‹ Michel Colombe et la sculpture francʹaise de son tempsChapitre 13 sur 305 · Chan. Porte; La Statuaire en Normandie, p · texte numérisé non relu

Chan. Porte; La Statuaire en Normandie, p

VITALITÉ DE l'aRT FRANÇAIS A LA FIN DU XV^ SIÈCLE

Ce caractère se complique et s'accentue encore si, quittant la Normandie, nous nous dirigeons vers le nord en nous rapprochant des Flandres, si nous considérons par exemple certaines parties des églises de Dieppe et du Tréporf, Téglise Saint-Germain tV Amiens ou la façade de Saint-W'ulfran dWbheville, commencée en 1488, toute déchiquetée et surchargée d'ornements comme certains retables en bois flamands. Il en est de même k Saint-Riquier et à Rue. L'église Saint-Mfiurice de Lille est cependant exceptionnellement d'une clarté et d'une élégance qui nous rappelleraient plutôt l'art du centre de la France.

En dehors de ces régions que nous venons de citer, les édifices gothiques de la fin du xv° siècle sont un peu plus isolés. A Paris, cependant, nous aurions, après le portail de Saint-Germain-V Auxerrois- (1435-39), Saint- Séuerin, agrandi de 1489 à 1495% et dans la région de l'Oise, Saint- Antoine de Compiègne ou Saint-Pierre de Montdiclier (1475-1480), par exemple, qui sont des édifices assez importants et caractéristiques.

Dans l'Est, il faudrait noter, outre les constructions champenoises dont nous avons parlé, l'église Notre-Dame de V Epine, près de Châlons-sur-Marne, et la façade de la cathédrale de Toul, monuments très complets et très ornés.

Au sud de la Loire, les monuments sont plus rares : le gothique du xiv'' et du xv*^ siècle est extrêmement lourd dans la région du plateau central. Mais d'une part cependant, dans l'ouest, l'église Saint-Pierre de Saintes, d'autre part en Bourbonnais le chœur de la cathédrale de Moulins et la majeure partie de l'église de Souvigny appartiennent à ce même style large et clair que nous avons rencontré pendant la deuxième moitié du xv^ siècle dans notre région de la Loire ; c'est celui que nous retrouvons aussi à Alhi et à Rodez, au moins dans certaines parties de la cathédrale, ainsi qu'au cloître de Cahors. La cathédrale à' Alhi possède de plus un merveilleux jubé, ou plutôt toute une clôture de chœur couverte d'ornements d'une richesse incroyable ; cet ensemble date de l'extrême fin du xv'' siècle^. A Rodez, le jubé, qui datait delà même époque, a été démoli, mais l'on en voit encore des fragments importants dans le transept droit; de sorte que nous avons là, à l'état isolé, il est vrai, et moins entourés que dans d'autres régions, quelques-uns des plus beaux spécimens des élégances robustes et des richesses décoratives de notre époque.

1. Cf. La Picardie historique et monumentale, t. I, p. 109-148. Notice par M. G. Durand.

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