‹ Michel Colombe et la sculpture francʹaise de son tempsChapitre 109 sur 305 · Cf. Archives art. fr., III · texte numérisé non relu

Cf. Archives art. fr., III

7. Cf. Mém. de Commines, éd. de Dupont, III, 343. — Grandmaison, Tours archéoL, 184. — • Laborde, Ren. des arts à la cour de France, I, p. 610.

de tous les Flamands qui s'établirent chez nous et travaillèrent activement pendant cette période.

Parmi ceux dont nous venons déjà de citer les noms, Paul Mosselmann paraît avoir été un des plus considérables. Il prit part à l'exécution de quelques monuments importants, principalement à Bourges, le tombeau de Jean de Berry, à Angers celui du roi René^ De plus, nous le voyons pendant près de dix ans tenir une place éminente dans un véritable atelier de sculpteurs flamands établis à Rouen et chargés d'exécuter, pour le chapitre de la cathédrale, la série des stalles du chœur ainsi que la chaire épiscopale^. Nous savons comment la direction de cet atelier changea plusieurs fois et comment à plusieurs reprises on dut encore faire ajjpel à des ouvriers flamands tels que Laurent Isbre, Pielrequin Fressel, Guillaume Duchastel, Ilennequin d'Anvers, et bien d'autres que l'on alla quérir en 1465 à Abbeville, à Montreuil-sur-Mer, à Nivelles-en-Brabant, à l'abbaye de Sercamps, à Hesdin, à Bruxelles, à Tournay, etc. Mosselmann avait exécuté aussi à Rouen pour le même chapitre des sculptures en pierre qui ne nous ont pas été conservées, mais dont nous retrouverons peut-être la trace dans quelques œuvres normandes de la fin du xv^ ou du début du xvi^ siècle.

Presque partout, du reste, où l'on a pu en France rétablir des listes d'artistes du xv^ siècle, nous constatons la présence d'un assez grand nombre de Flamands mêlés aux artistes locaux. A Troyes^, parmi les imagiers, c'est par exemple Nicolas Cordonnier dit le Flamand, Robert de Tournay (1444-47), Hennequin de Louvain (1460-1472), Jean le Boucher de Malines (1463), etc. A Lyon^, au cours du xv^ siècle, sur vingt-quatre peintres étrangers établis dans la ville, on rencontre douze Flamands pour six Italiens. Lyon, ville commerçante et riche, fut de bonne heure, en effet, une sorte de centre d'art cosmopolite. Placée entre Avignon, foyer d'art italien, et Dijon, foyer d'art flamand, cette ville rassemble des gens du nord et des gens du midi; mais nous voyons que ce sont les premiers qui y dominent. Parmi les plus importants, on peut citer Jean Daret de Tournay (1459-1476) Hennequin le Flamand (1460-1472), Jean de Hollande {i^^2AU&), Guillaume le Roy (1493-1525). Dans le cours du xvi^ siècle, lorsque l'idée italienne aura définitivement triomphé, on trouvera encore cependant à Lyon une proportion de vingt-

1. De Laborde, Les Ducs de Bourgogne, I, cxix. — D"" Cliampeaiix, Les travaux d'art de Jean de Berry, p. 36 ssq. — Lccoy de la Marche, Ext. des comptes et mémoriaux du roi René, p. 57-59.

2. Langlois, Les stalles de la cathédrale de Rouen, p. 180-198.

3. Cf. Nalalis Rondot, Les sculpteurs de Troijes au XIV'^ et au A' siècle, Rev. de Varl fran(;ais, 1887, p. 69 et suiv.

4. Id., Les peintres de Lyon du XIV" au XVIII^ siècle, Réun. Soc. B.-A. dép., 1887.

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