H.I'VI^S
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Le village semblait dormir, désert et morne, us lo poids de cet après-midi d'août, sous tte llambloyante chaleur qui avait éparillé tout le monde aux champs.
C'est qu'il faut profiter vite des belles umées, au pays de Thiérache, humide 1 de bois, de sources et de marécages, de la Belgique et peu gâtée par le leil. Cn coup de vent soufflant du nord, :ie tournasse de pluie arrivant des Ardennes, ot les buriots de blé ont bientôt fait de verser, la paille en l'air et le grain pourri dans la glèbe. Aussi, quand le ciel bleu permet de rentrer la moisson bien sèche, tout le monde quitte la ferme et s'égaillÉLà la besogne. Les vieux, les jeunes, jusqu*5ïix infirmes et aux b^ncroohes, tout le monde s'y met et personne n'est de trop. Il y a de la peine à prendre et des services à rendre pour qui-
conque est à peu près valide. Tandis que les hommes et les commères ahannent aux rudes labeurs, les petits et les marmiteux sont utiles pour les œuvres d'aide, étirer les liens des gerbes, râteler les javelles éparses, ramoyer les pâmes cassées par la corne des fourches, ou simplement émoucher les chevaux, dont le ventre frissonne et saigne à la piqûre des taons et dont l'œil est cerclé de bestioles vrombissantes.
Ces jours-là, il ne demeure au logis que les très vieilles gens, les impotents qui ne sauraient plus même aller jusqu'aux premières haies derrière les granges. Chacun chez soi, devant l'âtre toujours braisillant malgré l'été, lis chauffent silencieusement leurs maigres carcasses. Les anciens fumaillent à petits coups leurs petites pipes coiffées d'une calotte de cuivre. Les aïeules tricotent d'interminables bas. Tous, à croppetons, les coudes aux genoux, les regards perdus dans les charbons rouges, l'haleine menue, le
M larka
menton branlant, ils ruminent leurs souvenirs, et se revoient faisant la moisson, eux aussi, et regrettent le bon temps où ils prenaient à bras le corps les bçlles moyes de blé t(5ïltes^ brûlantes de soleil.
Ainsi, les vieux se remémorant à la muette leur jeunesse et les jeunes travaillant au loin dans les campagnes, le village dormait aban-