PRÉFACE
consciencieuses jusque dans les moindres détails , l’éminent artiste est arrivé à cette belle création, qui fera époque dans sa carrière. Cette fière et vigoureuse tète ressort encore mieux par la grâce touchante et suave de mademoiselle Bérengère, « figure délicieuse descendue d’un cadre de Velasquez, » comme l’a dit si bien M. Méry, dans un de ces articles que l’on aime à conserver toujours.
Sans avoir besoin de nommer en particulier les autres acteurs qui m’ont secondé de leur talent et de leur zèle, je leur fais à tous mes remerciements. Je ne saurais non plus oublier les bons conseils de la direction et les soins intelligents donnés à la mise en scène, cet art difficile dont les personnes étrangères au théâtre se font si peu l’idée. M. Albert, fort de sa double expérience dramatique, est, sous ce rapport, pour les auteurs, un précieux auxiliaire.
La presse, comme le public , a montré pour ma pièce une bienveillance dont je suis profondément reconnaissant. Les témoignages fiatteurs, soit écrits, soit verbaux , que Michel Cervantes m’a valus, je les reporte moins sur le mérite littéraire de l’œuvre que sur la pensée qui l’a inspirée. J’ai voulu montrer le génie probe et pauvre s’appuyant sur sa conscience, et plus grand que le malhenr et la persécution; relever la valeur de la plume dignement tenue, personnifier le véritable homme de lettres dans toute sa dignité, dans toute sa noblesse. Cette intention, elle a été pleinement comprise, et je lui dois sans doute une grande partie du succès que j’ai eu le bonheur d’obtenir.