Ou Papillon, selon la version de Lambron de Lignim
4. Dauban, Le sculpteur Michel Colombe, Rev. numismatique, 1856.
ï>. Lenormand, Trésor de numismatique, Méd. françaises, 1"^ partie, pl. IV.
Des soixante et un exemplaires en or frappés à cette occasion il n'en subsiste plus qu'un, celui de la Bibliothèque nationale, qui est en très bel état, bien qu'il ait, dit-on, séjourné dans la Seine ^ Nous reviendrons tout à l'heure sur le caractère artistique de cette pièce, sur ce qu'elle nous révèle du tempérament et de l'originalité de Michel Colombe ainsi que sur la prétention récemment émise d'en attribuer le dessin original à Jean Perréal.
On a affirmé qu'après cette visite à Tours, Louis XII, pour récompenser le mérite de Michel Colombe, lui aurait conféré la qualité officielle de c( tailleur d'images du » roi. Ceci n'est qu'ime simple supposition qui n'est appuyée sur aucun document : c'est dans le fameux écrit de 1511 que nous trouvons pour la première et la seule fois du reste cette qualification à côté du nom de l'artiste. Elle ne figure ni dans un acte de 1507 que nous citerons tout à l'heure, ni dans les comptes de Caillou.
Il faut bien remarquer, de plus, que ces titres n'ont guère encore d'importance à l'époque où nous sommes placés : le temps des artistes brevetés, des artistes de cour n'est pas encore venu, sauf pour un Jean Perréal, à la fois peintre, poète, diplomate et valet de chambre. Pour notre Colombe, il demeure, après comme avant la visite de Louis XII, un simple maître tailleur d'images, estimé, surchargé décommandes certainement, mais qui reste à son rang d'ouvrier et qui n'a sans doute même pas la haute main sur les grandes entreprises auxquelles il collabore.
Le voyage du roi et de la reine Anne de Bretagne à Tours, en l'an 1500, eut peut-être cependant une conséquence importante. Nous avons déjà cité un texte ^ d'après lequel la reine Anne aurait, dès 1499, fait rechercher des marbres à (iênes pour édifier un tombeau à son père, François II de Bretagne, mort en 1488 Il y avait de grandes chances, étant donnés les goûts du jour,
1. Il s'en trouvait un autre en bronze clans la coUeclion de Benjamin Fillon. (Calai. Venle, 1882, pl. 144.) Peut-être n'était-ce qu'un moulage. De même celui qui appartenait à M. Gérard, et (jui a figuré à une Exposition rétrospective de Tours, bien ([uc les catalogues ne nous en avertissent pas. Le Cabinet des Médailles possède encore une belle médaille de Louis XII en or signalée ])ar M. de la Tour [Diill. Soc. Anliq., 1898, p. 108j et rapprochée par lui de la médaille de Charles VIII et d'Anne de Bretagne (1494), mais celle-ci est d'un style et d'une composition très différente (Très, nuin., Méd. fr., 1" partie, pl. III, n" *j).
En outre, deux médailles [ibid., pl. V, 2 et VI, 3) offrent avec les traits de Louis XII tous les détails, inscriptions, tours, etc., qui caractérisent la pièce de Michel Colombe. Mais leur style nous avertit que ce sont des restitutions très postérieures et très médiocres.