ALONZE, QUELQUES SEIGNEURS
CERVANTES, à part.
Ah ! trop tôt du succès je m’étais réjoui.
O doux rayon d’espoir soudain évanoui !
Trop fugitif éclair!
LE MARQUIS, qui s’est assis à droite, aux seigneurs.
J’avais prévu sans peine Pour un pareil désordre une tin très-prochaine.
Comment! un souverain prendrait lui-même soin...
DON ALONZE
Allons donc !
CERVANTES, à lui-même, regardant au dehors.
Joséfa ne saurait être loin,
Et pour nous retirer...
LE MARQUIS, avec intention.
Cela passe créance
Que ces écrivailleurs aient tant d’outrecuidance.
CERVANTES, à part.
Ceci me touche-t-il?
LE MARQUIS, de même.
Et d’abord conçoit-on
Que d’enseigner les rois ils se donnent le ton,
Qu’ils tournent vers pe but leurs farces insipides?
DON RAMON
Il est des vanités qui ne sont pas timides.
CERVANTES, à part.
Partir, et sans délai , serait le plus prudent.
Je crains que d’éclater en vain me défendant...
Mais ma fille. v
LE MARQUIS
Il faudrait, pour remettre à sa place De ces petits auteurs la trop féconde race ,
Qu’une bonne leçon...
CERVANTES, s’avançant en face du marquis.
Mais pouvez-vous compter Qu’ils seraient disposés, Monsieur, à l’accepter*?
* Don Ramon, Cervantes, le marquis, don Alonze.