Cf. lettre de Perréal, analysée plus loin, chap. IX
2. Cf. plus loin, chap. XI, le marché passé par Guillaume Chaleveau.
3. Cf.Montaiglon, Antiquités de la ville de Sens, Gaz. B.-A.,iSSO, II, 237, et plus loin, chap. XII; Montaiglon suppose même que bien des parties du tombeau arrivèrent toutes taillées des Flandres.
4. L'autre a été transporté dans ce siècle-ci dans une chapelle des environs, à V Etang-sous- Vergy.
prouvent que nous devons avoir affaire là aussi à quelque spécimen de l'industrie flamande importé dans la deuxième moitié du xv^ siècle.
D'autres produits s'exportaient encore des Flandres : tels par exemple les objets d'art industriel connus sous le nom de dinanderies^ dont la première fabrique tout au moins fut établie dans la vallée de la Meuse et que l'on imita bientôt dans nombre d'autres ateliers ; nous savons qu'à Tours même, Jean Sylvestre, doyen du chapitre de la cathédrale vers le milieu du xv^ siècle, avait fait don à l'église d'un superbe lutrin représentant un aigle de bronze qui pesait 750 livres et avait été exécuté par Lambert Ilnrdouin de Liège ^. L'œuvre a disparu en 1562 ; mais il est facile de nous rendre compte de ce qu'elle pouvait être par les lutrins de même époque que nous trouvons encore en Belgique, celui par exemple de l'église Saint-Martin de //a/, moulé au Musée de Bruxelles-, ou par ceux qui durent être apportés des Flandres en France vers la même époque, celui qui se voit dans la chapelle de l'hôtel de Cluny, ceux de Honfleur, de Rosnay (Aube) ^, et bien d'autres.
Mais il convient d'attacher plus d'importance encore aux productions des ateliers d'imagerie de Bruxelles et d'Anvers, les statuettes, bas-reliefs et retables en bois sculpté, peint et doré, dont la période de fabrication la plus active se place précisément à l'époque que nous étudions ^. Il serait assez intéressant d'énumérer simplement ici les spécimens qui peuvent s'en trouver en France et dont quelques-uns sont pour l'historien de cet art flamand ou brabançon des pièces capitales. La difficulté que nous rencontrons dans cette tâche vient non seulement du nombre de ces objets, mais aussi de leur caractère essentiellement portatif, du goût que la curiosité de notre temps a témoigné pour eux, et de l'incertitude oii nous sommes souvent, en les trouvant dans telle collection ou tel musée, de la date exacte de leur arrivée en France, Un grand nombre de monuments cependant, conservés dans de petites églises depuis des siècles, portant quelquefois les armes ou même les portraits de leurs donateurs peuvent nous inspirer toute confiance. Ce sont ceux-là surtout que nous nous attacherons à signaler ici.
Mentionnons d'abord, seulement pour mémoire, les deux retables des ducs de Bourgogne^ apportés en 1391 de Termonde k Dijon, sculptés par Jacques de Baerz et peints par Melchior Broederlam : ils forment comme notre tête de série. Viennent ensuite les retables commandés par les grands officiers delà
1. Cf. Grandmaison, Tours archéologique, p. 143. Le même personnage est appelé ailleurs Jehan Sauvestre. Cf. Grandmaison, Doc. inéd., j). 2o2.
2. Musées royaux des arls décoratifs et industriels. Moulage n° 318.