SCÈNE VJ
LA COMTESSE, mie.
11 s’en va satisfait. Secours inattendu,
11 m’ouvrait de lui-même une route , et j’ai dû ,
Pour couvrir d’un manteau ma fatale imprudence. Accepter son erreur... au moins par mon silence.
J’ai, cette fois du moins, pu parer au danger.
Comme un devoir trahi sait toujours se venger!
Caché sous nos bonheurs, il les ronge et les mine,
Je veux lever la tète, et ma tête s’incline!
Subissons mon destin. Mais quoi! trembler toujours! Toujours de l’artifice emprunter le secours!
Le masque du mensonge est pesant au visage!
Ah ! mon front ne saurait le porter davantage.
Je ferai hautement parler la vérité!
Je dirai : « C’est ma fille! » Au passage arrêté,
Déjà ce mot vingt fois est venu sur mes lèvres.
Ma fille! il me la faut! — O dévorantes fièvres! Tourments que jusqu’ici je n’avais pas soufferts !
En le disant, ce mot, sans retour je me perds!
Mon rang... tout cet éclàtqui soudain s’évapore...
La faveur de la reine... et... ce n’est rien encore...
Mon honneur... Au grand jour, eh! quoi! j’irais montrer Dans ma vie, où nul œil n'avait pu pénétrer.
Une faute!.. Sur moi quelle amère risée!..
Honorée à présent... et demain méprisée!...
Mes ennemis de cour, comme ils triompheraient!
Sous un arrêt trop sûr, comme ils m’écraseraient !
Je les vois... les entends... Oh! non... que mil ne sache.. Mon bonheur maternel , au monde je le cache ;