‹ Michel Colombe et la sculpture francʹaise de son tempsChapitre 121 sur 305 · Cf. Mém. Soc. archéol. Touraine, t. XXXIII, p · texte numérisé non relu

Cf. Mém. Soc. archéol. Touraine, t. XXXIII, p

Nous savons aussi par l'inventaire dressé en 1532, après la mort de Florimond Robertet, l'un des protecteurs les plus décidés de l'art et des artistes italiens, le possesseur du David de Michel-Ange et le propriétaire du château de Bury, construit par Fra Giocondo, que celui-ci entretenait et faisait travailler dans son château un imagier septentrional, maître Paul de Cologne^ ^ « pour faire quantité d'images de saints et de saintes que mon mari et moi, dit la veuve, envoyâmes dans nos terres afin d'y augmenter la dévotion - ».

Contentons-nous enfin de rappeler l'atelier flamand de Brou, dirigé par Van Doghem, qui exécuta de 1513 à 1536 les travaux de l'église et des tombeaux commandés par Marguerite d'Autriche et pour lesquels Conrad Meyt avait remplacé Michel Colombe et ses élèves. C'est évidemment là une œuvre un peu exceptionnelle, tardive et isolée, qui n'eut guère d'influence sur le style général de l'école française. Elle n'en est pas moins intéressante pour nous montrer la vogue persistante de ces imagiers et de ces décorateurs flamands qui avaient inondé de leurs produits la France du xv'' siècle, et qui, en exagérant un peu les caractères et les principes de leur art, arrivaient à produire ces œuvres charmantes dans leurs détails, mais surabondantes dans leur ornementation, confuses et compliquées dans leur ensemble, dont nous avons à Brou les spécimens les plus caractéristiques qu'il soit possible de trouver.

Cette expansion si active de l'art flamand, dont nous venons de relever les traces chez nous pendant tout le cours du xv*^ siècle, ne s'était pas bornée à la France et avait pénétré durant ce temps l'Italie elle-même. Nous ne reviendrons pas sur la démonstration faite par Courajod de la part de l'élément septentrional dans le mouvement initial de la Renaissance au début du xv^ siècle \ Plus tard, malgré l'admirable et original développement de l'école italienne et de l'école florentine en particulier, on est forcé de constater encore la présence d'œuvres et d'artistes étrangers sur le sol italien, et de reconnaître aussi que, si elle est peu sensible à Florence, leur influence se marque de façon assez notable à Gênes, à Milan, à Venise, à Naples surtout, où se forma un véritable foyer d'art flamand au xv*' siècle ^.

On avait vu en Italie et accueilli avec faveur des peintres comme les Rogier Van der Weyden ou les Juste de Gand. Des banquiers italiens, comme les Portinari, avaient commandé à Ugo Van der Goes le retable de Santa Maria Nuova de Florence. Le roi Alphonse P'" avait collectionné à Naples les

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