‹ Michel Cervantes drame en quatre actes, en versChapitre 52 sur 92 · ACTE 111, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE 111, SCENE V

LE ROI

Oh! ce n’est pas bien loin que j 'aurais à chercher.

Dans mes esprits lassés quand cet ennui pénètre ,

Que de fois regardant là , par cette fenêtre ,

Le spectacle mouvant qui s’offrait à mes yeux ,

J’ai dit : Heureux cet homme à l’air insoucieux,

Qui passe en colportant son humble marchandise,

Et qui s’endort sans soins comme sans convoitise;

Ce chanteur populaire, avec son gai refrain,

Que je me plais à suivre, en mon vague chagrin.

Parmi les bruits divers que le dehors m’envoie!

Heureux cet écolier, si facile à la joie.

Ce pauvre Galicien avec ses outres d’eau.

Lui qui n’a près de moi, qu’un bien léger fardeau...

Ce paisible ouvrier regagnant sa demeure,

Et tous ces gens enfin, — voyez... — comme à cette heure,

(il s’est approché de la fenêtre à droite.)

Allant, venant, causant, soit qu’ils prennent le frais,

Ou qu’aux feux du soleil ils se chauffent ! — Eh! mais.

Par saint Jacque, en voilà qui, réunis en groupe.

Forment, tout vis-à-vis, une joyeuse troupe.

Quels bienheureux éclats ! quel rire épanoui !

Regardez, chambellan... par là... voyez-vous?...

LE MARQUIS

Oui,

Sire.

LE ROI

Au milieu d’eux, vive et franche figure,

Un jeune homme se tient, leur faisant la lecture.

Un volume à la main, et d’un geste animé,

Commentant chaque trait à son public charmé.

Maintenant, en bravos éclate l’auditoire.

L’auteur et l’interprète ont là double victoire.

(Au marquis.)

Je serais curieux... Faites-moi, sur-le-champ.

Amener ce jeune homme. »

LE MARQUIS, s'inclinant.

Oui, sire.

(Le marquis donne un ordre à l’oflicier, qui sort.)

LE ROI

En la touchant

Avec un tel bonheur, cette fibre du rire.

Il m'a montré le bien auquel mon âme aspire,

La gaîté , dont l’éclair me luit si rarement.

Car vous n’ètes pas gais, soit dit sans compliment, Messieurs...

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