‹ Mgr Seghers, l'âpotre de l'Alaska [microforme]Chapitre 5 sur 52 · I. — ORÉGON · texte numérisé non relu

I. — ORÉGON

Le vaste territoire compris entre le Pacifique et les Montagnes Rocheuses, du 42° au 54°40° de latitude, était désisr6 autrefois sous le nom générique de Territoire de l'Orégon (1. La nature y étale avec complaisance toutes ses grandeurs sauvages, dans les hautes cimes des Montagnes Rocheuses, dans les falaises abruptes qui bordent les côtes, dans les vastes vallées, dans les forèts puissantes et les prairies sans limites, dans les rivières gigantesques, tombant parfois en cataractes grandioses au fond de ravins encaissés.

Dans ces bois impénétrables, dans ces plaines, dans ces vallées, vivaient il Y a cinquante ans, des peuplades, nombreuses encore, mais en butte déjà aux maux qui devaient les décimer ‘apidement.

Les Indiens pouvaient autrefois, dans le dur climat de ce pays, se procurer une abondante nourriture et les fourrures molles et chaudes, peaux de castor et de grands fauves, qui leur donnaient pour l'hiver un vêtement confortable. Mais depuis que la traite des pelleteries s’est établie dans ces contrées, les fourrures sont

devenues rares, et les malheureux indigènes en sont presque

(1) Cette dénomination a été restreinte plus tard à un partie de ce territoire, aux rives du Fleuve Orégon ou Colombie.

Pays et populations.

Mœurs.

Langues,

privés. Les plus pauvres n’ont souvent pour tout vêtement qu'une: chemise et une couverture.

Les demeures ne sont guère moins misérables. Dans presque tout le pays, les habitations sont des cabanes de quinze, vingt, vingt-cinq pieds de longueur, et larges en proportion. Sur des murs de trois ou quatre pieds de haut, s'élève un toit couvert d'écorce de cèdre. Il n’y à point de cheminée; le feu se fait au milieu de la loge, dans un bassin creusé en terre; la fumée s'échappe par une ouverture dans le toit.

Les sauvages vivent, en général, de chasse et de pèche. Leur nourriture ordinaire est le saumon, l’esturæeon, le canard, l’'outarde, le chevreuil et le cerf. Ils font usage aussi des fruits des champs, surtout de la racine de camace, espèce d’oignon dont les prairies abondent.

Les Indiens de l'Orégon se partagent en nombreuses peuplades : leurs usages, leurs mœurs, leurs langues, les traits mème de leurs visages sont différents. IL v à presque autant de nations et d'idiômes que de lieux, On en compte vingt-cinq ou trente; d'après d'autres, il faudrait distinguer plus de cinquante peuplades et autant de langues.

Les langues Indiennes sont riches en expressions belles et imagées, mais elles n'ont pas de mots pour exprimer nombre d'idées, surtout, comme il est naturel, en matière d'arts, de sciences et de religion. Chose frappante, ces peuplades possédent des mots pour désigner tous les vices et toutes les mauvaises passions de l'âme, mais n'en ont point pour nommer les vertus, et fort peu pour les actes intérieurs et spirituels. C’est là une immense difficulté pour les missionnaires, obligés de créer des mots nouveaux, en ces langages si nombreux et si différents. Heureusement un jargon, composé des mots principaux de la langue des Indiens Chinouks, avec quelques mots francais et anglais,

levr vient grandement en aide. Ce jargon est compris, dans

presque toutes les tribus, par ceux d’entre les Indiens qui se trouvent plus fréquemment en rapport avec des étrangers. Nous pourrions, peut-être, comparer ce phénomène à celui, bien connu, de la langue des ports que parlent les matelots du monde entier.

Les sauvages de l'intérieur sont d'un caractère doux et sociable; ils sont pourtant vindicatifs; ils sont intellisents et spirituels, mais un peu indolents; ils croient à l’immortalité de l'âme, et à une autre vie, bonne ou mauvaise, selon qu'on le mérite; mais ils se font un paradis ou un enfer à leur maniere : un lieu d'abondance ou de disette. Leurs mœurs sont plutôt pures, pour des nations réduites aux seules lumières de la raison. Ils ont une idée suflisamment distincte du bien et du mal; la conscience publique désapprouve et condamne le vol, l’adultere, l'homicide et le mensonge. La polveæamie elle-même est plutôt tolérée qu'approuvée.

L'esclavage est universellement répandu parmi ces Indiens. Les esclaves font presque toute la besogne: ils ne sont pas fort maltraités ; mais quand ils deviennent vieux et inutiles, on va jusqu'à les laisser périr de misère et de faim. Outre les esclaves-nés, il en est beaucoup qui, libres autrefois, sont tombés dans l’esclavage par le sort des armes. Les prisonniers de œuerre, eussent-ils été chefs dans leur nation, deviennent esclaves chez leurs vainqueurs. Le plus souvent, toutefois, ce sont les enfants des vaincus qui subissent ce triste sort. Les guerriers cherchent à surprendre et à tuer les parents, pour enlever les enfants et en faire des esclaves. On va jusqu'à entreprendre des guerres pour s'en procurer.

On ne trouve guère de traces de culte publie parmi ces nations. Il y a quelques croyances; mais tout se réduit à des traditions visiblement dénaturées et très obscures. On croit pourtant y reconnaitre des traces de la tradition du déluge et mème de la rédemption. Les jongleurs, où derins, ne sont pas les ministres

d'un culte; c’est presqu'uniquement à l'égard des malades que

Caractère ; idées morales et religieuses.

Canadiens et Indiens demandent des missionnaires

s'exerce leur action. On permet facilement, avec empressement même, au jongleur de faire son incantation, mais malheur au charlatan, si le malade vient à mourir. Ce sera lui qui en aur: été la cause : il aura fait la mauvaise médecine.

Telle était la situation matérielle et morale des indigènes de l'Orégon au moment où les premiers missionnaires pénétrerent parmi eux. Depuis lorx, les Blancs ont afflué dans ce pays; l'on y vit surgir des bourgades sans nombre,et quelques grandes villes, dont la plus importante est Portland, sur la Wallamette, non loin du confluent de cette rivière avec le fleuve.

Jusqu'au commencement de ce siècle, le Blanc n'avait guère exploré l'Orégon; c'est à peine si l'on se rendait compte de l'existence de ce pays.

Cependant la Compagnie de la Baie d'Hudson y avait deviné de grandes richesses à exploiter. Les fourrures d’une faune innombrable et variée, les richessés du sol et de la végétation y avaient attiré ces hardis commerçants. Parmi eux, dès 1805, se trouvaient plusieurs Canadiens catholiques.

En 1824, un homme de grand mérite, Mac Laughlin, fut nommé gouverneur des postes de la compagnie; il avait sa résidence à Fort Vancouver (1). Il autorisa un certain nombre d'agents qui avaient achevé leur terme, à se marier et à s'établir dans le pays, surtout sur la rivière Wallamette.

D'autre part, des Indiens Iroquois, dont les pères avaient

embrassé la Religion, près de deux siècles auparavant, en 1642,

(1) Le célèbre navigateur Vancouver a donné son nom à plusieurs points géographiques : Fort Vancouver, sur le fleuve Colombie: île Vancouver, sur la côte du Pacifique; détroit de Vancouver à quelque distance au Nord de l'ile, etc.

, étaient venus en IS8I1, avec une expédition du capitaine Hunt, s'établir en Orégon; ils avaient parlé aux Tètes Plates de la Foi catholique et des « hommes de prière ». Les indigènes conçurent un vif désir de recevoir parmi eux ces envoyés de Dieu.

En 1831, ils envoyérent une députation à S. Louis (Missouri), pour voir si ce qu'on leur avait dit de la religion était exact, et pour deinander des missionnaires. Les malheureux envoyés devinreut malades à leur arrivée, et les derniers d’entre eux expirèrent à S. Louis, après avoir reçu le Baptème. Une nouvelle députation fut envoyée en 1835 : un Iroquois se chargea de porter la demande des indigènes. Il arriva à S. Louis; toute sa famille reçut le Baptème ; l'infortuné messazer fut tué par les Sioux dans un second voyage, en 1837.

Les Indiens ne se découragérent point : en 1839, une députation de deux Iroquois partit encore pour S. Louis. Elle fut plus heureuse que celles qui l'avaient précédée, et put apporter la nouvelle que, l’année suivante, des prêtres viendraient.

Mais déjà les Canadiens fixés dans le pays avaient, eux aussi, senti le désir d'avoir un ministre de Dieu par.ni eux : le 3 juillet 1834, puis Le 23 février 1835, ils avaient écrit en Canada pour obtenir la satisfaction de leur pieux désir. L'Evèque de Juliopolis, Mer Provencher, désireux de les aider, demanda passage pour deux prêtres sur les canots de la Compagnie de la Baie d'Hudson. Des difficultés furent suscitées par les Protestants; le temps se passa en négociations, jusqu'à ce qu'enfin, en avril 1838, l’Archevèque de Québec, chargé par Rome de pourvoir aux besoins spirituels de ces abandonnés, obtint passage pour deux prètres. Il fit choix de M. F.-N. Blanchet, alors curé des Cèdres, à Montréal, et lui conféra les pouvoirs de Vicaire Général. Son compagnon de voyage devait être M. Modeste Demers, qui, dès 1837, avait pris les devants jusqu'à la Rivière Rouge.

Cependant les Protestants avaient envoyé de nombreux mis-

Arrivée des premiers missionnaires.

sionnaires : en 1834 des Méthodistes; en 1836 des Presbytériens ; en 1837 encore des Méthodistes ; en 1838 encore des Presbytériens ; enfin un Anglican; si bien qu'avant l’arrivée des missionnaires catholiques, retardés par toutes sortes de difficultés, 11 y avait vingt-neuf ministres protestants à Fort Vancouver!

Les deux premiers missionnaires de l'Orégon entreprirent leur long et pénible voyage le 3 mai 1838. Parti de Lachine, non loin de Montréal, passant de rivière en riviere, et de lac en lac, M. Blanchet arriva le 6 juin à la Riviere Rouge, où il trouva son compagnon de voyage. Partis ensemble en canot, le 10 juillet, ils traversérent le lac Winnipeg, remontérent, avec une flottille de onze bateaux, la rivière Saskatchewan, jusqu’au fort Edmonton; puis, à cheval, ils firent route vers la rivière Athabas-a, et, par la riviere, à Jaspars house. Ils s'engagèrent dans les Montagnes Rocheuses en septembre, et, le 14 octobre, ils célébrèrent pour la premiere fois les saints mystères en Orégon, au sommet d'un pic; ils se consacrérent à la Reine des Anges, implorant son assistance pour le reste de leur pénible voyage. Ils arrivèrent bientôt au fleuve Colombie, et passant par les Dalles de la Mort, Colville, Okanagan, Wallawalla et les Dalles des Cascades, ils atteignirent Fort Vancouver le 24 novembre Ge la mème année 1838.

Durant tout leur voyage ils instruisaient les populations parmi lesquelles ils passaient ; ils eurent le bonheur de conférer 122 fois le baptème à l'Est des Montagnes Rocheuses, et 1735 fois durant tout le voyage.

Deux années plus tard, le missionnaire promis aux Tètes Plates arrivait : c'était le célèbre P. De Smet, notre compatriote. Celui-ci se borna pour le moment à faire une reconnaissance, et après deux mois il retournait à S. Louis, demander du renfort. Il revenait l’année suivante, en 1841, avec les Pères Mengarini et Point, et fondait la mission de S'‘-Marie aux Têtes Plates, à deux

cents lieues environ de Fort Vancouver.

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MM. Blanchet et Demers parcoururent le pays en tout sens; ils évangélisérent Vancouver, Cowlitz, Wallamette et bien d’autres localités.

En 1842 les missionnaires se rencontrérent pour se concerter. Le P. De Smet repartit pour S. Louis; puis il s'embarqua pour l'Europe. Pendant son absence, en juin 1842, M. Demers, appelé par les Indiens de la Baie Puget, s'y rendit, et poussa jusqu'au Lac Stuart, près di 55° de latitude. IT n'était pas revenu de ce voyage de neuf mois, que de nouveaux renforts étaient arrivés : les Pères De Vos et Hoeken étaient venus de S. Louis, et deux prêtres, MM. Langlois et Boldue, venaient du Canada. M. Demers revint des régions du Nord en avril 1843. Pendant ces cinq années, MM. Blanchet et Demers avaient conféré le baptème à 2666 personnes.

Le 31 juillet de l’année suivante, fête de S. Tonace, l’/4fatigable franchissait la terrible barre qui rend si dangereuse l'entrée de la Colombie. Il avait à bord le Père D: Smet revenant d'Europe avec les Pères Accolti, Vercruysse, Varalli et Nobili, ainsi que six Sœurs de Notre Dame, de Namur. La mission se développait sous la protection divine, et donnait les plus belles espérances.

Voici un fragment de statistique pour 1844 :

Sauvages, environ 200,000

» chrétiens 6,000 Canadiens 1,500 Américains 10,000 Cultivateurs canadiens 200 Missionnaires canadiens + Jésuites 9 Religieuses (Sœurs de NX. D.) 6

Un collège Un couvent Chapelles 12

Erection du Vicariat apostolique d'Oréron.

Les Indiens des Etats-Unis.

Cependant, le 1° décembre 1843, le Saint Siège, à la demande de l'archevêque de Québec, avait érigé l'Orégon en Vicariat Apostolique sous l'autorité de Mgr Blanchet, qui reçut le titre d'Evêèque de Philadelphie ï. p. 1., puis de Drasa. Cette nouvelle n'arriva en Orégon qu'une année plus tard, le 4 novembre 1844. Mgr Blanchet devait être consacré à Québec. Plutôt que de faire le long et difticile voyage à travers le Continent, il prit, le 28 novembre, un bâteau faisant voile pour l'Europe, traversa le Pacifique du Nord au Sud, doubla le Cap Horn, arriva à Londres. Il reprit la mer à Liverpool sur un steamer de la ligne Cunard, et parvint au Canada le 24 juin, après un voyage de 7,522 lieues. L'Archevêque de Québec était en voyage; Mor Blanchet se fit consacrer à Montréal, La cérémonie eut lieu le 25 juillet. Le missionnaire s'empressa de repartir pour l'Europe, en quête de prètres et de religieuses. Son voyage à travers notre continent fut un triomphe. Le Saint Pere lui accorda plusieurs audiences. Il conquit les sympathies de Louis Philippe, qui voulut le voir par trois fois ; il fut reçu par le Roi et la Reine des Belges, par le Roi de Bavière et l'Empereur d'Autriche. Il repartit enfin de Brest, le 22 février 1847, sur l'ÆVoile de la ner, un navire qu'il venait de bénir et auquel il avait donné ce beau nom. Il amenait vingt-et-un auxiliaires : 3 Pères et 3 Frères Jésuites ; 5 Prètres, 2 sous-diacres et un tonsuré séculiers; et 7 Sœurs de Notre-Dame, de Namur.

La belle mission qu'il avait fondée, entrait dans l'ère de sa

prospérité : c'était l'œuvre de neuf années !

Ajoutons un mot sur la situation actuelle des Indiens aux Etats-Unis.

Il'en existe dans ce pays environ 260 tribus différentes, variant de 40 à 16,000 âmes, et formant un totai de 300,000 âmes,

femmes et enfants compris.

MoOXSEIGNEUR BLANCHET

Premier Archevêque d'ORÉGoN.

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On ne leur reconnait point les droits dont jouissent les citoyens blanes et noirs; ils sont sous le contrôle absolu du gouvernement. Comme s'ils étaient des enfants, ils sont mis sous tutelle; on administre leurs biens. Le terrain sur lequel ils peuvent vivre est nettement délimité; ces régions sont nommées Æéserres Jndiennes. Elles varient en étendue d'après le nombre des membres de la tribu. Les unes comprennent quelques centaines d’acres à peine, tandis que d'autres ont une étendue considérable. Des agents qui, avant 1870, étaient nommés par le gouvernement, ont à gérer tous les intérêts de la tribu. L'Indien ne peut quitter le territoire qui lui est assigné, il ne lui est loisible de traiter aucune affaire, d’avoir aucune communication avec les autres Indiens ou avec les Blancs, sans l'autorisation de l'agent. Les prétentions de lOfMice indien s’étendent même à empêcher toute visite ayant pour but l’enseignement de la religion, fût-ce de celle que les Indiens auraient adoptée depuis longtemps, dans laquelle leurs enfants auraient été baptisés et leurs pères seraient morts. Depuis de longues années, l'Eglise catholique avait des missions dans 38 tribus, dans lesquelles tous les Indiens, ou la grande majorité de ceux-ci, étaient catholiques. Quand, à la suite du Indian Peace Policy du Président Grant (1870), la nomination des agents fut confiée aux églises, l'Eglise catholique aurait dù se voir attribuer le soin de ces peuplades, mais huit seulement de celles-ci lui furent reconnues; les autres furent données aux protestants. C’est ainsi que 80,000 Indiens catholiques, confinés dans leur réserve, furent arrachés à l'Eglise.

Cet arbitraire révoltant souleva souvent des protestations indignées; citons ces lignes du Nex-Jork Freeman Journal:

« Les Indiens, déjà instruits et baptisés comme catholiques, ont été partagés entre diverses confessions. Dans un territoire où

il n'y à pas un seul Indien méthodiste, une réserve a été livrée

à cette secte, et dans cette réserve se trouvent des milliers d'Indiens catholiques. Les missionnaires, qui, par les aumônes recueillies en Europe au profit de l'Amérique, ont christianisé ces pauvres Indiens, sont expulsés des stations fondées par eux. Il est difficile de croire que cela soit possible; et pourtant cela est. Les documents authentiques qui le prouvent, ont été plus d'une fois entre les mains du général Grant. Il est horrible de penser que ces Indiens, qui ont des âmes aussi immortelles que celles des Nègres récemment émancipés, soient divisés par troupeaux et soumis à toutes sortes de pasteurs, sans égard pour leurs propres désirs et pour leurs convictions (1). »

Les ministres protestants peuvent compter sur la toute-puissante intervention du gouvernement, qui fonde leurs écoles, bâtit leurs églises et octroie de larges subventions à leurs ministres. Les catholiques ne peuvent guère s'appuyer que sur leurs propres forces et sont, de plus, livrés à l'arbitraire des agents. Souvent ceux-ci poussent le mauvais vouloir jusqu’à défendre aux prêtres catholiques d'accéder au désir des peuplades indiennes, qui réclament leur secours.

Afin de lutter contre ces causes d’infériorité, les catholiques des Etats-Unis créèrent le ZBureau indien. Xe but de cette institution est de recueillir des fonds, de surveiller la conduite des agents, et d'en appeler, s'il le faut, à l'autorité supérieure où au jugement de l'opinion publique. L'action du Bureau fit redresser bien des griefs, et assure l'existence à de nombreuses missions. Ses ramifications s'étendent à travers tous les Etats-Unis, et des homimes dévoués, des dames zélées, se chargent de recueillir des fonds ‘ans les grandes villes d'Amérique. Plus d’une fois, des pétitions

formulées par les Indiens furent présentées par le Bureat aux

(1) Vex-Fork Freeman Journal du 14 décembre 1872.

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