‹ Mgr. Joseph-Octave Plessis [microforme]Chapitre 6 sur 44 · ZE E = = = GRR SSE PRET ARE · texte numérisé non relu

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Monseigneur Plessis racontait souvent et gaiment les incidents d'un voyage qu'il avait ainsi fait, avec quelques ecclésiastiques et les écoliers les plus vigoureux de la philosophie. Cet épisode de sa vie d'étudiant avait laissé dans sa mémoire les souvenirs les plus agréables.

A Québec les études du jeune Plessis furent continuées avec un succès extraordinaire. C’est le témoignage qu’en rend un ancien professeur de cette vénérable institution : ‘ L'éducation,” dit-il, ‘‘ qui sert d'ordinaire à cultiver ou à embellir un fonds brut ou ingrat, ne fit que développer les richesses du sien. Avec un esprit naturel et facile, solide et étendu, l'étude n’eut point de difficultés qu’il n’aplanit, point de dégoûts qu'il ne dévorût, point d'obstacles qu'il ne surmontät. Aussi faisait-il des progrès rapides d&'s toutes ses classes ; il eut des compétiteurs et des rivaux, mais aucun je lui disputa la prééminence.”

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Vocation— Entrée dans l'état esclésiastique—Professorat —M. Plessis est nommé secrétaire du diocèse—Sa prêétrise.

Pendant la dernière année de ses études, M. Plessis comprit qu’il était appelé à embrasser l’état ecclésiastique. Quoique bien jeune encore, puisqu'il avait à peine

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déré quel serait le meilleur emploi qu’il pourrait faire de ses talents ; et il avait conclu que c'était dans le sacerdoce qu’il lui serait donné de produire la plus grande somme de bien, pour la religion et la patrie. Après l’église, il aimait la patrie ; et dès lors ce jeune homme, qui allait s'attacher au service de Dieu, était fortement préoccupé de l'avenir de son pays.

Le quatorze août, 1780, au moment où les éleves se préparaient à entrer en vacances, M. Plessis recut la tonsure des mains de Mgr. Briand. Comme six ans devaient s'écouler avant qu'il ne püt être admis à la prêtrise, l'évêque jugea à propos de l’employer dans l'enseignement ; et le nouvel ecclésiastique fut chargé des classes de Belles-Lettres et de Rhétorique au collége de Montréal.

Une mémoire prodigieuse, un goût sûr, des connaissances étendues et variées le rendaient éminemment propre aux fonctions qu'il était appleé à remplir. E:

commençant son cours, il eut cependant la mortification de reconnaître que deux de ses écoliers étaient plus avancés que le

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méprisé, tenait à prendre sa revanche.

Monsieur Plessis se mit à l’œuvre pour réparer le temps perdu ; et au bout de deux semaines 1l avait si bien gravé dans sa memoire les préceptes latinisés du vieux

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grammairien, que, quarante ans après, il en récitait des pages entières sans hésiter.

Les élèves eurent bientôt reconnu le mérite supérieur de leur professeur. Celuici, de son côté, trouvait un plaisir indicible à s'instruire lui-même en se préparant à instruire les autres. Il aimait à s’entretenir avec les grands écrivains du siècle d’Auguste, et avait surtout un goût particulier pour Horace, dont il avait appris par cœur les plus beaux morceaux. Aussi, sa position lui plaisait tellement, qu’il aurait voulu ne la jamais abandonner. Dans les dernières aunées de sa vie, il exprimait son regret d’avoir été arraché à l’enseignement, dont les devoirs s’accordaient si bien avec ses goûts.

Au mois d'octobre de 1783, M. Plessis fut appelé à Québec par monseigneur Briand pour y remplir la charge de secrétaire du diocèse. Quoiqu'il n’eût pas encore reçu les ordres sacrés, messieurs les grands vicaires de Québec et de Montréal avaient une telle confiance dans sa capacité et dans sa discrétion, qu’ils suggérèrent cette nomi nation comme la meilleure qui pût être faite.

Depuis un an, l’évêque Briand, retenu par une grave maladie, ne pouvait plus suivre les affaires comme il l'aurait désiré. Son coadjuteur, monseigneur D’Esgly, était plus âgé que lui et demeurait à Saint-Pierre de l’île d'Orléans ; d’un autre côté, le grand

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vicaire de Québec, monsieur Gravé, avait à exercer d'importantes fonctions au séminaire, dout il était un des directeurs. Ainsi une grande partie des détails de l’administration diocésaine devait retomber sur le secrétaire ; et ces détails étai"nt nombreux et fort compliqués, car le diocèse de Québec s'étendait encore, à cette époque, depuis la Nouvelle-Orléans jusqu'aux côtes du Labrador.

Par sa discrétion, sa régularité et son aptitude aux affaires, le jeune lévite prouva qu’il méritait la confiance entière que lui accordait son évêque. Son respect et son dévouement étaient sans bornes pour le vénérable prélat auprès duquel il vivait; et, chaque jour, il s’efforçait d’imiter ce beau modèle de la vie ecclésiastique qu'il avait devant les yeux. Entre ces deux homines si différents d'âge et de rang, mais si dignes l’un de l’autre, s'établit une profonde sympathie fondée sur la ressemblance des goûts, des sentiments et du caractère.

Sous un maître si habile et si vertueux, M. Plessis se forma aux vertus sacerdotales, et acquit sans vffort les connaissances qui lui devaient un jour servir pour la direction du diocèse de Québec. Dans ses conversations avec le vieil évêque, il recueillait de précieux renseignements, et sur les causes qui avaient amené la chute de la domination française au Canada, et sur les hommes qui dirigèrent les affaires de la colonie

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