‹ Michel Cervantes drame en cinq actes, en versChapitre 58 sur 90 · LE MARQUIS, CERVANTES · texte numérisé non relu

LE MARQUIS, CERVANTES

LE MARQUIS

Allons, écoutez-moi, Monsieur, sans défiance.

Loi» que votre malheur réjouisse mes yeux,

Le but de ma visite est tout officieux.

Le respect pour le prince est une chose grave,

Ce n’est pas une loi qu'impunémenlou brave,

Et là, dans le palais mettre flambage au vent!...

On vous mènerait loin, — très-loin, — en poursuivant L’alTaire avec rigueur, je ne puis vous le taire;

Ce qui tient au palais est dans mou ministère,

Et »i j’usais des droit* à ma charge commis...

Oui, j'ai donné »ur moi prise à me> ennemis; L'honneur inc fit entendre un trop puissant langage ; Usez donc. Monseigneur, d'un si noble avantage.

LE MARQUIS

Ce n 'est pas mon envie ; et même il se pourrait Qu'à vous tirer d’ici l'on me trouvât tout prêt ;

Qu’on vous eût arrêté. . seulement pour la forme.

Mais il est bon d'abord, Monsieur, que je m'informe D'un détail qui réclame au plus tôt le grand jour.

Votre fille, avec vous introduite à la cour.

Et portant dans ce lieu »a candeur ingénue,

A dit que la comtesse était chez vous venue.

CERVANTES, *»ee vite indigoOiiwi cootenN,

Et vous voulez...

LE MARQUIS

Je veux, mais sans détour aucun.

Savoir ce qu'avec vous on avait de commun.

Il faut, il faut, Monsieur, tout nettement répondre.

CERVANTES, «>cc énergie e< Jointe.

Avec qui donc alors m'auz-vous pu confondre?

Allons! dans un refus je vous vois retranché;

Tout comme 11 vous plaira : pour vous j’en suis lâché.

Ce regret. Monseigneur, sans doute il est sli cêrej ; Aussi, de vous presser, il n'est pas nécessaire

MICHlil. CERVANTES.

SI

Pour que dans ma prison ma fille obtienne accès. Si je l'ai mérite, faites-moi mon procès;

Mais ma fille a besoin de la voix paternelle;

Elle a besoin de moi, comme j'ai besoin d’elle.

LE MARQUIS

Elle est en sûreté, c'est le point important.

Je n’ai pn, Monseigneur, l'embrasser en partant, La consoler, lui dire un mot qui la rassure.

LE MARQUIS

On s'en charge.

Écoute* le cri de la nature.

C'est un pénible effort que sur moi je ferai; Mais s’il faut supplier, eh bien! je supplierai! Il u'est pas de venons, il n’est pas une grille Q:n ne laissent passer les baisers d une fille.

LE MARQUIS

O.i verra.

Cher trésor, hélas! je t’ai perdu.

Oh! l'on ne voudra pas que tu me sois rendu;

Leurs filets, mon enfant, tout prise dans leurs mailles.

(Regardant à drvtl(-)

Le voilà, ce palais; les voilà, ces murailles A qui mon cœur brisé te redemande en vain !

0 toi seul juste et bon, ô Dieu! juge divin,

(Apmtviat Jg*éU.)

Rcnds-la moi... Ciel!...

SCÉNK IV.

Las mêmes, JOSÉFA. LA COMTESSE.

A , «Mraul par U fcind «>K U comteue. et tVlufAMt ter, Orv«nl«t.

Mon père * !

0 prodige ! à miracle !

(il U ptrtM d*a* »M b**»-)

Jo-éfa !

LE MARQl'IS, à part.

Que veut dire?...

JOSÉFA.

Est-il aucun obstacle

Que Dieu, dès qu'il lui plaît, ne puisse renverser?

Quand j'invoquais son nom, il daigne m'exaucer!

Mais dis. . par quelle route a-t-il su te conduire?

jostra.

Apprenant mon malheur, à mes yeux je vois luire Comme un éclair. La reine allait sortir : je cours.

Je m'élance; à ses pieds, implorant son secours.

Je me jette. • — Madame, oh! pitié! » m'écriai-je;

• Vous avez du pouvoir le plus beau privilège;

• Sut tout vous protegex les filles sans parents.

« Mou père... on me l’a pris ; dites: Je te le rends!

« Ou, si la geôle encor tarde à lâcher sa pi-oie,

« Au moins, sans différer faites que je le voie; h Car je n'ai que lui seul! * Oh! je ne tremblais pas!

Ma parole était terme aussi bien que mes pas

• — Celte enfant a raison, » dit une you auguste;

« Elle veut voir son père, et sa demande est juste.

« Comtesse, à la prison sur-le-champ me nez-la;

« Je l'ordonne. ■* Elle dit, mon père, — et me voilà!

Que le ciel envers elle acquitte notre dette !

LE MARQUIS, à p»rt.

Maison ne peut donc plus compter sur l'étiquette!

JOSÉFA, à U cohiUnS*.

l’n tel ordre, Madame, est une douce loi,

N’cst-ce pas?

LA COMTESSE

Tout entière aux soins de mon emploi Quand la reine a parlé...

Volonté tutélaire!

LA COMTESSE

Profitrz-en, Monsieur. Même, s'il peut vous plaire D’être seuls tous les deux... car je juge combien Le tête à tète est doux pour un tel entretien...

Que votre peine en soit d'nutaul mieux adoucie.

(Montrant la droit»!.]

Vous pouvez...

En effet... et je vous remercie.

J'attendrai le dépôt à ma garde commis.

CERVANTES, à part.

A sa garde !

(Onautas et Jo*Af» «ortent pu la droite, ae artoad plia.)

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