PREFACE
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Dans la vie de Cervantes que M. Viardot a placée en tète de sa fidèle et savante traduction de Don Quichotte, on lit ce qui suit :
« Malgré l’humilité de sa position militaire, que son mérite seul pouvait relever, à défaut de la fortune, Cervantès se loue de son séjour en Portugal, où, pendant les quartiers d’hiver, il était admis dans les cercles les plus distingués. Il eut alors, d’une dajne de Lisbonne, une fille naturelle, nommée Dofta Isabel de Saavedra, qu’il garda auprès de lui tout le reste de sa vie, même après s’être marié, n’ayant jamais eu d’autre enfant. »
De la mère de cette fille, il n’est plus' fait aucune mention. Il m’a donc semblé que le drame pouvait s’emparer de eette simple indication, pour construire son édifice. Quant à la physionomie de Cervantes, j’ai tâché de la peindre, dans ses aspects si divers et si frappants, aussi exactement que possible. A cet égard, je ne me serais pas permis la plus petite invention . C’est, je crois, le genre de fidélité que l’on est en droit d’exiger au théâtre.
J’ai, d’ailleurs, eu la bonne fortune de rencontrer pour mon héros un de ces interprètes qui sont rares. La voix unanime du public et des journaux a proclamé le mérite supérieur que M. Tisserant, énergique et vrai, puissant et simple à la fois, a déployé dans le rôle de Cervantes; mais l’auteur sait mieux que personne par quelles études