Cf. plus haut, p
3. Il figure : au centre, un Crucifiement; à droite, un saint Martin à cheval, avec le pauvre; à gauche, un donateur, qui doit être le bâtard de Saint-Pol lui-même, présenté par son patron, saint Jean.
4. Cf. Molinier, Arts industriels, t. II. Les Meubles, p. 21. — Palustre, Ben. en France, I, 31. — Jourdain et Duval, Les stalles et la clôture du chœur d'Amiens, 1867.
5. On pourrait citer encore à titre d'exemples plusieurs monuments funéraires de la cathédrale qui datent certainement de cette époque, celui entre autres du chanoine Pierre Burij (1504), un sépulcre de l'église Saint-Germain, et une Pitié du reste assez vulgaire de l'église Saint-Remi. Beaucoup d'autres œuvres d'églises de village dans la même région sont aussi de pures imitations de bois flamands.
CONTINUITÉ DE l'iNFLUENCE FLAMANDE AVANT ET APRÈS 1495
Dans une région moins directement soumise à l'influence de la Flandre que celle d'Amiens, mais où cependant nous avons vu pénétrer quelques spécimens importants de l'art de ce pays, dans la haute vallée de la Loire, autour d'Ambierle, et à Ambierle même, nous constatons dans certains détails des sculptures décoratives ou des vitraux des traces manifestes d'esprit flamand, de même dans les ^^ierges d'ailleurs médiocres du Musée de Roanne ^ et de l'église de la Bénissons-Dieu ; un petit calvaire en bois sculpté de cette dernière église nous montre aussi comment les huchiers de notre pays savaient copier le caractère des plis cassés et des attitudes dramatiques chères à leurs confrères de Flandre.
Toutes ces œuvres que nous venons de citer et dont on pourrait facilement augmenter le nombre sont purement gothiques d'esprit et de décor. Les mêmes influences vont continuer à se faire sentir dans celles où seront acceptés quelques-uns des éléments décoratifs italiens ^. Tels sont par exemple, au Musée de Dijon^^ les deux bas-reliefs provenant de l'ancienne église de l'hôpital du Saint-Esprit, datés de 1520, et qui représentent le Baptême du Christ et la Prédication de saint Jean. Les personnages s'y détachent presque en ronde bosse sur un fond très fouillé, par un procédé qui fait songer à celui de la sculpture sur bois; le caractère très rude des types, l'exécution minutieuse des draperies à plis anguleux nous éloignent de l'école bourguignonne et nous montrent que nous sommes en présence d'un art de même origine mais plus flamand encore. Les retables de l'église Notre-Dame de Beaune^ représentant, l'un des scènes de la vie de saint Pierre, l'autre des scènes de la Passion, relèvent encore évidemment, par leur disposition pitttoresque, de la même influence, bien que le style en soit plus avancé, plus italianisé dans le décor et dans le caractère des draperies.
Au Musée de Cluny^ un retable en pierre, malheureusement très mutilé, représentant la Résurrection et diverses apparitions du Christ après sa mort, nous offre, malgré quelques détails d'ornements italiens, une imilation encore plus flagrante des œuvres des huchiers flamands, avec leur ordonnance générale et leurs divisions en compartiments ^ , avec leur soin minutieux dans l'exécution, leur goût pour la richesse et la complication des costumes^.