‹ Michel Colombe et la sculpture francʹaise de son tempsChapitre 110 sur 305 · CONTINUITÉ DE L 'INFLUENCE FLAMANDE AVANT ET APRÈS · texte numérisé non relu

CONTINUITÉ DE L 'INFLUENCE FLAMANDE AVANT ET APRÈS

huit artistes flamands pour treize italiens. Plus au sud, à Carpentras, à Marseille et à Aix, c'est Etienne Audinet \ natif du diocèse de Cambray ; à Montpellier, Pierre Dracy^ de Bruxelles (1495)^; en Béarn, Charles de Bruxelles^ et Henri de Lièffe^, dans les premières années du xvi^ siècle.

A Tours même, nous retrouvons Coppin Delf, dont nous avons cité les travaux pour le roi René : il est occupé à Saint-Martin en 1482^; vers cette même époque, un des artistes officiels de la ville de Tours était Lallement ^ dit le Liégeois, cité de 1480 à 1498 dans les comptes municipaux pour avoir exécuté des peintures décoratives à l'occasion de plusieurs entrées solennelles de souverains. N'oublions pas aussi que Jean Clouef, le premier de la famille, résidait encore à Bruxelles en 1475, et qu'il vint s'établir à Tours vers 1485; c'est là que naquit son fils Jehannet ou Janet ^.

Il faudrait encore citer les noms de quelques peintres qui voyagèrent un peu par toute la France, comme Jean Joest^', qui aida, paraît-il, Nicolas Froment dans l'exécution de son Buisson ardent d'Aix, comme Henri de Bles qui avait dessiné d'après nature le rocher du Puy, et à qui l'on voudrait attribuer la fresque des Arts libéraux de cette ville. N'est-ce pas, enfin, un artiste flamand resté inconnu qui aurait exécuté le triptyque du Palais de Justice de Paris?

A côté de ces rapports politiques et de ces encouragements officiels que nous avons notés tout d'abord, à côté de la présence de ces artistes installés quelquefois au milieu d'ateliers nombreux et actifs, il faudrait encore signaler l'existence d'une certaine quantité d'œuvres d'art flamand, souvent de premier ordre, apportées sans doute toutes faites de leur pays d'origine et dont l'influence vint s'ajouter à l'autorité des maîtres réellement présents en France. Ainsi, parmi les peintures, sans remonter jusqu'au retable de Broederlam à Dijon ou au Jugement dernier de Van der Weyden à Beaune, on a signalé au Musée d'Avignon' une Adoration de l'enfant qui date certainement du dernier quart du xv^ siècle et qui est tout à fait dans la manière de Gérard David.

Les manuscrits importés de Flandre sont innombrables et peuplent nos bibliothèques. Nous avons rappelé déjà ceux du roi René. Louis XII

1. Cf. D"" Barthélémy, Bull, archéol. du com. des trav. hist., 1885, p. 443 et suiv.

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