Carré de Busscrolle, IV, .373-37.J
2. Cf. Jarry, Réun. des Soc. des B.-A, des départ., 1888, p. 89 et suiv ; id., Ilisloire de Clénj.
VITALITÉ DE l'aRT FRANÇAIS A LA FIN DU XV^ SIÈCLE
éludions en ce moment. Enfin, à Orléans même, les ruines de la chapelle Saint-Jacques rappellent cerlaines parties de Notre-Dame-de-Cléiy, dont les architectes étaient très probablement oi^léanais.
Dans une direction opposée, vers le Poitou, Loudun ^ ville qui dépendait du duché de Touraine, nous montrerait encore une église très riche comme décoration flamboyante, Saint-Pierre-du-Martray . A Monlreuil-Bellay ^ l'église actuelle est une ancienne collégiale bâtie entre 1472 et 1484; elle n'a qu'une seule nef et présente, avec plus de largeur encore et de clarté, le type
Jarzé. — Bas-coté sud. Chapelle de Jean Uourré.
des Saintes- Chapelles élevées par les princes de la famille de Charles Y, celles de Yincennes, de Riom, de Bourges, etc. Le Puy-Notre-Dame fut un des sanctuaires les plus chers à Louis XI : l'église avait été achevée avant le xv"^ siècle, mais le roi, dévot à toutes les reliques de Notre-Dame \ se plut à rem])ellir et à l'enrichir de ses dons; il en fut de même pour l'église No(re-Dan7e-de-Xan(illy, à Saumiir^ oh tout un bas-côté et lui transept, d'une architecture très analogue à celle de Gléry, témoignent de sa munificence. C'est encore lui qui fit construire, en l'honneur de la Vierge, la petite chapelle de Notre-Da/ne-de-Behuard^ dans une île de la Loire, au delà d'Angers, sjDécimen très simple, mais très charmant de l'art du temps-.
1. On y conservail et on y conserve encore une ceinture de la Vierge qui était très célèbre.
2. Armand Parrot, Histoire de N.-D.-de-Behuard, Angers, 1873, et abbé Dubreil, N.-D.-de- Behuai-d et son pèlerinage, Angers, 1893.
Les églises d'Anc/ej^s appartiennent en général au xiii^ siècle, et le roi René se contenta cFembellir Saint-Maurice et quelques autres. Mais aux Ponfs-cIe-Cé , nous retrouvons, avec Féglise Saint- Aubin , un noyau du xii° siècle, augmenté au xv^ et au xvi*', particulièrement d'un chœur et de chapelles ; de même, à Vieil-Baugé^ à Jarzc, où Jean Bourré, ministre de Louis XI, qui possédait le château, contribua sans doute pour beaucoup à l'agrandissement de l'église. Celle-ci présente, sur une nef très modeste du xiii" siècle, un développement de bas-côtés et de chapelles tout à fait caractéristique '.
Vendôme • fut pour l'architecture un centre de production très analogue comme activité et comme caractère à celui de Tours. Uéglise de la Trinité (ancienne église abbatiale) est avec la cathédrale de Tours un des édifices les plus importants achevés à cette époque, un de ceux où se marquent le mieux les transformations successives du style gothique : les dernières travées de la nef et le portail furent bâtis sous le gouvernement de l'abbé Louis de Crèvent dans les dernières années du xv*^ siècle et appartiennent à cet art nerveux et élégant, presque sans surcharge, que nous définissions tout à l'heure : la chapelle du lycée (anciennement grande salle de l'hôpital) date de 1453 et l'église de la Madeleine de 1474. Ce dernier édifice surtout, très caractéristique, est d'ordonnance très simple avec une seule nef assez basse qui rappelle celle des Carmes de Tours.
Enfin, nous ne saurions oublier ici la construction de l'église cathédrale de Nantes'^, non seulement parce qu'elle se rattache à la région de la Loire, mais parce que l'architecte qui en conduisit les travaux, vers le milieu du xv*^ siècle, Mathelin Bodier, était originaire de Tours même. Le grand portail fut commencé en 1434 sous l'évêque Jean de Château-Giron de Malestroit^. Il n'était pas encore terminé en 1481. Mathelin Rodier dut mourir peu de temps après cette date, et les clochers, de même qu'à Tours, ne furent achevés que dans les premières années du xvi*^ siècle : nous voyons payer en effet deux charpentiers en 1508 pour le transport des cloches dans la tour du Nord. La progression fut donc à peu près la même ici que dans