondance durant son:long épiscopat. Il applanissait les difficultés des membres de son clergé, les dirigeait daus la conduite de leurs paroisses, leur donnait des avis pour eux-mêmes et pour leurs ouailles. Avec le cardinal préfet de la Propagande il entretenait des rapports suivis, et lui rendait un compte fidèle de l'état de la religion dans son diocèse ; il écrivait fréquemment aux gouverneurs du Canada, aux chefs civils des provinces renfermées dans son diocèse, aux évêques d'Angleterre, d'Irlande et des Etats-Unis.
D'un style net, clair, concis, ses lettres,
comme ses discours, ne renferment rien d’inutile ; elles dénotent dans l'écrivain une science profonde des matières ecclésiastiques, des connaissances variées, une intelligence supérieure toujours servie à souhait par une forte et heureuse mémoire ; ‘“et,” suivant un de ses amis, ‘‘ un enjouement qui lui était propre et qui brillaic dans ses conversations familières.”
De sa ville épiscopale il veillait sur toutes les parties de son diocèse, y maintenait la discipline ecclésiastique et faisait observer exactement les saints canons ; per cette fin, il exigeait que ses grands vicaires, parce dans les centres importants. lui issent des rapports fréquents sur les paroisses de leurs cantons. C'était surtout avec monsieur Roux, supérieur du séminaire de Montréal, qu’il correspondait le plus souvent, car il le considérait comme son premier et principal grand vicaire ; il le consultait, lui communiquait confidentiellement ses plans et lui faisait part des joies et des afflictions de son église.
Le chapitre de la cathédrale s’était peu à peu éteint après la conquête du pays, et n'avait pu être renouvelé à cause du petit nombre de prêtres et de l'extinction des
rébendes. Ousiqie privé de ce secours, gr. Plessis ne manquait point de célébrer avec splendeur les grandes fêtes de l’année, au moyen des quelques directeurs, des ecclésiastiques et des élèves du Séminaire,
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qui restaient encore à sa disposition. Dans ces jours solennels, on remarquait l’imposante figure du prélat, au milieu des ministres qui l’entouraient à l’autel pendant la célébration des saints mystères. Quoiqu’il fût d’une taille un peu au-dessous de la moyenne, ses larges épaules, ses formes robustes et vigoureuses, la gravité de sa démarche, la dignité de son maintien semblaient le grandir au-dessus de tous ses assistants et le désigner tout raturellement comme destiné à commander.
‘ Tel il parut le jour de sa consécration,” fait observer un des orateurs qui ont prononcé son éloge, ‘ tel vous l'avez vu nombre de fois, et tuajours vous avez été saisis à cette vue d’une admiration ieligieuse. Ne fixions-nous pas nos regards avec complaisance sur la personne de cet auguste prélat, dans les fètes pumpeuses dont il aimait par sa présence à augmenter la splendeur, et où la majesté de sa personne imprimait si vivement dans tous les cœurs cette sainte vénération pour le sacré ministère et cette haute idée de la religion dont il était lui-même pénétré ? ”
C'était surtout dans les grandes et pompeuses réunions du clergé, qui avaient lieu à la fête du sacerdoce, qu’il faisait beau voir la grande figure du prélat. Ses yeux perçants semblaient sonder le cœur de ceux sur qui il les laissait tomber ; sa tête puissante, remarquable par la noblesse des
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traits, par un front large et élevé, devenait le centre de tous les regards et dominait l'assemblée entière, lorsque du haut du sanctuaire de la cathédrale, et environné d’un triple cercle de ses prêtres, il leur adressait une allocution en latin ou recevait entre ses mains la rénovation des vœux de chacun d’entre eux, depuis le vétéran du sacerdoce courbé sous le poids des travaux et des années, jusqu’au jeune lévite, à peine entré dans la carrière ecclésiastique.
Sachant que ü@e la piété et de la science du clergé dépend ordinairement l’avance ment spirituel des fidèles, Mgr. Plessis inculquait fréquemment à ses prêtres l’importance de l'étude, de la méditation et de la retraite. Dans ses lettres, dans .ses conversations, dans ses discours publics, il leur suggérait les moyens de se maintenir dans la pratique des vertus qui conviennent à leur état, et les exhortait à n’en négliger aucun.
Lui-même était pour eux une leçon vivante, car il pouvait être à bon droit regardé comme la forme et le modèle de son clergé. Sa solide piété, ses mœurs irréprochables, son attachement à observer la discipline de l'Eglise, sa régularité extrème en faisaient un ecclésiastique accompii sous tous les rapports. Aussi ses exemples influaient grandement sur la conduite de ses prêtres, qui tâchaient d’imiter la vie édifiante de leur évêque.
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La plupart d’entre eux l’aimaient comme des enfants aiment un père, et auraient été fâchés de laffliger en quoi que ce fût.
‘ Si j'avais offensé cet homme-là,” disait un jour M. Painchaud, fondateur du collége de Sainte-Anne, ‘‘ je consentirais à me trainer sur les genoux, depuis mon presbytère jusqu'à Québec, pour lui demander pardon de ma faute.” *
A bon droit on peut direque les maximes et les exemples du grand évêque ont laissé sur le caractère du clergé canadien une empreinte qui demeurera ineffaçable etqui s’est étendue sur le peuple tout entier.
De son côté, il s’attachait à ses prêtres ; il aimait à les voir et à converser avec eux. Sa porte leur était toujours ouverte et il se plaisait à les admettre à sa table, dans sa maison de Saint-Roch, où, pour cette fin, il passait ordinairement une journée chaque semaine. Durant leurs maladies, il s’informait souvent d'eux, les visitait quand il le pouvait et cherchait à leur procurer des soins et des secours lorsqu'ils en manquaient.
Cet homme qui paraissait si froid, si impassible au milieu des difficultés de la vie, avait cependant un cœur fort sensible.
Bien des fois l’on a vu de grosses larmes couler sur ses joues, lorsqu'il assistait à la
sépulture de quelqu'un de ses anciens
* M. Charies-François Painchaud était un des hommes les plus aimables et les plus brillants du clergé canadien.