LE MARQUIS ET MIRALÊS
Sa fille!
Oui, viens-t-en sur ce cœur !
J’oppose à tous les traits un bouclier vainqueur;
Alors qu’entre eux et moi ce saint amour se place,
Ils ne m'atteindront pas.
LE MARQUIS
Voilà qui me terrasse !
Je n’en puis revenir!... Mais, Madame, comptez Que lorsqu’on va savoir...
LA COMTESSE
Adieu mes dignités
Et ces honneurs nouveaux, ma plus chère espérance ?
Le coup qui me menace, eh bien! je le devance.
Ces titres pour lesquels mon cœur presque flétri,
Avait de la nature étouilé le doux cri ,
Contre un arrêt prévu bien loin de les défendre ,
A qui me les donna, c’est moi qui vais les rendre.
Oui, jusqu’à mon honneur que, tremblant d’un coup d’œil, Avec un soin si cher conservait mon orgueil,
Fragile et faux honneur greffé sur l'artifice,
A ce devoir plus saint j’en fais le sacrifice;
Gardant le seul trésor que j’aie à conserver,
Par cet abaissement je vais me relever.
Je sens que désormais nul joug ne me domine,
Et qu’un air libre et pur dilate ma poitrine!
LE MAUQUIS.
Un mouvement si beau, Madame, est superflu.
Satisfait en ceci de v'ous avoir complu.
Moi, de qui l’on inaudit la funeste influence.
J’apporte au commandant un ordre de clémence.