‹ Michel Colombe et la sculpture francʹaise de son tempsChapitre 115 sur 305 · Exp. rélrospect. art fran(;., 1900, n · texte numérisé non relu

Exp. rélrospect. art fran(;., 1900, n

4. Cf. Destrée, Etudes sur la se. brabançonne, Ann. Soc. archéol. Bruxelles, 1894-95.

CONTINUITÉ DE l'iNFLUENCE FLAMANDE AVANT ET APRÈS 1495 2 33

cour de Bourgogne dont nous parlions tout à Theure, Hugues de Ternant et Michel de Chaugy. Le premier en fit exécuter deux pour l'église de Ternant où on les voit encore * : l'un offre comme scène centrale le Crucifiement, l'autre la mort de la Vierge. M. Destrée, qui les a étudiés dans son travail sur la Sculpture brabançonne^ voudrait les reculer jusque vers 1430-1440.

Ambierle. — Retable namand. ( Bois peint et doré.)

Cela nous paraît peut-être un peu exagéré étant donné le caractère déjà compliqué de leurs représentations et leur style très voisin de celui qui devint courant vers 1460.

Le retable à' Ambierle-^ qui portait paraît-il autrefois la date de 1466, fut légué à l'église -en 1476 par le testament de Michel de Chaugy. C'est le plus célèbre des morceaux d'art flamand importés en France. Il n'est cependant pas d'une valeur d'art très exceptionnelle : c'est simplement un bon type de la production des ateliers bruxellois de l'époque, très important d'ailleurs pour

1. Ph. de Chennevières, Essai sur Vhist. de la peinture française, p. 24-26. — Ernest Parent, Le château de Ternant historique et archéoloffique, Paris, 1880. — Destrée, ouv. cit., 1900, p. 276-278.

2. Jeannez, Le retable de la Passion de Véglise d'Ambierle-en-Roannais, Gaz. archâol., 1886, p. 221.

l'influence probable qu'il exerça autour de lui. La sculpture en est lourde et d'une vulgarité que relève seulement par endroits l'allure dramatique des compositions; celles-ci représentent diverses scènes de la Passion avec le Crucifiement au centre. Quant à l'attribution des peintures des volets à Rogier Van der Weyden, elle nous paraît extrêmement hasardée. Les revers de ces volets offrent plusieurs représentations de statues en grisaille, une sainte Anne, une sainte Catherine, une sainte Marguerite, qui, soit pour l'iconographie, soit pour le style, sont intéressantes à rapprocher de quelques œuvres sculptées en France à cette époque.

Plus au sud, vers le Plateau Central, nous trouvons à l'église cVAigueperse, une Lamentation sur le corps du Christ, qui, bien que d'une date un peu pius avancée, est certainement encore un morceau flamand. A Brioude \ un saint Christophe de même origine provient d'une chapelle fondée en 1505 par Guillaume de Rambert en l'honneur de saint Christophe et de sainte Madeleine. Enfin, et le rapprochement avec la charmante petite Vierge française qui fait l'ornement de l'église - est assez caractéristique, à Sctint-Galmier, il faut noter la présence d'un petit retable flamand complet. Il est moins important que ceux que nous avons mentionnés tout à l'heure ; mais il procède exactement du même art avec ses trois statues de la Vierge, de sainte Catherine et de sainte Rarbe, peintes et dorées sur un enduit crayeux, selon l'habitude flamande, ses dais d'architecture compliquée, sa frise ajourée, à la base des statues, ses panneaux peints dont les personnages offrent des types très vigoureux, un peu vulgaires; ils représentent le Mariage de la Vierge et la Nativité, et à l'extérieur saint Jean et saint Guillaume.

En nous rapprochant de la région de la Loire proprement dite, nous trouvons encore à Bourges, au Musée, plusieurs bois flamands, dont une Mater Misericordia3 de type très connu ; au château de Meillant, un grand retable d'autel en bois qui paraît appartenir à l'école d'Anvers, ainsi que divers autres morceaux de même nature ; au château de Brissac, en Anjou, une Annonciation qui reproduit trait pour trait un morceau cité par M. Destrée comme travail typique des ateliers brabançons du dernier tiers du xv^ siècle ; au Musée de la Reine Bérengère, au Mans, toute une série de morceaux d'école, de même au Musée de Château-Gonfier, avec en plus, ici, une sainte Marthe ou sainte Marguerite -^, qui est un morceau charmant et assez exceptionnel; au Musée de Vendôme, plusieurs petits groupes dont une sainte Anne assise en face de la Vierge et de l'enfant.

1. Communicat. de M. de Rochemontcix, Bull. Soc. Anliq. de France, 20 avril 1899.

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