Catal., n
2. Une statuette de sainte Anne portant la Vierge et l'enfant d'un type courant en Flandre, à Méru (Oise), est à noter pour sa simplicité et sa dignité qui la rapprochent des meilleures productions françaises de l'époque.
CONTINUITÉ DE l'iNFLUENCE FLAMANDE AYANT ET APRÈS 1495
deuxième moitié du xv^ siècle, et c'est cette importation de pacotille qui en tient lieu.
Enfin, en Champagne, indiquons seulement la série des retables déjà signalée par MM. Koechlin et Marquet de Yasselot', retables très importants qui n'exercèrent peut-être pas une grande influence immédiate sur les ateliers troyens mais qui n'en sont pas moins caractéristiques de cette pénétration des produits flamands en France, à la fin du xv*^ et jusque dans les vingt premières années du xvi'' siècle. Quelques-uns, les meilleurs, ceux de Fromentières (Marne) et de Coligny (Aube) sont très intéressants par leur composition mouvementée, vigoureuse et dramatique, ainsi que par les petites scènes très animées que l'on y voit groupées dans l'encadrement architectural de certaines voussures. Nous saisissons là comme les prototypes des sculptures des voussures réelles exécutées en France à la fin du xv^ siècle, celles de la cathédrale de Nantes par exemple-. En dehors de ces deux pièces capitales, qui appartiennent à la meilleure époque de l'art brabançon, on trouve encore en Champagne soit de cette époque, soit d'une époque plus tardive oh la décoration septentrionale se laisse pénétrer et supplanter par le style italien, les retables de Clérey, de Blignicourt^ de Ricey-Bas, de Cernay^ etc.
Parmi les monuments que nous venons de citer et dont la plupart ne sauraient être datés avec certitvide, un certain nombre sont vraisemblablement postérieurs à l'année 1500 ou même 1510. Quelques faits précis vont nous confirmer cette persistance chez nous du goût pour l'art et les artistes septentrionaux, ou si l'on veut cette continuation de l'éclectisme des gens du xv^ siècle.
En 1520, lors d'une visite du roi François P^" à la Sainte-Baume, le célèbre financier Jacques de Beaune s'adresse à un artiste flamand, Antoine Rouzen, pour faire exécuter le retable dont il a l'intention d'embellir l'autel de saint Maximin^. Tout de même, en 1522, un personnage de moindre importance, un bourgeois de Tours, maître teinturier de son état, Didier Françoys, voulant faire cadeau à sa paroisse, Saint-Venant, d'un tableau à volets peints, le demande à un Flamand, maître Emery Franck^ natif d'Anvers, « demeurant de présent à Tours^ ».