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avant qu'elle eût été cédée à l'Angleterre.
Ces entretiens influèrent sans doute sur les opinions que M. Plessis se forma touchant le mérite des deux gouvernements. En considérant le système de tracasseries, organisé contre l’église et ie peuple du pays, par quelques-uns des chefs et des employés subalternes qu’y envoyait la cour de Louis XV, lorsqu'elle fut tombée sous le sceptre de la Pompadour, il ne pouvait s'empêcher de reconnaître que, sous Île gouvernement anglais, le clergé catholique et les populations rurales jouissaient de plus de liberté qu’on ne leur en avait accordé avant la conquiûte.
Les rapports entre l’évêque et son secrétaire devaient Ôtre bientôt modifiés, sans être cependantinterrompus. La santé chancelante de monseigneur Briand lempêchait de s'occuper aussi activement, qu'il l'aurait souhaité, de la conduite du diocèse ; il sentait ses forces s’épuiser par les efforts qu'il faisait pour subvenir aux besoins spirituels de son troupeau, et sa conscience délicate s'inquiétait vivement de cet état de choses. En conséquence de ses représentations, le Saint-Siége lui permit de se décharger du fardeau qui l’accablait ; et le vingt-neuf novembre, 1784, le prélat remettait à son coadjuteur le titre et la charge d’évèque de Québec.
Mgr. D’Esgly se hâta d'appeler à son secours un ouvrier plus fort et plus jeune.
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Au Détroit résidait, comme curé et grand vicaire, un respectable prêtre, qui avait été secrétaire du diocèse et supérieur du séminaire de Québec. Prédicateur distingué par sa facilité et son onction, homme recommandable par la pureté de ses mœurs et sa vie vraiment ecclésiastique, M. Jean-François Hubert avait acquis la confiance de son évèque, l’estim. de ses confrère et le respect de ses concitoyens, lorsque son zèle le porta à s'offrir pour la mission du Détroit, fort éloignée de la ville épiscopale, et séparée du centre de la province par de vastes solitudes. Ce fut sur ce prêtre esti.
mable que tomba le choix de Mgr. D’Esglv.
M. Hubert, nommé évêque d’Almyre et coadjuteur de Mgr. D’Esgly, par le Pape Pie VI, fut sacré à Québec, le vingt-neuf novembre, 1786. Il dût fixer sa résidence dans cette ville, et se charger en grande partie de l'administration du diocèse, car l’âge et les infirmités de l’évêque titulaire le retenaient dans sa paroisse de Saint- Pierre.
Dans ces circonstances le coadjuteur fut heureux de profiter de l’expérience et des lumières de M. Plessis, qui avait été promu au sacerdoce le onze mars précédent.
Quoique le nouveau prêtre n’eût encore que vingt-trois ans, telle était l'opinion qu’on avait de sa capacité, que son concours paraissait nécessaire dans l'administration, diocésaine.
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À la mort de Mer. D’Esgly, arrivée en 1788, le coadjuteur prit possession de son siége, et eut occasion d'apprécier de plus en plus les talents et la fermeté de son secré-
taire. En 1789, quelques-uns des officiers | du gouvernement proposèrent de fonder à À Québec une université, qui servirait égale- M ment aux protestants et aux catholiques. |
Ce plan était habilement combiné. pour mettre l'instruction supérieure entre les
mains des ennemis de la race française et
du catholicisme ; il avait surtout pour but d'employer les biens des Jésuites à enlever aux C Mais le voile du bien public était si habi-
lement jeté sur tout ce projet, que lord | Dorchester et l'évêque de Capse, alors coad- | Juteur, étaient tombés dans le piége et L favorisaient puissamment l'institution pro- £
posée.
Aux trames des meneurs, Mgr. Hubert
Opposa une sagesse et une fermeté dignes à d’éloges, et réussit à étouffer la mesure dans 4 son berceau. Il présenta au gouvernement !
un mémoire, dans lequel il demandait # qu'on prit ‘* des mesures pour assurer le Æ collége des Jésuites ainsi que leurs autres À
biens, au peuple canadien, sous l'autorité 2 A , » r Q de l’évêque de Québec” Ce mémoire,
remarquable par la solidité du raisonne-| ment, par la j'istesse des vues et par la clarté |
du style, était le résultat d’une assemblée, . à laquelle avaient assisté l’ancien évêque
anadiens leur langue et leur religion. #
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de Québec, et les directeurs du séminaire.
La rédaction en avait été assignée à M.
Plessis, qui remplit sa tâche à la satisfaction des deux évêques.
Les services rendus par le secrétaire engagèrent son supérieur à le fixer auprès de sa personne, en lui assignant un poste convenable. Un déplorable accident lui en fournit l’occasion deux ou trois ans après.
M. Plessis est nommé curé de Québec,
Le vingt-un de mai, 1792, M. David Augustin Hubert, proche parent de l’évêque et curé de Québec, se noya en allant porter secours à un de ses confrères de Pile d'Orléans. La chaloupe sur laquelle il s'était embarqué était lourdement chargé ; le vent soufiflait avec violence. Ne pouvant tenir contre l'agitation des flots qui menaçaient de la submerger, elle fut dirigée vers la Pointe-Lévi ; mais dans ce changement de route, elle prit une si grande quantité d’eau, qu’elle :ombra près du rivage, vis-àvis du lieu nommé Cabane des Pères. De douze personnes qui étaient dans la chaloupe dix se noyèrent, et parmi celles-c1 se trouva le curé de Québec. Par son zèle, sa charité, sa grande douceur, M. Hubert s'était rendu cher à toutes les classes de la
société ; aussi à la nouvelle de sa mort, les regrets furent-ils universels.
Remplacer un curé si généralement aimé était une affaire fort embarrassante. Heureusement l’évêque de Québec avait, auprès de lui, nn prètre-modèle, qui s'était montré jusqu'alors digne des charges auxquelles il avait été élevé ; l'esprit d’ ordre, l’assiduité au travail, les talents supérieurs et les éminentes qualités qui distinguaient son secrétaire, étaient des garanties qu’il s’acquitterait avec succès de ses devoirs, comme curé de Québec.
M. Plessis n'avait encore, il est vrai, que six ans de prètrise ; mais sa gravité le faisait respecter autant que s’il eût été un vétéran du sacerdoce ; ; Sa jeunesse n’était donc Pas un obstacle à à sa promotion. Ges raisons décidèrent Mgr. Hubert à lui confier la cure de Québec, "tout en le forçant à garder la charge de secrétaire. Le Fe juin 1792, M. Plessis prit solennellement possession de son bénéfice et se livra énergiquement aux pénibles fonctions du ministère paroissial.
Ecoutons les remarques que fait à cette occasion, M. Raimbault, dans l’oraison funèbre du grand évêque. ‘Qu'il est difficile” dit-il, ‘ de succéder à un de ces hommes rares en qui la providence semble avoir réuni les formes les plus aimables aux qualités les plus insinuantes. Des manières affables, des mœurs douces, un
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caractère heureux ont des attraits invincibles ; quelle tâche donc pour un successeur, s’il se montre sous des formes moins faciles ! Chacun ne semble-t-il pas lui
À reprocher ce que la nature ne lui a pas
donné au même degré qu'à son prédécesseur ?.. Et si l’on parvient en pareil cas, sinon à faire oublier l’objet de l'affection publique, du moins à se concilier les esprits et à forcer l'estime et la confiance ;...... il faut, convenons-en, un de ces mérites transcendants qui sont un phénomène plus rare encore que le premier.”
En effet le zèle du nouveau curé à arrêter de funestes exemples, la fermeté inébranlable qu’il déploya dans quelques circonstances diffciles, lui attirèrent, dans les commencements de son administration, des taquineries de la part de quelques individus, qui espéraient rencontrer une main moins ferme dans le jeune curé.
Sans être arrêté par ces misères, M.
Plessis continuait à remplir ses devoirs avec la même exactitude et le même dévoñment. C’est le témoignage que lui rend un homme qui vivait alors dans son intimité.
‘ Quel esprit d'ordre dans l’administration de cette grande paroisse ? Quelle mémoire pour ne rien oublier des diverses affaires auxquelles il avait à pourvoir? Il prévoyait tout, non seulement pour lui, mais encore pour tracer à ses collaborateurs
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leur tâche journalière. Malgré les déplacements presque continuels, malgré un concours varié de personnes et d'événements, il connaissait tous ses paroïissiens par leur nom ; ll savait leurs besoins, leurs affaires ; rien n’échappait à sa sagacité, à sa prévoyance. Assidu au ministère le plus pénible, le tribunal de la pénitence, il était toujours prêt, soit à distribuer le pain de la parole de Dieu dans des prônes méthodiques, pleins de la plus solide instruction, soit à visiter les malades dans les hôpitaux, dans les prisons, soit à concerter avec son évêque les affaires les plus épineuses, à discuter les matières les plus abstraites ; et tout cela sans cesser un seul jour de vaquer quelques temps à l'étude, à une étude analogue à son état.”
En se chargeant de la paroisse de Québec, M. Plessis n'avait pas cessé d'agir comme secrétaire de son évêque. Dans les affaires secrètes et difficiles surtout, la part principale des écritures et de la rédaction lui était acquise de droit. Cependant pour alléger un peu le fardeau, on lui adjoignit un assistant-secrétaire qui était chargé des menus détails du bureau. Ses occupations étaient alors devenues si nombreuses, qu'il y consacrait les journées entières et une partie des nuits. Debout à quatre heures du matin, rarement pouvait-il se mettre au lit avant minuit; et encore, au milieu de son court repos, était-il souvent appelé pour visiter quelque malade.
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Les moments de loisir qu'il pouvait obtenir, au moyen de ses longues veilles, étaient religieusement consacrés à des études sérieuses, surtout à celles qui se rattachent aux fonctions et aux devoirs du prêtre. Tel était son désir d'étendre le cercle de ses connaissances, qu’il s’avisa de consacrer à l'étude une nuit entière par chaque semaine. Son robuste tempérament et sa forte volonté le soutinrent d’abord dans cette entreprise ; mais il dut y renoncer au bout de deux ou trois mois, quand il s'aperçut qu'après une nuit d'insomnie, pendant le jour suivant il perdait à lutter contre Le sommeil autant de temps qu'il avait espéré d’en gagner.
Tout en s’occupant de l'instruction religieuse de ses paroissiens en général, M.
Plessis veillait particulièrement sur celle de la jeunesse, qu’il regardait comme la portion la plus intéressante de son troupeau. Lorsque les enfants qu’il avait préparés à la première communion laissaient les bancs du catéchisme, leur curé ne les oubliait pas ; il surveillait leur conduite, il les appelait auprès de lui pour leur donner des conseils, il s’attachait surtout à leur inspirer de l'éloignement pour ces réunions dangereuses, où au milieu des plaisirs et de l'enivrement de la danse, tant de jeunes gens sacrifie.:t un temps précieux, perdent le goût de leurs devoirsreligieux,et souvent compromettent leur avenir. Ilaimait à leur
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répéter Gans l’occasion ces mots de Saint- François de Sales : ‘ Je dis des danses ce que les médecins disent des champignons :
les meilleurs ne valent rien. Je dis de même, les meilleurs bals ne sont guère bôns..……Ces récréations inconvenantes sont ordinairement dangereuses; elles dissipent l'esprit de dévotion, elles refroidissent la charité, elles réveillent mille sortes de mauvaises affections.”
Pour encourager une saine éducation païrai les classes ouvrières, il fonda des écoles dans les faubourgs Saint-Jean et Saint-Roch, choisit lui-même les maîtres qui y devaient instruire les enfants, et visitait fréquemment les classes.
Lorsque, aux catéchismes ou dans les écoles, il rencontrait des caractères heureux ou des intelligences supérieures, il engageait les parents à placer ces enfants au collége ; si la famille n’était pas en état de fournir aux dépenses nécessaires, alors la bourse du généreux prêtre s’ouvrait plus ou moins largement, suivant que les circonstances le requéraient.
L'église, le barreau et la médecine ont dû plusieurs de leurs membres les plus distingués au sage discernement et à la libéralité du curé de Québec. Quelquefois, lorsqu'il découvrait des talents transcendants, il se chargeait de les cultiver luimême, dans ses moments de loisir. Je citerai ici un exemple de son succès en ce genre.
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Un de ses vicaires l’informa un jour qu’il avait remarqué, en faisant le catéchisme, un enfant plein d'esprit et d'intelligence, mais dont les parents ne pouvaient, faute de moyens, le faire instruire. C’en fut assez pour exciter l'intérêt de M. Plessis; l'enfant lui fut présenté, et se trouva répondre parfaitement au portrait qu'on en avait tracé. Le curé le recut dans sa maison, et lui donna des lecons quand il en eut le temps; au bout de dix-sept mois, l'écolier avait appris toute la grammaire latine, et terminé son cours de Belles-Lettres. Dès lors il entra au petit séminaire et fut mis dans la classe de Rhétorique, où il occupa les premières places, sans néanmoins se fatiguer par le travail. Après ses études, qu'il termina avec distinction, il déclara qu'il n'avait point de goût pour létai ecclésiastique ; et son protecteur lui procura les moyens d'étudier la loi. L'élève de M. Plessis, remarquable par son esprit, sa facilité et son éloquence, brilla dans le barreau et s’éleva rapidement à la tête de sa profession. Cet homme était Rémi Vallières, qui, lorsque l’âge et l’expérience eurent müri son talent, fut appelé à présider l'ancienne chambre d’assemblée, et plus tard à occuper la première place dans les tribunaux, en qualité de juge en chef du Bas-Canada. |
Comme prédicateur, M. Plessis avait des qualités différentes de celles qui distin-
guaient son prédécesseur. Plein de douceur et d’onction, remarquable par ses manières élégantes, M. David Hubert avait un talent particulier pour toucher et émouvoir les cœurs. Dans la chaire le geste de M. Plessis était noble ; s& parole grave, claire, convaincante, était propre à instruire et à éclairer, rarement à toucher. Ses instructions n'étaient jamais bien longues, aussi étaient-elles toujours écoutées par les assistants aveé plaisir et avec une profonde attention.
Au milieu des efforts de M. Plessis pour diriger et instruire ses paroissiens, il s'aperçut que plusieurs d’entre eux échappaient à l'influence de son ministère; c'étaient les quelques familles catholiques d’origine britannique, qui s'étaient établies à Québec. Quoique peu nombreuses, elles avaient droit à la sollicitude spéciale du pasteur ; il devait pourvoir à leurs besoins spirituels, et les protéger contre les séductions de l’hérésie. Le charitable curé voulut se mettre en rapport direct avec elles ; dans,ce dessein et nonobstant ses occupations multipliées, il se livra avec ardeur à l'étude de l'anglais, et grâce à son application et à son heureuse mémoire, il pouvait, au bout de quelques mois, le parler et l'écrire correctement ; jamais cependant il ne put parvenir à le bien prononcer.
Aussi, lorsqu'il prêchait dans cette langue, rencontrait-il quelquefois des oreilles assez
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rebelles, pour ne point saisir le sens de ses meilleurs discours. Il était le premier à plaisanter sur ce sujet; et il aimait à dépeindre lébahissement d’une bonne irlandaise, qui, après avoir écouté les avis qu’il lui donnait en anglais, finit par lui déclarer qu’elle ne comprenait pas le français.
Mort de Monseigneur Briand—M. Plessis prononce son oraison funèbre.
Au mois de juin, de l’an 1794, M. Plessis eut le chagrin de perdre son ancien ami et son protecteur, le vénérable évêque Briand, auquel on donnait le titre de Monseigneur l'ancien, depuis qu'il avait résigné son siége.
Arrivé à Québec, le dix-sept août 1741, en qualité de secrétaire de Mgr. de Pontbriand, M. Briand s'était attaché au Canada, qu’il regardait comme sa seconde patrie, et auquel il avait, pendant cinquante-trois ans, consacré ses talents et son énergie.
Par sa loyauté, son désintéressement et sa franchise, il avait acquis l'estime et le respect des gouverneurs anglais qui s'étaient succédé dans la province; bien souvent il leur avait prouvé par sa fermeté qu'il était capable de défendre les intérêts
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de la religion et les droits de ses diocésains. ‘ De ma vie je n’ai craint homme,” écrivaitil durant sa dernière maladie, à lord Dorchester : ‘je me reproche même, à présent que je suis aux portes de la mort, de ne pas assez craindre Dieu, mon redoutable juge; je sais aimer, mais non craindre.
Les bontés me rendent faible et mou ; les grossicretés et les duretés me trouvent homme et ferme.”
M Plessis fut chargé de prononcer l'oraison funèbre du vertueux prélat, dont, mieux que tout autre, il connaissait le mérite, et il sut s'acquitter dignement de cette tâche. A propos des deux siéges qu'avait soutenus Québec dans l’espace de seize ans, il s’étendit longuement sur les maux qui afiligèrent le pays, pendant plusieurs années avant la conquête ; il montra la providence divine punissant les coupables par les horreurs de la guerre et de la famine, et préservant la colonie des malheurs qui assaillaient alors la France.
Je me contenterai de rapporter quelques passages de ce discours remarquable.
‘ Les désordres qui régnaient dans cette colonies’étaient élevés jusqu’au ciel,avaient crié vengeance et provoqué la colère du Tout Puissant. Dieu la désola par les horreurs de la guerre ; et, ce qui fut considéré par les âmes justes comme un fléau encore plus terrible, l’église du Canada se trouva veuve et sans chef, par la mort
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du prélat qui la gouvernait depuis dixneuf ans. Perspective désolante! Ah! que
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familles chrétiennes ! “add ours je son malheureux sort et s’affligeait de ne pouvoir quitter un pays où le royaume de Dieu allait être détruit pour toujours. Nos conquérants, regardés d’un œil ombrageux et jaloux, n’inspiraient que de l’horreur; on ne pouvait se persuader que des hommes étrangers à notre sol, à notre langage, à nos lois, à nos usages et à notre culte, fussent jamais capables de rendre au Canada ce qu’il venait de perdre en changeant de maitres.”
Après avoir loué la lipéralité et l’'humanité de la nation anglaise, qui venait d'accueillir si généreusement les ecclé-
| siastiques français chassés de l’ancienne
mère-patrie du Canada, par la démagogie et le philosophisme, l’orateur explique les idées du défunt évêque touchant les résultats de la cession du paysà l'Angleterre.
“Bien éloigné de donner dans ces erreurs,” continue-t-il, ‘ Mgr. Briand vit à peine les armes britanniques placées sur nos portes de ville, qu'il conçut en un instant que Dieu avait transféré à l’Angleterre le domaine de ce pays; qu'avec le changement de possesseur nos devoirs avaient changé d'objet ; que les liens qui nous avaient jusqu'alors unis à la France étaient rompus ; que nos capitulations,
ainsi que le traité de paix de 1763, étaient autant de næuds qui nous attachaient à la Grande Bretagne en nous soumettant à son souverain; il aperçut ce que personne ne soupconnait, que la religion elle-même pouvait gagner à ce changement de domination.”
M. Plessis rappelle ensuite les sentiments de profond attachement à la France, qui étaient restés gravés dans les cœurs canadiens ; il applaudit bien sincèrement à ces nobles souvenirs, mais il condamne avec force les aspirations de quelques citoyens qui auraient voulu lever dans la province l’'étendard de la rébellion. Enfin après avoir exposé la doctrine de l'église sur l’obéissance due aux autorités constituées, il continue en ces termes à développer la théorie et la
pratique de Mgr. Briand, à l'égard du gou-
vernement établi.
‘Mgr. Briand avait pour maxime qu'il n’y a de vrais chrétiens, de catholiques sincères, que les sujets soumis à leur souverain légitime. [l avait appris de Jésus- Christ qu'il faut rendre à César ce qui appartient à César ; de saint Paul, que toute âme doit être soumise aux autorités établies...”
‘ Lors de l'invasion de 1775, notre illustre prélat connaissait déjà la délicatesse ou
lutôt l'illusion d’une partie du peuple...
ais il aurait cessé d’être grand, si une telle considération l'avait fait varier dans
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iments ce, qui S Canait à ces le avec toyens ‘Ovince s AVOIr issance ntinue ieet la lu gou-
e qu'il pliques à leur Jésuse qui l, que torités
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ses principes ou dérangé dans l'exécution.
Sans donc s'inquiéter des suites, il se hâte de prescrire à tous les curés de son diocèse la conduite qu’ils doivent tenir dans cette circonstance délicate. Tous reçoivent ses ordres avec respect et en font part à leurs ouailles. Le prélat prêche d'exemple, en
is'enfermant dans la capitale assiégée. Dieu
bénit cette résolution ; le peuple, après quelque incertitude, reste enfin dans son devoir; les citoyens se défendent avec zèle et courage. Au bout de quelques mois un vent favorable dissipe la tempête ; les Assyriens confus se retirent en désordre ; Béthulie est délivrée, la province préservée,
let nos temples retentissent de chants de
victoires et d'actions de grâces...
En retraçant ainsi les vertus et les nobles qualités de monseigneur Briand, M. Plessis dépeignait celles qui le distinguaient luimême. Ferme comme son ami, ainsi que
lui, il honorait sincèrement l'autorité
légitime, et tenait à la faire honorer; soumis aux représentants de la loi, dans
ftout ce qui était de leur ressort, il savait
cependant leur opposer une résistance inébranlable quand ïils essayaient d’empiéter sur les droits de l’église. C'était pour lui un devoir, devant lequel il ne reculait
point, de rendre à César ce qui appar-
tient à César; mais quand les circonstances le demandèrent, il n’oublia jamais les
aparoles de saint Pierre, qu’il vaut mieux
obéir à Dieu que d’obéir aux hommes.
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