‹ Mgr. Joseph-Octave Plessis [microforme]Chapitre 30 sur 44 · EE LS AU · texte numérisé non relu

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‘ Cette homme instruit, ” dit l’évêque dans son journal... ‘ publia, pendant sa légation de Russie, un ouvrage sous le titre de Considérations sur la France, qui fut bieu accueilli par le public et lui a donné de la réputation. Il venait d'en publier un autre ayant pour titre : Du Pape. L’évèque de Québec.......lui exprima combien il serait flatté d'en recevoir un exemplaire de la main même de l’auteur, et celui-ci le lui apporta le soir à son hôtellerie. ” Ce livre, orné de la signature du philosophe chrétien, se conserve précieusement dans la bibliothèque de l’archevêché de Québec.

L'évêque et son compagnon traversèrent les Alpes par le mont Cénis ; la saison était fort rude pour un semblable trajet, et il leur fallut, dans la partie la plus élevée, démonter le carrosse, mettre les roues et le brancard sur un traineau, la chaise sur un autre, et faire conduire le tout par six mulets, dressés à ce genre de travail. Dans certains endroits la neige s'était amoncelée à une hauteur de six pieds, et lorsque

le vent souffiait, il soulevait une vraie

poudrerie canadienne.

En faisant route vers l'Italie, l’année précédente, les deux. voyageurs avaient promis à Dom Bernard, garüien de l’hospice du mont Cénis, de le venir voir au mois de février, c'était le vingt-neuf de ce mois qu'ils y revenaient. ‘ Nous sommes fort heureux,” leur fit observer le bon religieux,

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nous n’aurions pas eu l'honneur de vous voir en février.”

À Chambéry se trouvait l’abbé Gazel, qui avait émigré en Angleterre, au commencement de la révolution français”, et était passé de là au Canada, où ii demeura pendant trois ou quatre ans. En 1821, il remplissait les fonctions de chanoine de la cathédrale et de professeur de dogme au

rand séminaire. Averti que l’évêque de Ouébec s'était arrêté à une hôtellerie de la ville, et qu’il devait repartir presque aussitôt, l'abbé s’empressa de venir passer auprès des voyageurs le plus de temps qu’il

ut, pour avoir le plaisir de converser du anada.

Comme Mgr. Plessis avait promis à M.

Courbon et au cardinal Fesch de s'arrêter à Lyon, pour conférer les ordres sacrés aux ecclésiastiques qui se disposaient à les recevoir ; 1l demeura pendant quelques jours dans cette grande ville et y ordonna poses prêtres, parmi lesquels se trouvait ‘abbé Deguerry, devenu depuis un des orateurs les plus célèbres de Paris.

Dans l’ardent désir qu'avait M. Desjardins l’ainé de recevoir les deux amis de son frère à sa maison de M. sas, il leur avait conseillé de passer par Orléans pour regagner Paris. et les avait engagés à se rendre en voiture de Lyon à Roanne, puis à descendre la Loire sur un bateau. Un

“que l’année soit bissextile ; autrement

ancien maire de Roanne, M. Jars, procura aux voyageurs un batelier, qui, pour une somme de cent vingt francs, se chargea de les mener à Orléans, avec leur bagage, sur un petit bateau. Cette embarcation n'avait que douze pieds de longueur, et était conduite par un seul homme, qui la faisait avancer en goudillant. Partis de Roanne le vingt-trois mars, ils mirent cinq jours à parcourir les soixante-dix lieues qui se trouvent entre les deux villes. Ils furent reçus avec beaucoup d’honnèêteté par Mgr. de Varicourt, nouvel évêque d'Orléans, qui avait d'avance offert l'hospitalité à son confrère du Canada. M. Jacques Desjardins les attendait depuis quelques jours pour les conduire à Messas, où l’évêque de Québec fut reçu avec la joie la plus franche, non-seulement par ses hôtes, mais encore par la population entière du village.

‘‘Qu’on ne s'atttide pas” écrit Mgr.

Plessis, ‘‘ de trouver des beautés physiques dans ce village. Il a une demi-lieue de long, mais pas un arbre, pas un jardin tant soit peu orné. Les maisons, uniformément construites, sont très-basses el n’ont que de petites fenêtres. Celles qui donnent sur la rue principale ne lui présentent que le pignon...

‘Sous le rapport moral, celui de Messas est excellent. Veut-on trouver la simplicité antique, les mœurs patriarcales, des pères vigilants, des enfants soumis, des filles

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modestes, des garcons sobres et réservés ?

C'est à Messas qu'il faut venir. Il semble 4 ce petit endroit ait été préservé seul es funestes ravages de la révolution.” “L'arrivée d’un évêque, dans ce lieu où il n'en a pas paru de temps immémorial, fait une sensation inconcevable. Les fuseaux tombent des mains des femmes ; les vignerons qui ont de l’ouvrage au champ, même en cette saison, en reviennent avant l'heure ordinaire et bordent les rues, revêtus de leurs blouses ; les enfants courent en bandes après la voiture ; tout le monde est dans la joie. M. Desjardins, père et ami de tous ces villageoïs, et auquel la commune en général et chacun de ses membres en particulier ont des obligations, leur fait voir, avec jubilation, l’évêque étranger qu’il leur a amené et son secrétaire, et, aussitôt que ceux-ci ont mis pied à terre, il se hâte de leur présenter sa sœur, sa bonne sœur, l’ange de sa maison. Raguel n’était se plus transporté de joie que Li, à arrivée du jeune Tobie et de son compagnon de voyage. ”

Les voyageurs laissèrent cette hospitalière demeure avec l'intention d'y revenir de Paris, avec l'abbé Desjardins et monsieur Frayssinous, qui devait prècher à Orléans.

Ils arrivèrent à Paris le premier d'avril, et reprirent leur 10gis au séminaire des missions-étrangères, où ils trouvèrent l'abbé Desjardins, qui y résidait encore occa-

sionnellement, quoiqu'il eût transféré sa demeure principale à l’archevêché et eût été remplacé dans sa cure par M. Desgenettes.

de Réparation d'honneur à la capitale de de la France, ” écrit Mgr. Plessis, en arrivant pour la seconde fois à Paris ; “elle a de plus belles rues que ce journal ne lui en avait d’abord accordé ; preuve qu'on voit mieux à deux fois qu’à une seule. IL ne faut pas croire, au reste, que ces rues, dépourvues de trottoirs, puissent, en aucune manière, entrer en comparaison avec celles de Londres ou même de Turin. * D'un autre côté, les parcs de Londres, qui en sont les plus belles promenades, ne saurait approcher de celles de Paris. ”

Cette fois, l’évêque de Québec put s’arrêter un peu plus longtemps dans la capitale de la France ; il visita avec beaucoup d'intérêt les établissements publics, les institutions de charité et surtout les églises. Il assista à une conférence de l'abbé Frayssinous, alors le premier prédicateur de Paris, et entendit deux sermons de l'abbé MacCarthy, qui tenait la seconde place dans les chaires de la capitale. ‘ Cet abbé MacCarthy, ” fait remarquer Mgr.

Plessis, ” est dans la réalité un père jésuite, car la compagnie de Jésus cherche à se rétablir en France sous le nom de Pères de

* 11 faut répéter : les choses ont changé, et Paris est aujourd'hui la plus belle ville du monde.

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a Foi. Elle en est quitte pour qualifier ses membres de monsieur l’abbé, et pour donner à ses colléges le nom de séminaires.”

L'abbé Barruel, qui était aussi jésuite, s'était réuni à ses confrères, dans leur maison de la rue des "’ostes, où l’évêque de Québec l’alla voir. Le bon abbé était plus convaincu que jamais qu'on était alors redevable aux francs-macons de toutes les plaies qui désolaient l’Europe depuistrente ans. [Il prétendait avoir fait à ce sujet de nouvelles découvertes, depuis la publication de ses mémoires sur l’histoiie du jacobinisme.

Par l'entremise de l’évêque de Chartres, grand aumônier du comte d'Artois, devenu depuis roi de France sous le nom de Charles X, Mgr. Plessis fut présenté à ce prince, qui était alors considéré comme l'ancre de salut des Bourbons. Quant à voir le roi, il u’y songeait point, lorsqu'il apprit que la marquise de Villeray * lui avai:

obtenu une entrevue avee le monarque français, par l'entremise du duc de la Chastre, premier gentilhomme de Louis XVIII L'affaire était si avancée, lorsqu'il le sut, qu'il n’était pas honnêtement possible de reculer. Il fut réglé que ce serait le dimanche trente avril, eni7. le déjeuner du roi et sa messe, que la présentation aurait lieu. L’évêque s’y rendit ponctuell.-

ment. C'était une audience privée ; le roi

Jui parla avec bonté, lui fit des questions

sur l'état de la religion au Canada, se recommanda à ses prieres et le chargea de dire à ses diocésains que leur ancien souverain ne les avait nas oubliés, et que si les conditions stipulées en leur faveur par les traités n'étaient pas observées par l’Angleterre, la France ne manquerait pas de réclamer. Retenu par un reste de goutte, Louis XVIII devait entendre la messe dans ses appartements, où l’on préparait un autel, lorsque l’évêque se retira, satisfait de l'accueil bienveillant qu’il en avait reçu.

Les circonstances l’empêchèrent d'aller passer quelques jours à Messas, comme il l'avait projeté ; mais il eut le plaisir de voir M. Jacques Desjardins, qui vint à Paris se mettre à ses ordres, et lui rendit de nombreux services. Il ne quitta l’évêque que lorsair’ii fut entré dans la diligence et Jui renouvela ces protestations d'estime, de dévouement et de respect, qui ne peuvent être dictées que par un cœur plein de bienveillance et de générosité.

Pendant son séjour à Paris, l’évêque de Québec eut l’occ'sion de rencontrer plusieurs membres des familles canadiennes, qui avaient émigré en France après la cession du pays à l'Angleterre. Le fils du célèbre baron de Léry, dans une lettre écrite

* Madame de Villeray descendait de la famille du sieur Rouer de Villeray, venu au Canada avec M. de Lauzon. Ils'y maria à Québec et devint plus tard conseiller au conseil supérieur. La famille a disparu de la colonie vers le temps de la conquête,

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à ses parents, au Canada, mentionne avec combien de plaisir il avait vu l’évêque du pays où était né son père.

Il était en France un homme que Mgr.

Plessis aurait grandement désiré revoir.

C'était M. Mermet, qui a chanté si neblement la victoire de Chateauguay. Ce poète distingué avait passé plusieurs années au Canada en qualité de lieutenant, puis de capitaine d° 2s le régiment de De Watteville, composé de prisonniers enlevés aux armées françaises durant les guerres de l'empire, et commandé par des officiers légitimistes qui avaient émigré en Angleterre. Après la guerre américaine, le gouvernement anglais avait accordé des terres, sur l’Ottawa, aux officiérs et aux soldats de ce régiment qui voudraient demeurer dans le pays. Bien peu d'officiers profitèrent de cette offre avantageuse ; les autres, après le rétablissement des Bourbons, crurent

ue la fortune leur sourirait en France, et

que le souverain ne manquerait point de récompenser la fidélité des légitimistes.

Un avenir heureux souriait à M. Mermet, homme d’une belle intelligence, sincèrement attaché à la religion catholique et aimé de tous ceux qui le connaissaient.

Ses rapports avec l’évêque de Québec avaient été fréquents et amicaux ; plusieurs fois il avait adressé au prélat de fert jolies pièces de vers. Comme ses compagnons, il crut que la fortune l'attendait en France,

et se décida à rejeter un bien-être certain au Canada pour de grandes espérancesdans sa patrie. L'évèque de Québec s’efforça inutilement de le retenir, en lui représentant que dans un pays nouveau, au milieu de ses nombreux amis canadiens, il était sûr de trouver toujours une position Conrvenable à ses talents et à sa capacité, et u’il lui serait facile de pourvoir au bienêtre de sa famille. A peine fut-il rentré:

en France, qu’il regretta amère 1ent la.

démarche imprudente qu’il avait faite ; le nombre des légitimistes était grand, et il restait peu d'emplois à la disposition du souverain ;, M. Mermet, confondu dans la foule des demandeurs, obtint la croix de Saint-Louis, mais rien de plus. La gêne dans laquelle il se trouva l'afligeait profondément, surtout pour ses deux fils. qu’il aurait voulu rendre capables d’entrer dans l’état ecclésiastique. Il vivait à Marseille dans la retraite et l'obscurité, lorsqu'une lettre de l’évêque de Québec, revenant de Rome, vint lui rappeler ses amis du Canada et hui retracer les moments de bonheur qu’il y avait passés. Sa réponse au prélat est pleine de reconnaissance, d'affection et de respect ;. mais elle est empreinte de:

tristesse et montre une profonde inquiétude pour l’avenir.*

* Lettre de M ].. Mermet à l'évêque de Québec, 27 mars 1820.

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‘J'ai baigné des larmes de la recon naissance,” écrit M. Mermet, ‘* ]a gracieuse épître dont votre Grandeur a bien voulu m'honorer, et après Lavoir lue et relue, je me suis écrié, avec autant de vérité que de vénération : wundè hoc mihi?....….. Ah !

Monseigneur, si je suis si sensible aux marques d'affection que votre Grandeur me témoigne avec tant de bienveillance, j'aime à penser qu’elle voudra bien concevoir toute l’étendue des regrets que j'éprouve si justement, en me voyant privé de la douce consolation de revoir le plus digne des prélats....….. Je sus infiniment sensible, Monseigneur, aux félicitations dont votre Grandeur daigne si gracieusement m’'honorer sur la marque de distinction que le roi m'a accordée, comme la seule récompense de vingt-cinq campagnes et six blessures, reçues sous les drapeaux de la légitimité. J'accepte avec autant d'humilité que de gratitude les souhaits que votre Grandeur daigne m'adresser, et surtout celui qui se rattache à l'espoir d’une vie meilleure : c’est en lisant la pieuse expression de ce dernier vœu que nous avons versé, en famille, les larmes de la plus juste recornaissance.

‘Dans l’épitre que je me permets d'adresser à votre Grandeur, je peins, d’une manière trop noire, peut-être, la situation de la France. Cependant, notré épidémie vient de se communiquer à

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l'Espagne, et je tremble pour l’Europe entière, surtout pour le saint-siége. Si on ne met pas un frein à l’impiété, nous verrons trop tôt l’église gallicane se régler sur l’anglicane, et les autres églises suivre ce torrent dangereux. Alors la main du Tout-Puissant étendra sur nous le voile qui couvre déjà l'Asie et l'Afrique : la religion de notre divin Sauveur fleurira eu Amérique ; Québec peut-être deviendra la capitale du monde chrétien, et le Tout- Puissaut, après nous avoir assez punis, répandra sur toute la terre les bienfaits de la révélation.

‘ Oui, je regrette sincêrement de m'être vu dans l’impossibilité de suivre les sages conseils que votre Grandeur daigna me donner, avec tant de bienveillance, le soir du vingt-six août 1816 : ‘ Croyvez-moi, restez en Canada, ” me disaitelle avec bonté.....Hélas ! j'ai quitté mes amis du Saint-Laurent ; j'ai abandonné cinq cents arpents de terre pour me trouver isolé et sans fortune au sein de mon ingrate patrie...”

Cette lettre était accompagnée d’une épître en vers, dans laquelle le poète chantait les louanges du prélat et rappelait quelques souvenirs du Canada.”

Le premier mai les deux voyageurs quit-

* Des extraits de cette épître seront donnés à la fin de cette notice,

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Le épitre atait les élques rs quit-

la fin de

tèrent Paris pour retourner en Angleierre ; la veille ils avaient fait leurs adieux au vénérable abbé Desjardins, qu’ils voyaient pour la dernière fois, et qui les aurait volontiers accompagnés pour rencontrer, avant de mourir, son frère bien-aimé etses vieux amis du Canada

Perplexités de M. Lartigue—George IV—Départ pour l'Amérique— Arrivée à New-York— Philadelphie—Baltimore—Présentation, à Montréal, de M. Lartigue—Lettre de M. Emery—Passage à Nicolet—Députation des citoyens de Québec envoyée jusqu'à Trois-Rivières —Arrivée triomphale à Québec— 7e Deum d'actions de grâces.

Monsieur Lartique était resté à Londres jusques vers le milieu du mois d'octobre 1819, dans l'espérance d'obtenir une au dience de lord Bathurst, auquel il avait envoyé ses mémoires en faveur du sémi naire de Montréal. Cependant Le noble lord n'avait fait à Downing-Street qu'une courte apparition, dont le député de messieurs de Saint-Sulpice n'avait pas eu connaissance.

A .ssi celui-ci, lassé d'attendre inutilement, alla passer quelque temps chez ses confrères de Paris. Sa santé se trouvait alors si mauvaise, qu’il dut renoncer au projet de faire le voyage de Rome. Au mois de décembre il retourna à Londres, pour presser l'importante re dont il était chargé. Elle

n'avait pas avancé depuis le départ de Mgr.

Plessis pour Rome ; mais du moins le projet de spoliation semblait paralysé par une force mystérieuse. La raison en était que le mémoire, présenté par Mgr. Plessis.

avait fait impression sur l'esprit des ministres, et les avait engagés à suspendre indéfiniment l’exécution d’une mesure qui ouvait avoir de funestes conséquences.

’on fut tellement convaincu, parmi les Sulpiciens, des heureux effets produits par le mémoire de Mgr. Plessis, que M. Roux lui en adressa des remerciements.

Avant de quitter Londres pour se rendre à Rome, l’évêque de Québec avait informé M. Lartigue qu'il avait l'intention de le proposer au saint-siêge pour le gouvernement spirituel du district de Montréal. Ce digne prêtre témoigna une extrême répugnance à se laisser imposer une charge sem! lable ; il consentit entin à l’accepter, mais à la condition expresse qu’il: obtiendrait avant tout l'approbation de M.

Duclaux, supérieur général des Sulpiciens.

M. Duclaux donna son consentement après s'être assuré de celui de M. Roux.

Ges deux messieurs, cependant, comprenaient que le district de Montréal serait détaché du diocèse de Québec, et s'étaient expliqués formellement sur ce point; M.

Lartigue s'attendait lui-même qu'il en serait ainsi; aussi fut-il surpris lorsqu'il apprit que, prur ne point causer d’ombrage à la

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cour de Londres, qui avait exprimé l’inten-

tion de ne reconnaitre officiellement que l’évêque de Québec, le saint-siége s’était contenté de nommer les nouveaux dignitaires, non pas évêques diocésains, mais auxiliaires et suffragants de l'archevêque de Québec.

‘ Vous m’annoncez,” écrivait M. Lartigue à Mgr. Plessis, ‘‘ que vous êtes porteur de deux brefs apostoliques : l’un m'institue évêque d’un lieu dont je n’ai pu déchiffrer le nom, l’autre m'établit auxiliaire, suffragant et grand vicaire de l’évêque ou archevêque de Québec. Vous avez eu raison de penser que je n’apprendrais point cette nouvelle avec plaisir, car je n'aurais pu me résoudre à prêter mes épaules au pénible fardeau de l’épiscopat, qu’autant que j'aurais cru que cette dignité m'aurait mis à même d’être utile à l'Eglise. Or,

ermettez-moi de le dire, avec toute la ranchisequi convient à la critique situation où je me trouve: je suis persuadé que cet arrangement fera plus de mal que de bien, si on le réduit en pratique.”

“ D'abord vous perdez la plus belle occasion que vous pouviez avoir de former votre diocèse en une province régulière de six suffragants, les évêques de Montréal, du Haut-Canada, de la Baie d'Hudson, du Nouvea..-Brunswick, de la Nouvelle-Ecosse et de Terreneuve, dont votre siége de Québec aurait été la métropole. Et c'était

là sans doute votre premier plan... Par les termes de votre dernière lettre, je vois que ce premier arrangement est tout-à-fait mis de côté. Encore si, par une séparation du district de Montréal d’avec le reste de votre diocèse, ce district eût été érigé en vicariat apostolique, comme le sont les divers districts épiscopaux d'Angleterre, cela eùt semblé un acheminement à l’ériger en titre dans un temps plus opportun...

Le but de votre mémoire est donc absolument manqué, et ce n’est pas un petit inronvénient. Ensuite je suis convaincu que ce nouveau plan déplaira à tout le district de Montréal, et particulièrement au séminaire, qui, J'en suis presque sûr, ne me recevra pas comme un de ses membres, si je me présente simplement comme votre auxiliaire.” *

Dans la prévision des grandes difficultés

v’il apercevait pour l’avenir, M. Lartigue sd par supplier qu’on ne lui imposât point le fardeau de l’épiscopat.

Au mois d'avril suivant, il écrivait de nouveau sur le même sujet : ‘ Les choses ne sont donc plus dans l’état où elles devraient être pour valider mon acceptation conditionnelle, dépendante de la volonté de mes supérieurs, qui n’ont consenti à mon épiscopat que comme indépendant du siége de Québec, sauf vos droits de métro-

* Lettre de M. Lartigue à Mgr. Plessis, 24 mars 1820.

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