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2. Kmcric David, Vie des artistes anciens et modernes, p. 147, et M. Lami, dans son Dictionnaire des sculpteurs de l'école française, ont un peu forcé le sens en traduisant : " Entre les statuaires et les modeleurs f/ue la ville de Tours a vu naître, Michel Colombe »
3. Benjamin Fillon n'ajoutait aucune foi aux racontars des historiens de Nantes et traitait toute cette histoire de roman. (Doc., p. 21.) Mais il ignorait le texte de Gaignières, qui mérite, croyons-nous, plus de considéra lion.
LA VIE ET LA CAKRIÈHE DE MICHEL COLOMBE
élé maître de l'œuvre et sculpteur de la cathédrale de Tréc/uierK On lui a attribué aussi le Calvaire du Folgoef, élevé par le cardinal de Coetivy, entre 1449 et 1474 -. Rien ne nous en assure, et ce cpii reste de Toeuvre, taillée comme tous ces calvaires ])retons dans le rude {granit du pays, est d'une <>aucherie et d'une maladresse qui ne font guère prévoir la souplesse du ciseau de notre artiste^.
A ient ensuite la (piestion des voyages de Michel Colombe : c'est ici le roman cpii continue : après être devenu, dit-on, un des meilleurs imagiers du Léon, Colombe résolut de se mettre à l'école des maîtres incontestés du moment... Malheureusement sur ce point, les historiens font comme le romancier, et tous sans exception envoient notre artiste à Dijon se former à l'école des maîtres bourguignons. Certains l'ont même envoyé en Champagne^ sans ombre de preuve ni de prétexte cette fois. Le voyage à Dijon en a au moins un soupçon ; de plus, il a séduit toutes les imaginations par ce qu'il offre de simplifié et de concret à l'esprit, par la filiation très nette qu'il institue entre deux générations d'artistes. Voyage, pèlerinage, long séjour, visites, études, leçons reçues, initiation, éducation, tout a été dit et développé avec autant d'insistance que possible par Benjamin Fillou'', par Paul Manlz**, par M. de Grandmaison^, par Guilhermy^, par Courajod^, par Palustre '°, par M. Mûntz ", par M. Gonse, par M. Lamy, par M. l'abbé Bossebœuf, etc., etc. Il l'a raconté lui-même, ajoute-t-on, et cela ne fait aucun doute. « Il n'y a pas dans l'histoire de la sculpture en France, écrit Palustre de moment plus solennel que celui où notre jeune Breton, à peine reposé de son long voyage, vint contempler à la Chartreuse de Dijon l'admirable tombeau de Philippe le Hardi. »
Or, si nous remontons à la source, sur quoi repose toute cette littérature? Uniquement sur ceci : dans un écrit de 1511, où Michel Colombe, âgé de quatre-vingts ans environ, négocie avec Marguerite d'Autriche pour l'exé-
1. Bérard, Dictionnaire dos artistes de Vécole fram^aise du A'//" au AT//" siècle.