‹ Michel Colombe et la sculpture francʹaise de son tempsChapitre 184 sur 305 · Ouv. cit., voir la Bibliographie · texte numérisé non relu

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il y a même rencontré, dit-il, le nom de Regnanlt, qui sera celui du neveu par alliance de Michel Colombe ' .

Quant au texte de Jean Bresche, opposé en apparence, il faut bien réfléchir au sens des mots homo uoslras^ qui ne veulent peut-être pas dire autre chose que « un homme de chez nous », par naissance ou par élalîlissement? Le bon jurisconsulte qui écrivait ces réflexions, insjiirées par l'esprit de clocher, n'en savait peut-être plus rien lui-même, et Michel Colombe avait résidé si longtemps à Tours qu'il pouvait bien passer pour une gloire locale-.

Nous accepterions donc volontiers, comme l'a fait Palustre, l'opinion de l'origine bretonne de Michel Colombe, mais en raison surtout de la présence du texte cité plus haut dans le recueil de Gaignières, qui fait autorité, et que Palustre néglige cependant de citer ^. Ce texte n'est pas sans doute absolument contemporain du monument auquel il s'applique ; il a dû être rédigé par les Carmes dans le cours du xvi'' ou du xvii*^ siècle : l'on n'aurait pas, cependant, semble-t-il, inscrit sans raison, à côté du nom du sculpteur, cette mention inattendue de l'évêché de Saint-Pol-dc-Léon.

Quant aux prétendues traditions locales qui feraient naître l'artiste à Plougoulm, aux noms analogues relevés sur les registres des paroisses bretonnes, quant aux histoires légendaires des petits clochers modelés par le jeune Colombe sur le modèle du Creisker, de son père qui aurait sculpté des calvaires, de la corporation des Lamballais^ tailleurs d'images ou gâcheurs de plâtre dans laquelle il aurait été engagé, nous en ferions aussi bon marché que de la prétendue persistance dans les œuvres de l'artiste du type de la race bretonne dont le caractère et la beauté se retrouveraient en particulier dans les figures de A ertus du tombeau de Nantes. Nous verrons en étudiant ce monument combien est peu fondée cette dernière affirmation ; ce sont là de pures imaginations qu'il faut laisser aux romanciers mais qui dérivent directement de la mise en œuvre beaucoup trop dramatisée d'ordinaire des quelques renseignements que nous possédons sur Colombe.

Jusqu'à présent nous ne savons absolument rien sur la première partie de la carrière de Colombe. Resta-t-il en Bretagne, y travailla-t-il? Nous ne saurions le dire. Certains ont déclaré, mais sans aucune preuve, qu'il avait

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