Catal., n
sculpture centrale représente l'Adoration des Mages en bois peint et doré, les volets peints la Nativité et la Présentation au Temple. Les ornements d'un gothique contourné qui se remarquent dans la galerie inférieure, ainsi que le style des personnages, ne nous laissent aucun doute sur l'origine de l'œuvre. C'est avec celui de Saint-Galmier et ceux de Ternant et d'Ambierle un des témoignages les plus sûrs et les plus importants de la pénétration flamande dans le centre de la France, et l'on comprendra que sa présence en pleine région de la Loire lui donne pour nous une certaine importance.
Dans les provinces du nord de la Loire, nous trouverions des spécimens de plus en plus nombreux de cet art spécial, à mesure que nous nous rapprocherions du centre de la fabrication. Mais ils décroîtraient en même temps d'intérêt et de signification, même lorsque leur provenance ancienne peut être établie.
Au Musée de Cluny, outre un très grand nombre de bois de provenance incertaine ou certainement récente, nous signalerons le grand retable flamand* qui figura jusqu'en 1861 dans l'église de C/icim/xr/eMiY (Seine-et-Marne) . Il représente le portement de Croix, la Crucifixion et la Mise au tombeau. Le style en est compliqué, les costumes surchargés, les attitudes mouvementées. Il est assez postérieur du reste au retable d'Ambierle et doit dater au moins des toutes dernières années du xv^ siècle. Ceux des églises de Vétheuil et de Maignelay nous donneraient assez bien au contraire le type des meilleures productions de l'école brabançonne, tandis qu'aux environs de Beauvais, celui de Marissel, est d'époque plus tardive, avec ses scènes superposées, et sur la prédelle, sa rangée d'Apôtres en buste ^.
Dans cette même région de l'Oise, à Liancourt , à Clermonl, à Angicourt, à Saîntines, etc. , nous avons noté dans les églises ou les presbytères nombre de retables médiocres, mais d'origine évidente, ainsi que des statuettes ou des reliefs isolés provenant de quelque ensemble dispersé, et présentant la disposition caractéristique des personnages étagés et entassés sur un très petit espace. Nulle part nous n'avons mieux senti combien s'étaient répandus ces produits de valeur souvent minime, mais qui sont avec les quelques imitations plus grossières encore , que l'on put en faire , à peu près les seules sculptures gothiques que l'on rencontre dans ces admirables petites églises où s'était épanouie la robuste architecture du xiii'' siècle. Il n'y a point ici, nous l'avons remarqué déjà, d'école locale de sculpture florissant pendant la