I. — MONUMENTS DE SCULPTURE FLAMANDE IMPORTÉS EN FRANCE
Les dalles funéraires en pierre de la Meuse. Les dinandcries, les lutrins.
Les relables en bois sculptés des ateliers de Bruxelles et d'Anvers : Ternant, Ambierle,
Saint-Galniier. — Dans la région de la Loire. — Dans les provinces du Nord et de l'Est. Persistance du goût pour l'art et les artistes flamands après 1495. Pénétration flamande en Italie.
Depuis le xiv^ siècle, on avait exporté les marbres de la Meuse en quantité considérable de leur pays d'origine où s'était développée une véritable industrie funéraire. Les dalles gravées ou sculptées en « pierre bleue » étaient expédiées toutes travaillées, parfois avec leurs inscriptions complètes, sauf le nom ou la date de mort du personnage. On en trouve encore en abondance, surtout dans nos provinces du Nord : à Amiens, à Douai, à Arrus, à Corbie, à Saint-Omer. L'exportation des matériaux flamands continuera du reste pendant tout le xv" et le xvi® siècle, et même dans les tombeaux tels que celui de François II de Bretagne à Nantes', celui des Poncher à Paris-, ou celui de Jean de Salazar à Sens^, le marbre noir proviendra toujours des Flandres.
Dans la seconde moitié du xv^ siècle, nous noterons particulièrement, à Ailly-sur-Noye, le tombeau de Jean de Luxembourg, bâtard de Saint-Pol [\ 1466), qui, sans être une œuvre d'art de très grande valeur, est des plus caractéristiques comme produit de cette industrie. On y sent même un peu la formule et la facture rapide. Il est en pierre noire et présente sur la dalle supérieure les effigies en demi-relief du chevalier et de sa femme, malheureusement très mutilées. Sur trois côtés du sarcophage des arcatures très sommairement décorées renferment onze figures de pleurants dont l'exécution est assez lourde et vulgaire.
Ces derniers présentent des analogies frappantes avec certains fragments de sculpture qui se trouvent à Dijon ou aux environs et dont l'un sert aujourd'hui de devant d'autel dans une chapelle de l'église Notre-Dame*. Ils proviennent d'un tombeau dont l'identité n'a pu être encore déterminée, mais leurs figures assez sommaires de pleurants encapuchonnés, la décoration des niches identiques à celle d'Ailly-sur-Noye, la matière qui l'est également,