I.E MARQUIS
Mais, d'honneur, je me reprocherais...
LA COMTESSE
Quoi! Monsieur?...
LE MARQUIS
Par le ciel, comtesse, je vous jure...
Que cette jeune fille est innocente et pure?
Que le souffle du mal, s’il osait l’approcher.
Passerait sur son front sans pouvoir y toucher?
Certe, il n’est pas besoin que votre voix l’atteste.
LE MARQUIS
Que ma fidélité soit aussi manifeste !
Tenez, ce sont vos yeux que j’en prends pour garants. Vos yeux, qui fixeraient jusqu’aux astres errants.
Comme un nuage au vent que toute ombre s’envole!
Si de ma bouche, enfin, -une seule parole,
A pu vous offenser, accordez-moi le don D'un indulgent sourire et d’un complet pardon ! Coupable repentant, à vous-je m’abandonne.
On n’est pas comme vous belle sans être bonne.
Dans ce soupçon, d’ailleurs, votre amour a parlé :
Son injustice même a pour moi révélé L’cflet d’un sentiment qui me transporte d’aise.
Il n’est point, dans ce cas, de preuve qui ne plaise. Fût-ce un coup de poignard... pourvu qu’il soit léger.
De mon propre bonheur, triomphant messager,
Au grand couvert du roi je vais, ô mon étoile.
Annoncer le beau jour qu’à présent rien ne voile.
(il *ort.)