Cf. P. Vitry, Bull. Soc. Anliq. de France, 1899, p
4. Pourtant, soit clans les ornements des dossiers et des jouées terminales, soit dans le style même des figures de Sibylles et de prophètes qui ornent les dossiers, des influences italiennes se sont déjà introduites à côté de certains caractères qui feraient penser pour ces bas-reliefs à une exécution purement septentrionale, flamande ou même allemande. Les stalles et leurs différents motifs ont été décrits très minutieusement (Cf. Le mobilier de Véglise du prieuré de La Ilaije-aux- Bons/iontines, Revue de l'art chrétien, 1900, p. 410.) [)ar M. Iloudebine, mais nous ne pensons pas avec lui que cet ensemble puisse dater du temps de Louis XII.
CONTINUIÏK DE l'iNFLUENCE FLAMANDE AVANT ET APRES 1495
de Notre-Dame de Nantilly à Snumur, c'est le cas pour celles du Puy-Notre- Dame Sur Tune de ces dernières, on voit un bas-relief représentant un saint Georges. Très affadi, très maniéré, avec un panache bizarre sur son casque, il dérive encore cependant très nettement du bas-relief de Saumur.
Mais il faut bien se souvenir que cet art des stalles, dont nous venons de relever des spécimens assez nombreux dans la région de la Loire, n'est pas à proprement parler un art local. Il dut y avoir des ateliers ambulants qui portèrent d'un bout de la France à l'autre les mêmes qualités, les mêmes modèles. Il n'en était pas moins important d'étudier et de définir cette catégorie de monuments, en raison surtout de l'influence flamande très caractérisée que nous avons constatée à leur origine et dont ils nous montrent la persistance, au moment même oii se développe un style décoratif fondé sur de nouveaux principes.
Il en est à peu près de même de toute la sculpture décorative en bois de cette époque : elle n'offre guère dans notre région de caractère particulier. On cite quelquefois comme exemple caractéristique de l'art du xv*^ siècle en Touraine ~ un autel de Suinte-Catherine de Fierhois décoré de sept panneaux, dont deux portent les armes de France et de Bretagne, et dont celui du centre représente une sainte Catherine. Ce sont de simples panneaux flamboyants comme on en rencontre des milliers en France à cette époque^. A l'église Saint-Lubin de Suèvres^ tout un ensemble de boiseries décoratives formant devant d'autel et contre-retable sont exactement de la même famille. Il en est de même de certaines boiseries de la collégiale de Bueil, des vantaux de la chapelle Saint-Biaise à Amboise, ou de ceux de l'ancienne église Saint- Clément de Tours. Tout cela est de style courant à la fin du xv*^ siècle et en contact direct avec l'art flamand.
Ce contact est au moins aussi sensible dans les panneaux à figures : ainsi dans un grand devant d'autel de la cathédrale d'Angers'' représentant sur
1. Nous ne pouvons reconnaître dans ces dernières, avec M. l'abbé Bosscbœuf {Montreuil-BelLi!/ et Le Puy-Xotre-Danie, p. 84-85), une œuvre du xv' ni même du commencement du xvi"^ siècle. L'église avait été complètement ruinée pendant les guerres de religion; elle fut remeublée après 1570 et les stalles ne peuvent dater que de cette époque, ce qui explique leurs parties faibles, l'élancement exagéré de certaines figures, les complications de costumes de certaines autres et le mélange d'éléments classiques que les habitudes de l'artiste lui font introduire alors presque malgré lui dans cette œuvre « archaïsante ».