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Mgr. Mermillod

Apôtre, disciple du Maître, inébi'anlable dans la croNance, éneqjique dans la mission, portant droit et haut, partout et toujours, l'étendard du Clnist, et consacrant son existence, lieure par heure, au salut des âmes, au triomphe des vérités chrétiennes.

b MERMILLOD.

Gaspard Mermillod est né à Carouge, petite ville bâtie sur les bords de PArve, à deux pas de Genève, dont elle est en quelque sorte l'un des faubourgs.

Les parents du jeune Gaspard, si l'on raisonne au point de vue purement humain, n'étaient pas des privilégiés de ce monde.

Mais ils possédaient le vrai trésor, le seul que les revers et les calamités de la vie laissent intact : une foi catholique solidement assise, et pratiquée sans restriction sous les yeux de l'hérésie victorieuse.

On sait que Genève s'intitule hautement la Rome protestante.

Triste gloire et triste orgueil !

Le 22 septembre 1824-, elle ne se doutait pas qu'a ses portes mêmes venait de naître un enfant de bénédiction, que Dieu destinait à porter la lumière au milieu des ténèbres où elle se plonge depuis trois siècles.

Et comme la Providence donne presque toujours, au berceau des grands hommes,

un signe caractéristique de la mission qu'ils doivent accomplir, le jeune Gaspard naquit le jour de la fête de Saint- Maurice, le soldat chrétien, qui refusa de sacrifier sur l'autel des faux dieux et marcha coura{]eusement à la mort, suivi de sa légion tout entière.

Mgr Mermillod combat le protestantisme comme Maurice combattait l'idolâtrie païenne.

Il le combat sur les lieux mêmes où l'ennemi déploie sa toute -puissance et règne en maître absolu. Plutôt que de faire une concession, il affronterait mille morts, et les catholiques de Genève — autre légion intrépide, excitée par ses exemples et par son zèle — le suivraient au marlyre.

Le jeune Gaspard ne quitta sa famille qu'à l*âge de treize ans, pour entrer au collège mixte de Genève.

Sa mère, chrétienne fervente, avait voulu l'abriter jusque là sous l'aile des

anges du foyer, gardiens bénis de l'innocence et de la candeur.

Gaspard fît donc ses premières études à la niaison paternelle, et reçut l'éducalion religieuse à sa source la plus pure : nous voulons dire qu'il puisa dans le cœur de sa mère principes, croyances et vertus.

Un biographe sérieux, mais légèrement enthousiaste, M. Henry de Yanssay, raconte que le jeune élève, groupant autour de lui tous ses condisciples catholiques, soutenait avec eux contre les collégiens protestants d'énergiques et triomphantes controverses.

Nous croyons que M. de Vanssay ouvre un peu trop vite à son héros la carrière de l'apostolat. Les professeurs du collège mixte eussent évidemment réprimé ces tentatives de conversion, en gratifiant de quelque sévère pensum nos thaumaturges précoces. D'ailleurs, Gaspard, tout en se montrant élève pieux et assidu, était trèsvif et très-espiègle. Il aurait administré plus de soufflets que d'arguments à celui

de ses camarades qui aurait insulté devant lui la reli(jion de sa mère, et sans aucun doute il lui aurait poclié l'œil avant d'essayer de le convertir.

L'anjje de Genève ^ n'avait pas encore conquis cette sérénité dans la force et cette admirable douceur dans le coura(}e, qui ont distingué depuis son caractère sacerdotal.

Il venait de terminer sa classe de quatrième. On l'envoya au ])elit séminaire de Saint-Louis du ^lont, en Savoie, où il déploya tant d'ardeur à l'étude et remporta des succès si prompts et si merveilleux, qu'on le jugea capable, à l'âge de quinze ans, d'entrer en rhétorique.

Ses compositions avaient un cacliet de supériorité qui jetait ses maîtres dans le ravissement. Gaspard cultivait en outre la poésie avec un talent incontestable. On publia de lui, à celte époque, une épître

1, L'archevêque de Toulouse a qualilié ainsi Mgr Mermillod dans une lettre pastorale.

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en vers qui obtint les applaudissements de tous les lettrés de Chambéry '. Elle avait été dédiée par le jeune séminariste à M. Veyrat, écrivain patriote, longtemps exilé, auquel le roi de Sardaigne venait d'accorder sa grâce.

On disait de Gaspard Mermillod qu'il avait au cœur trois amours : l'amour de Dieu, l'amour de sa mère et l'amour de la patrie.

Certes on est poète à moins.

Le ravonnement de ces trois amours devait plus tard couronner l'évoque de Genève de l'auréole éclatante que, dans les siècles passés comme dans le siècle présent, l'histoire met au front des Augustin, des François de Sales, des Fénelon, des Ozanam et des Lacordaire.

L'archevêque de Chambéry, Mgr Billet, prit en affection le studieux et brillant élève. Il le recommanda d'une manière

1. Le séminaire était situé dans le voisinage de cette ville.

toute spéciale à l'abbé Rendu i, un de ses clianoines, qui remplissait alors au séminaire les fonctions d'inspecteur des études, et avait en outre la haute main sur tous les établissements d'éducation du duché de Savoie.

Ce digne prêtre fut pour le jeune rhétoricien l'ami le plus affectueux et le plus dévoué.

Bientôt il y eut entre le maître et le disciple une sorte de transfusion des âmes, qui arriva, si je puis m'exprimer de la sorte, à fondre les vertus de l'un dans les vertus de l'autre, et à les réunir par un merveilleux allia(>e.

Si vous en voulez une preuve convaincante, jetez les yeux sur le portrait qui va suivre.

« Doué au suprême dejjré d'une bonté attirante, qui se rellète sur sa physionomie, il est accessible à tous, il parle à tous

1. Le même qui fat élevé par la suite au siège épiscopal d'Annecy.

leur lan(ja(je, il descend aux conversations les plus familières et les plus pénétrantes. Les liomnies importants des villages sont gagnés par sa simplicité ; l'agriculture, les produits des champs, la valeur des terres, tout sujet prend un charme séduisant sous sa parole, et à son départ d'une paroisse il y a une impression de vertu et de joie qui fait dire que la grâce, la bonté, l'âme de saint François de Sales ont passé par là. Jamais un mot qui puisse blesser la première fibre du cœur ne sort de sa bouche. Tout sujet s'agrandit sous sa parole; l'entretien le plus vulgaire est séduisant, tant il sait l'entremêler des éclairs de son intelligence et des chaudes effusions de la sensibilité de son cœur. Près de lui on se sent ravi par des mots tour à tour profonds et délicats, et il y a sur son front une sérénité qui saisit. Il est un de ces hommes bien rares qui savent conserver, à travers la froideur, l'égoïsme et l'ennui de notre âge, le plaisir charmant de la conversation française. A

ses yeux c'est un apostolat. Il aime à rencontrer ceux qui ne croient pas; sa bonté les {jn^jne et son intelligence les captive. Personne ne sait mieux allier, dans son admirable mesure, l'amour de la vérité et la bienveillance pour ceux qui ne pensent pasconunelui.il saitparler, il sait écouter. Mêlé aux lettres de son époque, il ne reste étranfjer à aucune œuvre qui intéresse le bien. Son nom, ses écrits, son influence traversent les Alpes ; et au milieu de ce prestige qui l'entoure il garde une tendresse de cœur qui ne peut être appréciée (]ue par ceux qui l'ont vu de près. )>

Voilà, direz-vous , un portrait de Mgr Mermillod, tracé avec une délicatesse exquise et une vérité saisissante. Eh bien, non, c'est le portrait de l'abbé Rendu, que nous empruntons à la plume de son ami.

Seulement qui a vu l'un connaît l'autre et la ressemblance est parfaite.

Une lois sa rlictori(pie terminée, Gaspard Mermillod entra au collège des pères

jésuites de Fribour^. A l'âge de vin^jt et un ans, il avait terminé ses cours de philosophie et de théologie. Comme il était trop jeune pour recevoir les ordres, Mgr Marilley, évêque de Lausanne et de Genève, l'envova professer dans ses collèges diocésains. Ce digne prélat , qui devait être, quelques années plus tard, victime de persécutions si odieuses, prit lui-même en amitié Gaspard Mermillod. Il eut le pressentiment direct des services signalés que le jeune lévite pourrait rendre à l'Eglise, et lui accorda une dispense d'âge pour le sacerdoce. Gaspard fut ordonné prêtre à Fribourg i, le 24 juin 1847.

A cette époque il n'y avait à Genève qu'une seule église catholique, sous l'invocation de Saint-Germain. M. Dunoyer, curé de cette paroisse, était le compatriote de l'abbé Mermillod.il l'avait vu grandir,

1. L'année précédente, l'abbé Rendu, son cher et illustre maître, élevé au siège épiscopal d'Annecy, lui avait donné le sous-diaconat sur le tombeau même de saint François de Sales.

il appréciait au plus haut point son talent et ses vertus. On le lui donna pour vicaire sur sa demande.

a Déjà, dit M. Henry de Vanssay, dans la période comprise entre le sous-diaconat et l'élévation aux ordres sacrés, les prédications de l'abbé Mcrmillod, spécialement destinées aux classes ouvrières de Fribourg, avaient laissé entrevoir l'ascendant que cette parole populaire exercerait un jour 1. T>

M. Dunoyer comptait sur l'éloquence de son jeune compatriote pour affermir les catholiques, un peu ébranlés par la persécution des protestants. Le résultat dépassa toutes ses espérances. Non-seulement les premiers sermons du jeune vicaire eurent dans la ville de Genève un succès immense, mais encore l'abbé JMer-

I. Monseigneur Mermillod , évoque d'Hébron, auxiliaire de Genève, étude biographique et littéraire. — Palmé, libraire-éditeur, l8(iS. — Nous empruntons au mérae ouvrage beaucoup des détails qui vont suivre.

millod se révéla comme un écrivain de premier ordre et comme un polémiste infatigable, dans les luttes terribles qui s'entamaient alors au sujet des événements du Sunderbund.

Il s'agissait de défendre les droits de l'Eglise et de s'élever contre l'intolérance inouïe de la Révolution et du Protestantisme.

La première victime de cette intolérance fut Mgr Marilley. Nos contemporains n'ont pas oublié le cri d'indignation du monde catholique, lorsqu'on apprit que le saint évêque était emprisonné par les sectaires.

Ardent, intrépide, et planant sur les ailes de la foi bien au-dessus des coalitions politiques, des hostilités perBdes et des haines violentes, l'abbé Mermillod combattit trois années durant avec un héroïsme dont les protestants eux-mêmes furent émerveillés. Constamment sur la brèche, organisant partout la défense, brisant l'arme de l'ennemi sans jamais

laisser échapper la sienne, il fonda VObservateur catholique, publia brochures sur brochures et dompta l'hérésie par des articles quotidiens et victorieux, par des ripostes pleines de verve et de lo[îique.

Sur lui pleuvaient les condamnations, les amendes; il brava les unes, paya les autres, et triompha définitivement sur toute la ligne.

(( Le vicaire de Saint-Germain, dit le biojjraphe que nous avons déjà cité, fut à la hauteur de sa lâche. Il se jeta dans la mêlée avec une intelli[jence parfaite de sa mission, et, descendant sans hésiter surle terrain où le provoquaient les adversaires de sa foi, il eut le bonheur de les attirer souvent, de commander à leur respect toujours, et de ne les blesser jamais. )>

Voilà certes le plus bel élo{}e qu'on puisse fuire d'un polémiste chrétien.

Bref, la lutte politique eut un terme et le parti radical resta maître de la situation. Invoquant alors vis-à-vis du^rand conseil le principe de liberté même que la Suisse

proclamait, Tabbé Mermillod obtint l'autorisation de construire à Genève une nouvelle éf^lise catholique. Hasard étranfje, ou plutôt signe visible de l'iniervention providentielle, le terrain concédé laissait voir les ruines d'une ancienne forteresse bâtie au xvi^ siècle, par un roi de Prusse, dans l'intérêt des protestants. Sur le dernier vestige des bastions huguenots, on a jeté les fondements de Notre-Dame de Genève, magniGque église gothique située à droite de l'embarcadère, en arrivant de Paris.

C'est le premier monument qui frappe les yeux du voyageur, à son entrée dans la \i\\e de Calvin.

Le grand conseil signa le décret de concession le 2 novembre 1850; mais il ne poussa pas la générosité plus loin, laissant à l'abbé Mermillod et aux Genevois catholiques le soin de dresser le plan de la basilique future, de rassembler les matériaux et de payer les architectes.

— 11 faut aller quêter en France, dit

M. Dunoyer à son vicaire. La grande nation catholique, la fille aînée de l'Eglise ne nous refusera pas son concours fralernei.

Un mois après, l'abbé Mermillod arrivait à Paris et obtenait une audience de Mgr Sibour.

— Mon cher enfant, lui dit l'archevêque, nous avons eu de vos nouvelles, et vous avez combattu le bon combat. Vous recevrez les félicitations de mon clergé comme vous recevez les miennes. Mais ce n'est pas le clergé qui peut remplir entièrement votre bourse de quêteur. 11 faut trouver moyen d'intéresser les fidèles à votre œuvre , ou vous risquez de frapper à des portes qui refuseront de s'ouvrir.

— Je compte beaucoup sur le secours du ciel, monseigneur.

— Vous avez raison, le ciel ne vous abandonnera pas.

Au même instant on vint dire au prélat que M. Desgenettes, curé de Notre-Dame

des Victoires, demandait à lai parler pour affaire pressante.

— Restez, dit l'archevêque à l'abbé Mermillod.

M. Desgenettes entra.

— ' Vous me voyez dans la désolation, monseigneur, dit-il d'une voix émue. Je n'ai plus de prédicateur pour la station du carême. Le prêtre sur lequel je comptais est dans l'impossibilité absolue de tenir la promesse qu'il m'a laite. Voici une lettre que je reçois au dernier moment. Qu'allons-nous devenir?

— Homme de peu de foi ! dit l'archevêque en souriant. Est-ce que la sainte Vierge ne fait pas toujours des miracles pour vous? Tenez, continua-t-il, en désignant l'abbé Mermillod, voici votre prédicateur.

Le vicaire de Saint-Germain de Genève voulut se récrier; l'archevêque lui ferma la bouche.

— Oh ! je devine ce que vous allez me dire !... vous n'êtes pas préparé, je lésais

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bien. Mais voici le cas de manifester hautement cette confiance dans le secours du ciel dont vous nie parliez tout à l'heure. Impossible de trouver une plus belle occasion d'intéresser Noire-Dame des Victoires à votre chère église. Allez, je vous bénis!

Puis se tournant vers le respectable curé.

— C'est chose entendue, monsieur Desgeneltes , emmenez-le.

Voilà comment l'abbé IMermillod débuta dans cette série de prédications éclatantes qui rendirent son nom célèbre à Paris, dans toute la France, et l'on peut ajouter dans l'Europe entière. Ce carême de 1851, prêché à Notre-Dame des Victoires, le posa tout d'abord conmie un orateur chrétien d'un mérite transcendant et d'une onction suprême.

M. Victor Duret, professeur distingué, analysant quelques unes des conférences de l'abbé Mermillod, a donné de son talent

oratoire une appréciation très -juste et très-complète.

(c II est doué, dit-il, dun extérieur qui lui rend tout d'abord son auditoire sympathique. Le son de sa voix répond à cette première impression et va droit au cœur. Ce timbre un peu voilé, mais qui dans l'action prend de Tampleur et de la sonorité, est celui qu'il faut à ces pensées douces, mystérieuses, et parfois à ces jets lumineux, à ces éclosions soudaines d'idées , à ces élancements de l'âme qui caractérisent surtout son éloquence. Le geste, mesuré ou rapide, sobre ou impétueux, semble se promener sur le clavier des passions, depuis la mélancolie ou la tendresse jusqu'à l'enthousiasme ou l'indignaiion, et parfois jusqu'au dédain. Ce geste expressif sculpte toujours son idée ou ses sentiments, tant ils jaillissent de sa nature elle-même, et sont attachés au fond de son être. Il possède à un degré exceptionnel trois choses qui font un orateur de premier ordre: la clarté de la

pensée, la puissance de la parole, la force du sentiment. »

L'abbé Mermillod eut donc sa voie tracée, grâce à Theureuse inspiration de lM{;r Sibour; il put évang[éliser et ramener les âmes à Dieu, tout en les intéressant à l'œuvre si utile de Notre-Dame de Genève, et tout en les faisant participer au mérite de cette grande manifestation du Catholicisme, la plus glorieuse qui ait éclaté dans ce siècle, au sein d'un pays obstinément hérétique et rebelle.

Il prêcha le carême de 1852 à Turin, devant la cour de Sardaigne.

« On vit confondues dans la foule, dit M. de Yanssay, deux reines, mère et femme d'un malheureux prince, qui pour devenir hostile à l'Eglise eut au moins la pudeur d'attendre que ses anges gardiens de la terre fussent remontés au ciel. )>

A l'époque où Pie IX proclama le dogme de riumiaculée Conception, l'abbé Mermillod se trouvait à Rome, en même temps que Mgr Dupanloup. L'évêque d'Orléans

devait prêcher à Saint-André délia Valle. Retenu par une indisposition subite, il ne put se présenter devant les nombreux auditeurs qui l'attendaient. On décida le vicaire de Saint-Germain, pris au dépourvu comme autrefois à Notre-Dame des Victoires, à monter inopinément en chaire. Il prononça un magniûque discours, qui fut suivi de la conversion au catholicisme d'une femme de haut rang et de haute naissance.

Au milieu de cet apostolat continuel, Tabbé Mermillod trouvait moyen de publier une foule d'écrits, et de les publier à l'heure utile. On admire dans les Annales catholiques de Genève une série d'articles portant sa signature et dont la touche est vraiment magistrale. Ils se distinguent par une expansion de foi radieuse, par une sensibilité profonde qui remue le cœur, et par une dialectique vive et serrée qui entraîne l'esprit, en dissipant jusqu'à l'ombre du doute. Son livre sur la Perpétuelle virginité de la Mère

du Sauveur, en réponse aux blasphèmes des protestants, des philosophes rationalistes d'Allemagne et des libres penseurs de France, est un chef-d'œuvre. Il se termine par ces pieuses et solennelles paroles :

f( 0 Marie ! Vierge immaculée ! je viens d'écrire ces lignes; je vous prie de me les pardonner. Elles ne sont dignes ni de vous ni de votre Fils.

« Des enfants ingrats essayent vainement de vous jeter l'outrage. Le ciel admire vos grandeurs, la terre les chante. A cette heure la peinture, l'architecture, l'harmonie vous célèbrent et vous glorifient. Sur cette terre qui vous a méconnue, des colonnes se dressent, les pierres s'élèvent, et notre cité prend sa place i dans ce concert qui redit vos grandeurs.

(( Agréez ces pages ; ce sont quelques fleurs que j'ai glanées çà et là dans les

1. La basilique de Notre-Dame de Genève était alors en pleine voie de construction.

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champs de la science, heureux de les effeuiller à vos pieds comme un témoijjnage de ma foi. Vous n'avez pas besoin de notre défense, les clameurs de vos ennemis ne vous atteignent pas. Mais nous, nous avons besoin de protester contre des paroles antichrétiennes, et de dire qu'a Genève les âmes qui croient à la divinité de votre Fils croient à la virginité de sa Mère ! »

Au moment où l'abbé Mermillod venait de publier ce livre, un fait étrange se passa dans la petite ville de Divonne i. Quatre ministres protestants, MM. Bungener et Jacquet, de l'Eglise nationale de Genève: M. Guers, de l'Eglise libre de la même ville, et M. Bois, ministre du culte réformé à Valence (Drôme), eurent l'aplomb de provoquer à une conférence publique quatre prêtres de l'Eglise romaine, avec l'espoir insolent de les battre dans la discussion et de les confondre.

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