Cf. chap. III, p. 60, et chap. VIII, fig
2. Cf. Fossey, Notice sur Saint-Taurin d^Évreux, Norjnandie pittor. et monument. — Eure, I, p. 17-21.
3. Ils représentent saint Georges, la Prédication de saint Jean-Baptiste, saint Jérôme dans le désert et une Pieta.
resqnes, formés de rochers et de petits arbres sommairement indiqués, soit même dans rexécution des draperies, des souvenirs évidents de Tart flamand ^
A Ailly-sur-Noye ^ à côté du tombeau de Jean de Luxembourg, œuvre purement flamande ^ dont nous parlions tout à l'heure, se voit un retable en pierre à trois compartiments, dont l'exécution est peut-être française et locale, mais l'inspiration à coup sûr flamande^.
N'en est-il pas de même dans les séries de sculptures du chœur de la cathédrale d'Amiens, si curieuses par leur date et par la façon dont elles prolongent très avant dans le xvi*' siècle, le vieil esprit gothique. Les stalles d'abord, exécutées de 1508 à 1522 par Jean Trupin^ Arnoul Boulin et Antoine Avernier'', outre les motifs et les dispositions habituelles étudiées tout à l'heure, présentent, surtout du côté des chaires principales situées à l'entrée du chœur, des séries de bas-reliefs très fouillés qui semblent bien français par le style assez simple et l'allure modérée des personnages, mais qui sont conçus suivant une donnée flamande. Dans les sculptures du tour du chœur, on peut remarquer au moins trois mains, peut-être trois ateliers successifs, mais où l'influence que nous cherchons s'accuse de plus en plus. Les plus anciennes apparemment, celles du côté sud, représentant la vie de saint Firmin, ont encore dans les types une certaine bonhomie, dans les draperies une certaine simplicité qui n'est que française. Leur disposition pittoresque cependant, leurs fonds de paysage sont bien dans les habitudes flamandes. Ces caractères s'accentuent dans les hauts reliefs du transept représentant la vie de saint Jacques le Majeur. Enfin, les derniers groupes, ceux du bas-côté nord, représentant la vie de saint Jean et datés de 1531, nous présentent entièrement, sans un soupçon d'italianisme, les draperies cassées et les costumes somptueux et compliqués chers aux artistes flamands. Toute la sculplure amiénoise est conçue dans le même esprit^.
1. Ces petits bas-reliefs (aujourd'hui Musée du Louvre) avaient été découverts récemment dans un bâtiment accessoire de l'ancien château, sur une cheminée. M. l'abbé Blanquart, qui les mentionne dans son article sur la chapelle de Gaillon [Bull, de la Soc. des amis des arts de VEure, 1898, p. 38), suppose que ce sont des moulages de sculptures sur bois, de certains panneaux de boiserie ayant appartenu peut-être à la chapelle, peut-être à la tribune épiscopale.