‹ Mgr. Joseph-Octave Plessis [microforme]Chapitre 31 sur 44 · RE NT NE · texte numérisé non relu

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politain ; et, si je suis frustré des ressources que’je prétendais trouver dans la maison de Montréal en requérant son assentiment, je ne puis, d’après la persuasion où j'étais bond file de mon droit de domicile en ce séminaire.être obligé d'accepter, en quittant une société à laquelle je suis véritablement attaché et que je n'aurais abandonnée qu’en vue d’un plus grand bien.”

‘ Loin donc de regarder comme du réchauffé l'obtention d’un ordre du saintsiége pour mon acceptation, je la considère comme indispensable pour l’acquit de ma conscience, et comme le moyen le plus efficace d'assurer mes droits de résidence au séminaire de Montréal, dont je ne puis me départir...……. Si vous persistez à me croire propre au fardeau que vous voulez m'imposer, et auquel la connaissance parfaite de mou incapacité se refuse absolument sans cela, vous avez encore tout le temps de témoigner au saint-Père par Île préfet de la Propagande, ou par toute autre voie, la véritable frayeur que j'ai de cette charge et de recevoir sa réponse avant votre départ d'Europe. Alors seulement et dès que j'aurai entendu le vicaire de J.-C.

en terre me dire, Pasce oves meas, je ferai taire aussitôt toutes mes répugnances et je n’hésiterai pas un moment à me soumettre,

je ne puis dire, avec joie, mais du moins

avec la résignation la plus entière.” Persuadé que les objections soulevées

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par M. Lartigue étaient dictées par la délicatesse de sa conscience, Mgr. Plessis ne voulait point recourir à Rome pour demander une nouvelle nomination: il savait que personne n'était plus propre que M.

artigue à remplir dignement la charge à laquelle il avait été appelé par la voix de ses supérieurs ; il lui permit cependant d'adresser lui-même ses représentations.

bien assuré qu’elles ne produiraient aucun effet.

Quant à l'espoir d'obtenir quelque modification aux premières décisions du gouvernement britannique, il n’y fallait pas songer : ‘* Les ministres britanniques changent,” faisait observer le prélat, ‘“ mais l'esprit du ministère ne change point. L’on ne peut se flitter d’un nouveau système qu'autant qu'il viendrait du roi, et l’on ignore jusqu’à présent la manière de penser du roi par rapport aux catholiques... La cour de Rome a fait ce que j'ai voulu ; il n’en a pas été de même de celle d’Angleterre; je n’en ai obtenu mes deux derniers suffragants qu'avec beaucoup de peine, et seulement comme grands vicaires revêtus du caractère épiscopal. Le gouvernement n’a pas voulu me reconnaître comme métropolitain, en sorte que mon diocèse n’est réellement pas démembré comme je l'aurais voulu, mais seulement divisé en üistricts pour des évêques in partibus soumis à mon autorité. ”

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Après son retour en Angleterre, Mgr.

Plessis obtint encore plusieurs audiences du secrétaire-d’état pour les colonies, qui lui remit une lettre officielle pour lord Dalhousie, nommé gouverneur du Canada.

Le comte Bathurst informe ce dernier des arrangements qui avaient été faits avec la cour de Rome, pour l'avantage des catholiques du Canada, et de l'approbation que S. M. avait donnée à ces mesures, concernant la division du diocèse de Québec. De pe des ordres allaient être envoyés pour ‘expédition de lettres patentes d’amortissement en faveur du collége de Nicolet ; enfin le gouvernement semblait oublier le projet de s'emparer des biens du séminaire de Montréal.

Le roi lui-même témoignait de sa bonne volonté envers ses sujets canadiens : lorsque l’évêque de Québec lui fnt présenté, George IV le reçut avec une bienveillance marquée, il lui parla des services rendus durant la guerre américaine par les catholiques du Canada, et il témoigna la confiance qu’il avait dans la loyauté du peuple et du clergé de la province.

Un succès aussi ample qu’il le pouvait, vu les circonstances, avait couronné les négociations de l’évêque ; il avait hâte de rentrer dans son diocèse avec ses bonnes nouvelles. Aussitôt que possible, il s’embarqua pour l'Amérique, avec ses compagnons de voyage messieurs Lartigue et

Turgeon. Arrivé à New-York le vingt-un juillet 1820, il dut visiter quelques villes des Etats-Unis ; sur la demande que lui en avait faite le préfet de la Propagande, il se rendit de New-York à Philadelphie et à Baltimore, pour s’enquérir des difficultés suscitées dans plusieurs diocèses par des prêtres schismatiques qui rejetaient l’autorité des évêques. Les rapports de Mgr.

Plessis servirent surtout à appuyer auprès de la cour de Rome les justes réclamations de Mgr. Maréchal, BA tr de Baltimore, qui se plaignait que Cans la nomination de nouveaux évêques pour les Etats-Unis, on ne consultait pas assez les anciens, déjà au fait de lesprit et des institutions du pays.

Le sept août, 1820, les voyageurs arr.vèrent à Montréal, où l’évêque de Québec présenta aux prêtres du séminaire leur ancien confrère à qui allait être remise la direction spirituelle de ce district ; Mgr.

Plessis espérait que ce serait pour eux une nouvelle preuve de la confiance et de l'estime qu'il avait toujours accordées aux membres de leur maison. *

Personne, en effet, ne doutait que la qualité de membre de la congrégation de Saint-Sulpice eût eu un grand poids en faveur de M. Lartigue, lorsque l’évêque de

* Mélanges Religieux : Notice Biographique de Mgr. Lartigue.

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Québec avait voulu choisir un premier pasteur pour sa ville natale. Formé et instruit par les disciples de M. Olier, Mgr.

Plessis avait conservé pour ses premiers maîtres et pour leurs successeurs un pro.

fond respect et une sincère affection, et dans bien des occasions il avait déjà donné des preuves de la confiance qu’il reposait en eux.

Ce fut surtout après sa promotion à l'épiscopat qu’il s'était efforcé avec plus d'efficacité de leur venir en aide. Psndant qu’il n’était encore que coadjuteur, il favorisa puissamment l'admission dans la province de plusieurs de leurs confrères, appelés pour partager leurs travaux. Son appui dans cette circonstance avait été si efficace que M. Emery, supérieur général de Saint-Sulpice, crut devoir lui en témoigner sa reconnaissance, dans les termes les plus flatteurs. ‘On ne m'a point laissé ignorer,” écrivait-il au prélat, ‘‘les sentiments pleins de bonté dont vousètes pénétré pour les prêtres de ma compagnie, qui travaillent dans le Canada. Vous leur en avez déjà donné de grandes preuves; ils en sont très reconnaissants et désirent que je vous en témoigne moi même ma propre reconnaissance ; c’est ce que je fais dans l’effusion de mon cœur. Je crois inutile de vous prier de vouloir bien continuer de les traiter de même, lorsque la divine providence aura appelé dans son sein le digne

rélat auquel vous êtes destiné à succéder.

ls vous prouveront par leur obéissance, leur docifité, leur zèle à remplir vos vues et à exécuter vos ordres, qu'ils n’en sont point indignes.” *

Ces sentiments d'affection et de respect

our le séminaire de Montréal, Men Plessis Le conservait encore dans toute leur vivacité, et il était heureux d’en pouvoir donner une nouvelle preuve dans le choix qu’il avait fait, pour une charge de la plus haute importance, d’un prêtre de cette maison, aussi remarquable par ses vertus, qu’éminent par ses talents et sa science.

Avant de se rendre à la capitale où il était impatiemment attendu, le prélat voulut s'arrêter pendant quelques jours à son séminaire de Nicolet, qu’il revoyait toujours avec un sensible plaisir. Au milieu d’un nombreux concours de prêtres, venus de toutes les parties de la province pour lui souhaiter la bienvenue, l’évêque de Québec présida aux examens des élèves, dont il reçut les félicitations, avec toute la joie d’un père rendu à ses enfants après une longue séparation.

La nouvelle de l’heureux retour du premier pasteur du diocèse s’était répandue en peu de temps : partout sur la route qu’il devait suivre s’organisaient des démonstrations en son honneur. ‘Je ne vous peindrai

* Lettre de M. Emery, 24 décembre 1800.

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point,” dit M. Raimbault," ‘cette scène attendrissante, dont plusieurs d’entre vous ont pu être témoins, lorsque au sortir de Nicolet, où il s'était reposé quelques jours, au milieu de fêtes simples et naïves, aux accents de la joie vive et pure des jeunes étudiants de son collége, il mit le pied sur le sol des Trois-Rivières. Rappelez-vous cette députation nombreuse et honorable, déployant l’oriflamme sacrée sur les eaux du fier Saint-Laurent. Je crois entendre leurs acclamations redoublées, se mêlant aux cris de joie dont la ville faisait retentir les airs. Avec quel plaisir il recevait et rendait les saluts! Avec quel touchant abandon chacun se félicitait de revoir sou évêque après une si longue absence ! Mais ce n’était là que le début du triomphe qu’on lui préparait dans la capitale, et dont chacun a lu ou entendu la description. Une seconde députation flottante remontait le fleuve comme pour accuser de lenteur celle qui avait précédé ; une population impatiente, parcourant les rues de la viile, se répandant sur les quais, tous les vaisseaux de la rade pavoïisés, les citoyens les plus recommandables rivalisant d’ardeur et de joie. Quelles acclamations ! quelleivresse !

quelles touchantes démonstrations d'amour et d’allégresse ! ”

Dans cette description, tracée avec verve

* Oraison funèbre de Mgr. Plessis.

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