ACTE II, SCÈNE IV
Eli! n’est-ce pas assez,
Seigneur étudiant , d’une seule rencontre
Où le cœur sans détour se révèle et se montre?...
HIRALÊS.
Le mien vous est acquis... à la vie, à la mort!
Élan sincère et vrai que j’ai compris d’abord !
Par des traits éloquents le vrai toujours éclate.
MIRA LÉS
M’attachant aux leçons du divin Hippocrate,
Sous le docte costume, et par devant témoins,
Je soutins l’autre jour une thèse en trois points ,
Et... c’est ici, seigneur, que mon audace est grande,
Je venais vous prier d’en agréer l’ollraride.
(il présente à Cervantes un rouleau de papier.)
CERVANTES, prenant le rouleau qu’il pose ensuite.
Avec bien du plaisir.
MIRALÉS.
Quel surcroît de bonté!
Tout obstacle à présent d’avance est surmonté,
Tout travail est aisé, toute peine est légère!
Et si je réussis!... Quel bonheur pour ma mère!
JOSÉFA, avec intérêt et émotion.
Vous avez votre mère?...
MIRALÉS.
Et j’ai mon père aussi :
Domingo Miralès... vieux chrétien. Dieu merci,
Labourant de ses mains un modeste héritage.
Et d’aucun hidalgo n’enviant le partage.
Certe, il a grand’raison : près du soc nourricier.
Tel état que l’on prône est un triste métier.
La main plus dignement ne peut être occupée ,
Et la charrue est noble à l’égal de l'épée.
MIRALÉS.
N’est-il pas vrai, seigneur?...
Sur ce point-là, je crois * Joséfa , Cervantes , Miralès.